Elle avance, d'un pas oblique et saccadé, / Sentant de loin la chair que le trépas prépare ; / Son œil fauve et sinistre, en la nuit attardé, / Reluit comme un charbon que la tempête égare. / Elle rit, d’un rire horrible, au milieu des tombeaux, / Insulte à la douleur, insulte à l'agonie, / Et, fuyant la lumière en de sombres lambeaux, / Traîne dans la poussière sa haine infinie.
Comme le mettent en lumière les vers de Leconte de Lisle, la hyène traîne derrière elle une réputation séculaire de répulsion. Pour les peuples des savanes africaines, ce fauve au ricanement si caractéristique n'est rien de moins que la monture attitrée des sorciers.
Pourtant, cette ombre boiteuse se résume-t-elle à l'image d'un charognard opportuniste et disgracieux ? Les récentes recherches scientifiques en dessinent aujourd'hui un portrait bien différent : ce carnivore mal-aimé, pillier de l’écosystème africain, cache l'un des prédateurs les plus sophistiqués d'Afrique, guidé par une organisation sociale matriarcale d'une rigueur absolue.
Du mythe à la science, nous vous invitons à lever le voile sur cet animal méconnu : la hyène est-elle une sorcière de la nuit ou la souveraine de l'ombre ?


