22 mai 2025 - Himalaya et Inde, Inde
femmes wancho à la fête Oriah

Ce que l'on appelle communément les « Seven Sisters » sont les sept États du nord-est de l'Inde : Arunachal, Nagaland, Assam, Meghalaya, Manipur, Tripura et Mizoram. Ils sont coincés entre le Bhoutan, le Tibet, la Birmanie et le Bangladesh. Ce sont des régions ethniques, habitées par des peuples très variés, en grande majorité de langues tibéto-birmanes. Une Inde aux yeux bridés, terre de chamans et de fêtes ethniques, dans le piémont de l'Himalaya oriental où des randonnées modérées, mais aussi des treks engagés sont possibles, surtout en Arunachal Pradesh, cette mosaïque de peuples et de fêtes que nos voyages d'aventure et treks en Inde font découvrir. Des combinaisons sont possibles avec le Bhoutan et le Bangladesh voisins, mais pas avec le Tibet, et plus avec la Birmanie. Outre nos programmes habituels, ce sont des territoires particulièrement propices aux voyages sur mesure.

 

Arunachal Pradesh

L'Arunachal Pradesh, littéralement « pays des montagnes de l'aube », est situé entre le Bhoutan, à l'ouest, et la Birmanie, à l'est. Au nord, c'est le Tibet. Dans la partie occidentale, du côté de Tawang et Bomdila, ce sont des régions bouddhistes tibétaines, à des altitudes plus élevées. Ailleurs, ce sont des populations de langues tibéto-birmanes qui peuplent ces contrées. Il a une frontière de 160 kilomètres avec le Bhoutan à l'ouest, de 1 080 kilomètres au nord avec le Tibet, et de 440 kilomètres à l'est avec la Birmanie. Il s'étend des pics enneigés de l'Himalaya au nord, jusqu'à la vallée du Brahmapoutre au sud. Avec 83 743 km², c'est le plus vaste État du nord-est de l'Inde, soit environ deux fois la Suisse, mais qui abrite seulement 1,4 million d'habitants.

L'Arunachal est traversé par le fleuve Brahmapoutre, appelé Siang localement, et ses affluents, qui descendent des sommets himalayens. Du fait de cette géographie, la difficulté principale pour découvrir l'Arunachal Pradesh a toujours été les temps de route. Les trajets routiers sont en effet parfois longs, avec des routes parfois en bien mauvais état, surtout après la mousson. C'est cependant bien mieux en mars-avril. On ne peut donc pas faire un voyage à travers tout l'Arunachal en seulement 15 jours, ou alors c'est au pas de course : en 15 jours, il faut se limiter à une zone.

C'est l'État le moins peuplé de toute l'Inde, dans une région qui n'est rattachée à l'Inde que depuis bien peu de temps, et qui a très longtemps été à l'écart des grandes civilisations, car constituée de montagnes couvertes de jungles et difficiles d'accès, habitées par des tribus particulièrement guerrières et farouches, telles que les Abor, les Nishi ou les Mishmi. Les Abor, appelés Adi maintenant, vivent dans les montagnes bordant le Brahmapoutre et ses affluents entre le Tibet et les plaines de l'Assam. Ils ont longtemps empêché les explorateurs, les missionnaires et les colons anglais de pénétrer dans ces régions reculées jusqu'en 1913.

Les peuples de l'Arunachal ont conservé des coutumes particulières, notamment les femmes apatani qui décorent leurs narines de cercles en rotin, ou les hommes nishi et hill miri (miri des collines) qui portent encore parfois sur la tête une espèce de casque en rotin orné d'un bec de calao géant.

Il faut un « inner line permit » pour pouvoir accéder à l'Arunachal, qui n'est délivré qu'à partir de deux participants. On peut quand même y aller seul, mais il faut payer le permis pour deux personnes, ainsi que les prestations associées.

Nous avons ainsi au fil du temps modifié notre voyage de traversée de tout l'Arunachal d'ouest en est, qui aujourd'hui a une durée de 30 jours. Nous avons rajouté quelques jours de-ci, de-là, et nous évitons désormais le trajet entre Ziro et Along via Daporijo, car c'est actuellement le plus mauvais tronçon. Et nous avons rajouté quelques beaux villages en pays adi, ainsi que la région de Khonsa, frontalière de la Birmanie, autrefois fermée. Ce voyage de grande traversée de l'Arunachal Pradesh, d'ouest en est, dure ainsi 30 jours, réalisable sur des versions plus courtes : 19 jours sans la partie occidentale, ou 16 jours uniquement sur la partie occidentale. De nombreuses combinaisons sur mesure sont bien sûr aussi réalisables.

 

Couple Apatani dans la région de Ziro, en Arunachal central - André Villon

Couple apatani dans la région de Ziro, en Arunachal central ©André Villon

 

Nagaland

Le Nagaland ne représente que 16 527 km², mais avec 2 millions d'habitants, à 84 % naga. Il y a dix-huit clans naga différents, dont les Konyak au nord, les Angami, Chakhesang et Zeliang au sud, mais aussi les Khamniungan, Sema, Chang, Yimchunger, Phom, Ao, Lotha, etc.

Le Nagaland est plus petit, mais plus peuplé que l'Arunachal, car c'est davantage une région de hautes collines que de contreforts himalayens. Mais les différents clans naga ont un passé tout aussi guerrier que Mishmi et Abor. Les Anglais ont rencontré les Naga pour la première fois en 1832, mais il leur fallut attendre 1879 pour les maîtriser, plutôt difficilement. La tradition de « chasse aux têtes » s'est perpétuée dans ces régions très longtemps, car les Naga pensaient ne pouvoir résister aux épidémies et aux caprices d'une nature hostile qu'en renforçant leur énergie vitale. Ils le faisaient en coupant les têtes de leurs ennemis, car, pour eux, l'âme est un fertilisant qui réside dans la tête. Les crânes des ennemis de chaque clan trônaient à l'entrée des maisons ou des villages.

Les Konyak sont souvent considérés comme les plus farouches des Naga. Ils obéissent au système des angh, qui sont les chefs héréditaires, ce qui leur a permis de conserver plus de traditions et coutumes. Certains hommes konyak âgés ont le visage tatoué.

Nous allons au nord du Nagaland dans le cadre d'un programme de rencontre des peuples tibéto-birmans d'Arunachal et Nagaland, en aller-retour depuis l'Assam. Nous allons aussi au Nagaland à l'occasion de deux départs « spécial fêtes », l'un avec le Hornbill Festival qui a lieu dans la région de Kohima début décembre, et l'autre au moment de la fête Aoeling des Naga Konyak début avril.

 

Hommes naga jouant du grand tambour - Henry-Pol Mazoyer

Hommes naga jouant du grand tambour constitué d'un arbre évidé ©Henry-Pol Mazoyer

 

Assam

Avec environ 32 millions d'habitants pour 78 438 km², l'Assam est le plus peuplé des États du nord-est de l'Inde. Coincé entre le Bhoutan au nord et le Meghalaya au sud, il occupe en grande partie le bassin du fleuve Brahmapoutre, à partir du moment où celui-ci quitte les montagnes pour s'étaler dans les grandes plaines, et jusqu'à son entrée au Bangladesh, après avoir contourné les collines du Meghalaya. Le royaume Ahom, ancêtre de l'Assam, fut fondé au XIIIe siècle par des tribus shan venant de Birmanie, de langue de type thaïe, qui prirent possession de l'ensemble du territoire de l'Assam et forgèrent ce royaume totalement indépendant jusqu'au début du XIXe siècle.

Les sites les plus intéressants sont l'île de Majuli et le parc national de Kaziranga et ses rhinocéros unicornes. Majuli est une grande île fluviale de 577 km² qui abrite une population surtout composée par les ethnies mishing, kachari et deori, ainsi bien sûr que les Assamais. Une étonnante culture vaishnavite, dédiée à Vishnou, subsiste avec encore vingt et un satra (monastères) actifs, où les moines apprennent la danse, la musique et les arts. Le parc national de Kaziranga est le dernier grand habitat en Inde des rhinocéros unicornes (environ 1 500), et a été classé à ce titre sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Nous passons toujours par l'Assam pour aller découvrir l'Arunachal, le Meghalaya et le Nagaland, en atterrissant le plus souvent à Guwahati, mais aussi à Dibrugarh ou Jorhat plus à l'est. La traversée frontalière est possible vers le Bhoutan oriental, traversée que nous avons effectuée de nombreuses fois, mais cet accès est parfois fermé.

 

Rhiconéros unicorne dans le parc national de Kaziranga, en Assam - Olga Martinez

Rhinocéros unicorne dans le parc national de Kaziranga, en Assam ©Olga Martinez

 

Meghalaya

Le Meghalaya, littéralement « la demeure des nuages », est un État créé en 1972 à partir de deux districts de collines situés au sud du Brahmapoutre, qui faisait autrefois partie de l'Assam. Avec 22 489 km², le Meghalaya revêt la forme d'une bande montagneuse d'environ 300 kilomètres de long, entre la vallée du Brahmapoutre, au nord, et le Bangladesh au sud. La population s'élève à environ 2,3 millions d'habitants. Sa capitale est Shillong. Le climat du Meghalaya est modéré mais humide, la moyenne annuelle des précipitations atteignant 12 000 millimètres dans certaines zones, ce qui en fait l'État le plus arrosé de toute l'Inde. La ville de Cherrapunji, au sud de la capitale, détient le record mondial des précipitations sur un mois, tandis que le village de Mawsynram, tout proche, détient celui du record des précipitations sur une année. La population est à 84 % tribale, les Khasi et les Garo étant les plus nombreux.

Nous allons au Meghalaya lors de la fête annuelle Wangala du peuple garo et ses cent tambours, ainsi qu'à la fête Nongkrem des Khasi. Il y a également les étonnants ponts-racines de la région de Cherrapunji, édifiés à partir des racines d'un arbre, entrelacées pour former des ponts suspendus.

 

Fête Wangala du peuple Garo dans le Meghalaya occidental - Marie-Thé et Étienne Roux

Fête Wangala du peuple garo dans le Meghalaya occidental ©Marie-Thé et Étienne Roux

 

Manipur

Avec près de 3 millions d'habitants et une superficie de 22 356 km², le Manipur se présente comme une plaine située à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, entourée de collines. Les Meitei sont de loin les plus nombreux. Ils vivent essentiellement dans les vallées et suivent l'hindouisme vaishnavite. Il y a aussi des Naga, dont les Tangkhul, et des Kuki. Le Manipur a connu pendant des décennies des tensions impliquant des groupes ethniques, notamment Naga et Kuki, et des revendications séparatistes, faisant au moins cinquante mille morts depuis le premier mouvement d'insurrection au début des années 1950. C'est en conséquence un État très militarisé. On peut cependant facilement arriver par la route au Manipur depuis Kohima, au sud du Nagaland, mais aussi depuis Jessami, plus à l'est, ou directement en avion à Imphal, la capitale.

Au Manipur, nous nous sommes contentés, pour le moment, de découvrir la région d'Imphal, la capitale, et celle du lac Loktak, ainsi que la région d'Ukhrul, au nord-est, habitée par les Naga Tangkhul, en combinaison avec le sud du Nagaland. En 2006 et 2015, nous avons cependant réussi à traverser la frontière entre Inde et Birmanie en passant par le Manipur, pour rejoindre la région de Kalemyo, en Birmanie, et les rives de la rivière Chindwin.

 

Mariage chez le peuple Meitei au Manipur - Jérôme Kotry

Mariage chez le peuple meitei au Manipur ©Jérôme Kotry

 

Tripura

L'actuel Tripura correspond à l'État princier resté autonome du royaume Tripuri sous protectorat de l'Empire britannique des Indes. L'État a été agité par une insurrection séparatiste, de 1989 à 2024, mais il était quand même facile d'accès depuis le sud-est de l'Assam. En septembre 2024, un traité de paix a été signé entre le gouvernement indien et les deux derniers groupes armés combattants. Il est aussi possible d'arriver en avion à Agartala, capitale de l'État. Deux postes-frontières sont également ouverts avec le Bangladesh voisin. Avec le retour de la paix, nous pourrons découvrir plus en profondeur cet État, éventuellement en combinaison avec les régions du nord du Bangladesh ou les Chittagong Hills. Le Tripura ne fait que 10 492 km², avec une population de près de 3,8 millions d'habitants, en grande majorité hindouiste. Le territoire abrite notamment des palais, temples hindouistes et les sculptures rocheuses d'Unakoti.

 

Rochers sculptés hindouistes d’Unakoti au Tripura

Rochers sculptés hindouistes d’Unakoti au Tripura

 

Mizoram

Créé en 1987, l'État de Mizoram fait 21 087 km² et abrite environ 1,1 million d'habitants. Son nom signifie « terre des Mizo », les Mizo étant un groupe ethnique appelé Chin en Birmanie occidentale, et Kuki dans les autres États du nord-est de l'Inde. Le Mizoram a une longue frontière avec la Birmanie, à l'est, et avec le Bangladesh, au sud, où se trouvent les Chittagong Hills, très ethniques. Parmi tous les États de l'Inde, le Mizoram affiche la concentration la plus élevée de populations tribales. C'est aussi l'un des trois États de l'Inde à majorité chrétienne, avec 87 %, majoritairement presbytérienne au nord et baptiste au sud. Cette population était auparavant principalement animiste et vivait d'agriculture sur brûlis (appelée jhum), ainsi que de cueillette, de pêche et de chasse. Le Mizoram est le plus isolé des États du nord-est, et aussi le moins visité. On peut cependant arriver en avion directement à Aizawl, la capitale, ou par la route depuis le sud-est de l'Assam et depuis le Tripura.

 

Danse des bambous chez le peuple mizo au Mizoram - Jérôme Kotry

Danse des bambous chez le peuple mizo au Mizoram ©Jérôme Kotry

 

Voyages dans les Seven Sisters

La meilleure période de voyage pour tous ces États du nord-est de l'Inde est entre octobre et avril. Il pleut beaucoup entre mai et septembre, et octobre peut encore s'avérer assez pluvieux dans certaines régions, notamment dans le piémont himalayen et au Meghalaya. De nombreuses combinaisons de voyage sont possibles, dans un seul ou plusieurs de ces États.

Nous proposons plusieurs formats de voyage : une grande traversée de l'Arunachal Pradesh, d'ouest en est, réalisable en version plus courte sans la partie occidentale ; une rencontre des peuples tibéto-birmans d'Arunachal et Nagaland, concentrée sur la partie centrale de l'Arunachal et le nord du Nagaland ; un trekking en Arunachal Pradesh, avec quinze jours de marche en pays adi puis sur le pèlerinage bouddhiste tibétain de Dewakota, tout près de la frontière tibétaine ; ainsi que des voyages à dates de départ annuelles uniques centrés autour de fêtes, notamment en novembre et mars en Arunachal et Nagaland. D'autres régions d'Arunachal Pradesh sont très propices à l'organisation de treks, notamment dans la partie occidentale, à la frontière avec le Bhoutan et le Tibet, du côté de Tawang, Nagagigi, Zemithang et Dirang.

Maisons traditionnelles dans un village du peuple adi au nord d’Along, en Arunachal central - Jérôme Kotry

Maisons traditionnelles dans un village du peuple adi au nord d’Along, en Arunachal central ©Jérôme Kotry

 

Le voyage spécial fêtes de novembre

Chaque année, nous faisons partir en novembre un voyage à travers l'Arunachal Pradesh, l'Assam et le Nagaland, combinant la participation à trois ou quatre fêtes : le Hornbill Festival, la fête Chalo Loku du peuple nocte, la fête annuelle hindouiste sur l'île fluviale de Majuli, et parfois la fête Wangala du peuple garo au Meghalaya. Notre ami Sanu, très bon guide francophone, accompagne ce voyage chaque année depuis 2018, sauf lors de la crise du Covid. Deux fêtes sont désormais à dates fixes : le Hornbill, sur plusieurs jours début décembre, et la fête Chalo Loku le 25 novembre. Mais le programme et l'ordre des visites changent chaque année, en fonction de la date de la fête hindouiste à Majuli.

Hornbill Festival

C'est la plus connue de ces fêtes, car c'est un grand rassemblement de tous les clans du peuple naga, qui vivent au Nagaland, mais aussi au Manipur et ailleurs. Ce n'est pas une fête traditionnelle, mais quelque chose d'organisé par les autorités locales du Nagaland. C'est la seule occasion de pouvoir rencontrer les dix-huit clans naga avec leurs tenues de fête, pratiquant leurs danses et chants traditionnels. Chaque clan a sa maison, construite dans le style traditionnel propre à chacun d'eux. Un élément reste le même : ces longs tambours creusés dans le tronc d'un gros arbre et sur lesquels dix à vingt Naga tapent des petits pilons en bois, donnant au global un son impressionnant, un système qui était leur ancien mode de communication longue distance. Cette fête s'apparente un peu aux grands rassemblements de Hagen et Goroka en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où les groupes de villageois viennent rivaliser dans leurs parures.

Fête Chalo Loku du peuple nocte

Le Chalo Loku est une fête traditionnelle du peuple nocte. Elle est encore peu connue, car elle se déroule dans une région frontalière de la Birmanie où il y a eu longtemps encore des activités de rebelles contre le gouvernement indien. C'était l'un des seuls moments de l'année où l'on pouvait découvrir ce district de Khonsa, en Arunachal oriental, juste au nord du Nagaland, habité par les peuples nocte et wancho. Mais cette région s'est largement ouverte courant 2023, ce qui permet désormais des découvertes plus approfondies en toute sécurité.

Fête Ras Leela sur l'île de Majuli

Majuli est une île fluviale sur le Brahmapoutre, en Assam, célèbre pour ses moines danseurs. Ras Leela est une fête hindouiste d'obédience vaishnavite, c'est-à-dire dédiée à Vishnou, mais à la mode assamaise. Le peuplement de l'Assam est un mélange entre populations bengalies et populations venues de Birmanie il y a plus de sept cents ans, essentiellement des Shan, cousins ethniques des Thaïs, à l'origine du royaume Ahom qui a régné pendant près de cinq cents ans.

Fête Wangala du peuple garo

Les Garo sont un peuple qui habite dans la partie occidentale de l'État de Meghalaya. On y accède depuis Guwahati, en Assam. La fête Wangala, également connue sous le nom de Festival des cent tambours, célèbre la fin des récoltes.

 

Danse du clan sema du peuple naga au Hornbill festival, au sud du Nagaland - Jérôme Kotry

Danse du clan sema du peuple naga au Hornbill festival, au sud du Nagaland ©Jérôme Kotry

 

Les autres fêtes et célébrations importantes

C'est au moment de fêtes et célébrations qu'il est plus intéressant de découvrir les États du nord-est de l'Inde. Elles ont lieu surtout entre octobre et mai.

Fête Myoko des Apatani : sur plusieurs jours, à partir du 21 mars. C'est l'une des deux grandes fêtes annuelles des Apatani. Les femmes plus âgées ont toujours leurs narines ornées de cercles de rotin.

Fête Aoeling des Naga Konyak : durant la première semaine d'avril, dans différents villages du nord du Nagaland.

Fête Nyokum des Nishi : le 26 février. Grande fête annuelle du peuple nishi, principalement dans la région d'Itanagar, mais aussi dans les autres régions habitées par des Nishi, en Arunachal central. Les hommes portent pour l'occasion leurs casques de rotin traditionnels avec les becs de calao.

Fête Oriah des Wancho : le 16 février. Grande fête annuelle du peuple wancho, célébrée dans la région de Khonsa, en Arunachal oriental, près de la frontière birmane et au nord du Nagaland.

Fête Sangken des Khamti : le 14 avril, correspondant au Nouvel An bouddhiste theravada, comme en Birmanie, au Laos, en Thaïlande ou au Sri Lanka. Les Khamti sont un peuple bouddhiste de l'Arunachal oriental.

Fête Reh des Idu Mishmi : les 1er et 2 février, en Arunachal oriental.

Fête Yaosang des Meitei : au Manipur, fin février ou début mars, selon le calendrier lunaire.

Fête Chapchar Kut : débute le premier vendredi de mars au Mizoram et se déroule sur plusieurs jours, célébrée par le peuple mizo.

Fête Durga Puja au Tripura : fin septembre ou en octobre selon le calendrier lunaire, comme au Bengale voisin.

Fête Torgya au monastère de Tawang : Tawang est le grand monastère bouddhiste tibétain où le dalaï-lama trouva refuge en premier après avoir quitté le Tibet en mars 1959. Torgya est la grande fête annuelle du monastère, en Arunachal occidental, qui se déroule sur trois jours à la fin du onzième mois lunaire, le plus souvent en janvier.

 

Population monpa venue assister à une fête monastique à Tawang, en Arunachal occidental - Olga Martinez

Population monpa venue assister à une fête monastique à Tawang, en Arunachal occidental ©Olga Martinez

 

Pèlerinage bouddhiste tibétain de Dewakota

Pemako, situé aux confins de l'est de l'Himalaya, en Arunachal Pradesh, est un beyul, l'une de ces vallées terrestres cachées que Padmasambhava, le maître bouddhiste indien du VIIIe siècle, également connu sous le nom de Guru Rinpoché, a bénies comme refuges selon les croyances de l'école Nyingmapa du bouddhisme tibétain.

Le Pemako est sanctifié en tant que divinité féminine de Dorje Phagmo, et sa géographie sacrée est cartographiée comme le corps de cette déesse endormie. Chaque année, les pèlerins traversent la région pour une khora, circumambulation, autour d'un lieu sacré appelé Dewakota, fondé par Padmasambhava.

Cette région, à la frontière entre l'Inde et la Chine, n'a été ouverte aux étrangers que récemment. Le trek commence dans la bourgade de Tuting, dernière frontière, là où se terminent toutes les routes carrossables. La région abrite diverses tribus, Mishmi, Adi, Memba et Khampa, toutes cohabitant en paix avec la nature. Le trek mène à travers des jungles riches en flore, avec des plantes médicinales et des rhododendrons. La faune comprend le cerf porte-musc, le tagin, les gorals, les tigres et le léopard des neiges.

Un départ spécial est prévu en septembre 2026, période de l'année où les pèlerins bouddhistes tibétains sont les plus nombreux.