04 janvier 2018 - Afrique, Kenya, Ouganda, Tanzanie, Peuples et fêtes, Faune

Nous partons dans la douceur des paysages kényans, tanzaniens et ougandais, à la rencontre d’une Afrique de l’Est où les grands espaces, les peuples pasteurs, les montagnes et la faune sauvage composent l’un des imaginaires les plus puissants du voyage.

Dans les savanes du Serengeti et du Masaï Mara, sur les pentes du mont Kenya, dans les hautes terres d’Ouganda ou sur les pistes du nord kényan, chaque itinéraire ouvre une lecture différente de cette région. Nos voyages en Afrique permettent d’aborder ces territoires par le safari, le trek, la marche, la rencontre et l’observation attentive des milieux naturels.

Guidés par Eric Le Boulch, nous avons fait nôtre cette terre nourricière de nos rêves d’enfants. Bercés par les images de Kajuli Joan, qui accompagne nos explorations, appareil photo en main, nous partons loin de chez nous, là où nous aimons être : dehors, au contact des paysages, des animaux et des hommes.

Émerveillez-vous sur les images de ce petit film de 4 minutes.

 

L’Afrique de l’Est, terre de grands paysages

L’Afrique de l’Est réunit quelques-uns des paysages les plus emblématiques du continent. Les plaines du Serengeti, les hautes terres du Kenya, les volcans, les lacs de la vallée du Rift, les savanes arborées, les zones semi-arides et les montagnes composent une mosaïque d’une grande richesse.

Au Kenya et en Tanzanie, le regard se porte d’abord vers les horizons ouverts : savanes blondes, acacias isolés, collines douces, troupeaux de zèbres, de gnous, de gazelles, de buffles ou d’éléphants. Mais l’Afrique de l’Est ne se limite pas au safari. C’est aussi une région de reliefs, de vallées habitées, de hauts plateaux et de peuples pasteurs qui ont façonné les paysages par leurs déplacements, leurs troupeaux et leurs traditions.

En Ouganda, le décor change encore. Les forêts d’altitude, les lacs, les zones humides, les montagnes du Rwenzori et les parcs nationaux offrent une Afrique plus verte, plus dense, où la grande faune se découvre autrement. L’Uganda Wildlife Authority rappelle que les aires protégées du pays abritent notamment les gorilles de montagne de Bwindi, les chutes de Murchison, les lions grimpeurs d’Ishasha et les sommets enneigés du Rwenzori.

 

Safaris et grande migration

La Tanzanie et le Kenya abritent l’un des grands phénomènes naturels de la planète : la migration annuelle des herbivores entre le Serengeti et les écosystèmes voisins. Gnous, zèbres et gazelles se déplacent en fonction des pluies, des pâturages et de l’eau disponible, suivis par les grands prédateurs.

Ce spectacle n’est pas un décor figé. Il dépend des saisons, des mouvements des troupeaux, de la lumière et de la patience de l’observation. C’est ce qui rend le safari si vivant : il ne s’agit pas de cocher une liste d’animaux, mais de comprendre une dynamique, un territoire, une attente.

Dans le Masaï Mara, dans le Serengeti ou dans les parcs moins fréquentés, la qualité du voyage tient souvent au rythme. Prendre le temps d’observer une troupe d’éléphants, suivre les déplacements d’un lion au petit matin, attendre que les girafes se détachent sur la ligne d’horizon, écouter les oiseaux et les sons de la savane : c’est dans cette lenteur que l’Afrique de l’Est révèle sa profondeur.

 

Le mont Kenya et les treks d’altitude

Au Kenya, le mont Kenya domine les hautes terres centrales. Ancien volcan, il forme le deuxième sommet d’Afrique après le Kilimandjaro. Ses pointes principales, Batian et Nelion, relèvent de l’alpinisme, tandis que Point Lenana constitue l’objectif classique des trekkeurs.

L’ascension du mont Kenya permet de changer complètement d’univers. On quitte les savanes et les pistes pour entrer dans un monde d’altitude : forêts, bambous, landes afro-alpines, lobélies géantes, brumes, lacs glaciaires et crêtes volcaniques. Le contraste avec les plaines est saisissant.

Cette dimension trekking apporte une autre manière d’aborder l’Afrique de l’Est. Le voyage ne se vit plus seulement en véhicule, mais à pied, avec l’effort, l’acclimatation, la progression lente et la découverte des paysages par étapes.

 

Peuples pasteurs et territoires du nord Kenya

Le nord du Kenya ouvre une autre porte sur l’Afrique de l’Est. Samburu, Rendille, Turkana et autres peuples pasteurs vivent dans des territoires plus secs, parfois rudes, où l’élevage, les déplacements saisonniers, la gestion de l’eau et les liens communautaires occupent une place centrale.

Ces régions demandent une approche attentive. Elles ne se résument pas à une esthétique de carte postale : ce sont des mondes habités, travaillés par les contraintes climatiques, les évolutions sociales et les équilibres entre traditions et modernité. La rencontre y prend du sens lorsqu’elle s’inscrit dans le temps du voyage, avec respect, médiation locale et compréhension des usages.

Vers le lac Turkana, parfois surnommé la mer de Jade, les paysages deviennent plus minéraux encore. L’eau, les volcans, les terres arides et les horizons ouverts donnent à cette partie du Kenya une puissance particulière. C’est une Afrique plus discrète, plus exigeante, loin des grands circuits de safari classiques.

 

Ouganda, gorilles et forêts d’altitude

L’Ouganda offre une autre intensité. Ici, l’Afrique de l’Est se fait plus forestière. Les gorilles de montagne vivent dans deux ensembles seulement : les volcans des Virunga, partagés entre Ouganda, Rwanda et République démocratique du Congo, et la forêt de Bwindi. L’Uganda Wildlife Authority indique que l’Ouganda abrite plus de la moitié de la population mondiale de gorilles de montagne, notamment à Bwindi et Mgahinga.

Partir à leur rencontre n’est pas un safari ordinaire. C’est une marche en forêt, encadrée, réglementée, parfois physique, dans un milieu humide et dense. La rencontre, lorsqu’elle a lieu, est brève, silencieuse et profondément marquante.

L’Ouganda permet aussi d’élargir l’approche : chimpanzés, oiseaux, grands lacs, savanes, forêts, chutes de Murchison, montagnes du Rwenzori. Le pays relie plusieurs Afriques : celle des grands mammifères, celle des primates, celle des hautes terres et celle des paysages d’eau.

 

Voyager avec Eric Le Boulch

Eric Le Boulch accompagne depuis longtemps des voyages en Afrique de l’Est. Son rôle n’est pas seulement de guider un itinéraire, mais de donner du sens à ce que l’on traverse : lire les paysages, reconnaître les milieux, comprendre les logiques de déplacement des peuples pasteurs, replacer la faune dans son environnement.

Avec lui, le voyage associe plusieurs dimensions : l’observation naturaliste, la marche, la rencontre et la photographie. Cette combinaison donne à l’Afrique de l’Est une profondeur particulière. On ne vient pas seulement voir des animaux ou des montagnes, mais comprendre comment tout cela tient ensemble : relief, eau, migrations, cultures pastorales, parcs, villages, pistes et saisons.

 

Une Afrique de l’Est multiple

Kenya, Tanzanie, Ouganda : trois pays proches, mais trois manières d’entrer dans l’Afrique de l’Est. La Tanzanie évoque les grands espaces du Serengeti et les hautes terres du Ngorongoro. Le Kenya associe safaris, mont Kenya, peuples du nord et immensités du Turkana. L’Ouganda ouvre sur les forêts, les primates, les lacs et les montagnes.

Cette diversité fait la force de la région. Elle permet d’imaginer des voyages très différents : safaris familiaux, treks d’altitude, itinéraires plus engagés vers les peuples pasteurs, rencontres naturalistes ou explorations mêlant marche, observation et culture.

L’Afrique de l’Est reste l’un des grands territoires du voyage d’aventure. Une région où l’on vient souvent chercher les images de l’enfance — girafes, éléphants, lions, plaines dorées — et où l’on découvre finalement bien davantage : des peuples, des reliefs, des équilibres fragiles et une manière très forte d’habiter le monde.