06 septembre 2017 - Amériques, Chili, Trekking, Expéditions

La reconnaissance menée par David Ducoin dans le Grand Nord chilien, en août 2016, et les voyages qui en ont découlé n’ont pas étanché notre soif de découverte de la région. Le Chili, du nord au sud, offre une diversité de paysages et d’ambiances qui appelle plusieurs approches : randonnée sur les hauts plateaux, ascensions de sommets altiplaniques, exploration volcanique et immersion dans les terres d’Araucanie. Des confins arides du parc Lauca aux forêts tempérées du Sud, les voyages au Chili entre Altiplano, Atacama, volcans et terres australes permettent d’explorer un pays étiré entre Pacifique, Andes, déserts, lacs et sommets actifs.

 

Randonnée vers l’autre Atacama

Dans le Grand Nord chilien, l’Altiplano révèle une région méconnue, loin des images les plus classiques du désert d’Atacama. Depuis Arica, l’itinéraire mène vers le parc national de Lauca, la réserve nationale des vigognes et le Salar de Surire. On y traverse une géographie d’altitude faite de villages aymaras du bout du monde, de volcans, de tourbières, de champs de lave, de sentiers incas et de vastes horizons minéraux.

Cette randonnée permet d’approcher un Chili plus secret, où la haute altitude compose avec une faune remarquable : flamants roses, lamas, alpagas, vigognes et autres espèces adaptées à ces milieux austères. Les nuits passées dans des auberges tenues par des familles aymaras donnent à l’itinéraire une dimension de rencontre, avant l’ascension du Cerro Chihuana, culminant à 5 300 mètres

 

Sommets altiplaniques, du Licancabur à l’Aucanquilcha

Un autre visage du nord chilien se découvre par les sommets. Après une acclimatation progressive dans les décors puissants du désert d’Atacama, l’itinéraire rejoint la Bolivie et le Sud Lipez pour l’ascension du Licancabur, souvent présenté comme un “petit 6 000”, avec ses 5 920 mètres. Cette montagne frontalière, posée au-dessus des lagunes et des étendues désertiques, marque l’entrée dans une haute géographie andine, sèche, minérale et lumineuse.

Le parcours se poursuit ensuite hors des sentiers battus vers le Grand Nord chilien. En chemin, un véritable sommet de 6 000 mètres, l’Aucanquilcha, attend sans équipement ni technique particulière. Plus au nord, une myriade de petits sommets se dressent tels des miradors, offrant des vues sur l’immensité du Salar de Surire et les montagnes multicolores de Suriplaza. Cette progression altiplanique associe acclimatation, marche, ascensions accessibles et contemplation des grands espaces andins.

 

Volcans d’Araucanie et région des lacs

Au sud, le Chili change radicalement de visage. Une fois passé le río Bío Bío, barrière climatique entre le centre du pays et le Sud, on entre dans un monde de verdure, de lacs et de volcans, dont beaucoup sont encore actifs. C’est également le pays mapuche et le royaume des forêts d’araucarias, dans une région d’élevage et de production fruitière favorisée par son climat tempéré, mais aussi un haut lieu de villégiature estivale.

Avec Marc Lubin, guide de haute montagne, cette découverte se fait par des chemins détournés et par l’ascension de plusieurs volcans emblématiques. Le Sollipulli impressionne par son glacier de cratère, formation rare que l’on retrouve aussi en Islande ou au Kamtchatka. Le Villarica marque les esprits par son cratère dont la marmite rougeoie. L’Osorno, surnommé le Fuji Yama de l’Amérique du Sud, dresse son cône parfait au-dessus des eaux de l’immense lac Llanquihue.

Du désert aux forêts du Sud

Ces trois approches montrent la diversité du Chili andin. Au nord, l’Altiplano mêle villages aymaras, vigognes, salars, volcans et hauts plateaux. Plus au sud, les sommets altiplaniques ouvrent sur une géographie d’ascensions, entre Atacama, Sud Lipez et Grand Nord chilien. En Araucanie et dans la région des lacs, les volcans actifs, les forêts d’araucarias, les terres mapuches et les grands lacs composent un tout autre univers.

Du Salar de Surire au lac Llanquihue, du Cerro Chihuana au Licancabur, de l’Aucanquilcha au Villarica, le Chili apparaît comme un pays de verticalité, de contrastes et de passages. La marche et l’ascension y deviennent des manières d’entrer dans les paysages, qu’il s’agisse des immensités minérales du Nord ou des volcans verdoyants du Sud.