09 octobre 2025 - Asie du sud-est et Pacifique

La Chine dispose désormais d’un réseau de voies ferrées très développé, avec un grand nombre de trains à grande vitesse. Cela permet d’imaginer plusieurs itinéraires de découverte à travers la Chine, mais aussi vers le Tibet et certains pays voisins, en utilisant le train comme mode de transport sur les longues distances, d’une région à l’autre. Ces trajets ne sont plus aussi longs et interminables qu’ils ont pu l’être par le passé, loin de ce que décrivait Paul Theroux dans La Chine à petite vapeur. Pour traverser ce pays-continent autrement, la page consacrée aux itinéraires en Chine, sur la route de la Soie, dans les paysages du Sud rassemble des parcours entre grandes cités, monastères, hauts plateaux tibétains, oasis, peuples du Yunnan et voyages d’aventure au long cours.

Localement, les visites, découvertes et rencontres se font toujours en véhicules, en bateau ou à pied selon les voyages, que ce soit sur la route de la Soie, en Chine de l’Est et du Sud, vers le Tibet et la Mongolie, mais aussi vers d’autres pays voisins comme le Laos, le Vietnam ou le Kazakhstan. Le train n’efface donc pas l’expérience du terrain : il permet de traverser l’immensité chinoise autrement, en reliant des mondes très différents, des capitales impériales aux oasis, des montagnes du Yunnan aux hauts plateaux tibétains.

 

Immersion dans la civilisation chinoise en train, de Pékin à Hong Kong

Cette grande traversée de la Chine orientale relie Pékin à Hong Kong, du nord vers le sud, en utilisant le train comme mode de transport principal d’une région à l’autre. Après la visite de Pékin et de la Grande Muraille, l’itinéraire conduit vers les grottes bouddhiques de Yungang, dans la région de Datong, puis vers le monastère suspendu. Il se poursuit par l’ancienne cité de Pingyao, Tianshui sur la route de la Soie, puis Xi’an, qui abrite notamment la célèbre armée enterrée de soldats en terre cuite.

Près de Luoyang, le voyage permet de découvrir les grottes bouddhiques de Longmen et le monastère de Shaolin, avant de rejoindre la région de Suzhou, Tongli et Shanghai. Plus au sud, l’itinéraire change encore d’atmosphère avec les maisons fortifiées des Hakka dans les montagnes du Fujian, puis Canton, Yangshuo et Guilin, célèbres pour leurs magnifiques pics karstiques. Le final à Hong Kong clôt cette immersion dans la civilisation chinoise en train, avec la possibilité de prolonger vers les provinces du Guizhou et du Yunnan.

Voyage à travers les pics karstiques du sud de la Chine

Voyage à travers les pics karstiques de Chine du sud © Jérôme Kotry

 

En train à travers la Chine de l’Est, de Pékin à Shanghai

La traversée de Pékin à Shanghai permet une approche plus concentrée de la Chine de l’Est, toujours en utilisant le train pour passer d’une région à l’autre. Elle rassemble plusieurs grandes étapes de la civilisation chinoise : Pékin, la Grande Muraille, les grottes bouddhiques de Yungang, le monastère suspendu, Pingyao, Tianshui, Xi’an, Luoyang, les grottes bouddhiques de Longmen, le monastère de Shaolin, Suzhou, Tongli et Shanghai.

Cet itinéraire peut aussi se prolonger vers les maisons fortifiées hakka du Fujian et les pics karstiques de la région de Yangshuo et Guilin. D’autres extensions sont possibles vers le Guizhou et le Yunnan, deux provinces du Sud où les paysages de montagnes, de rizières et de villages ouvrent une autre lecture de la Chine, plus méridionale et plus ethnique.

Monastère suspendu, dans la région de Datong

Monastère suspendu, dans la région de Datong © Jean-Pierre Garrec

 

En train sur la route de la Soie, de Pékin à Kashgar

Après avoir arpenté pendant des années l’Asie centrale chinoise, notamment lors des grandes caravanes asiatiques, la route de la Soie entre Pékin et Kashgar se prête particulièrement bien à une approche ferroviaire. Le train devient ici une manière de suivre un axe ancien, en reliant des villes, des déserts, des oasis et des vestiges bouddhiques qui ont marqué les circulations entre Chine, Asie centrale et monde turcophone.

Après quelques visites à Pékin, le voyage rejoint Xi’an en train de nuit, point de départ historique de l’ancienne route de la Soie. Il se poursuit vers les vestiges bouddhiques de Maijishan, près de Tianshui, puis vers les paysages colorés de Danxia, près de Zhangye. À Jiayuguan, point final de la Grande Muraille de Chine, la visite du fort de la dynastie Ming précède la découverte des célèbres grottes bouddhiques de Mogao à Dunhuang, en bordure du désert de Taklamakan, puis de celles de Bezeklik dans la région de Turfan.

Le voyage se termine à Kashgar, cité emblématique du Xinjiang turcophone, de l’autre côté du Taklamakan. Cette ville marque le terme de ce parcours ferroviaire sur la route de la Soie, avec la possibilité de prolonger vers le Pakistan par la Karakoram Highway, cette fois hors du train, ou vers le Kirghizstan.

Forteresse de Jiayuguan sur la route de la Soie

Forteresse de Jiayuguan, tout à l'ouest de la Grande Muraille de Chine © Franck Charton

 

En train pour le toit du monde : de l’Amdo à l’Everest

Il est possible de rejoindre Lhassa en train depuis l’ouverture, en 2006, de la liaison entre Xining et Lhassa. Ce voyage ferroviaire est rapidement devenu mythique, sur la voie ferrée la plus haute du monde, avec la traversée des hauts plateaux et du col du Tangula à 5 060 mètres. Ce passage ne laisse personne indifférent : kyangs, gazelles, yacks et peut-être loups peuvent apparaître dans l’immensité, tandis que l’ambiance dans le train rappelle le passage progressif de la Chine vers le Tibet.

Après les visites à Lhassa et dans sa région, le voyage continue en véhicule à travers le Tibet central vers la chaîne himalayenne. Il permet de découvrir de nombreux monastères, notamment à Gyantse, Shigatse, Sakya et Tsurphu, de longer le lac Yamdrok et de franchir plusieurs hauts cols jusqu’au monastère de Rongbuk et au camp de base de l’Everest. Le lac Nam Tso, beauté sacrée et naturelle du Tibet, vient compléter cette traversée avant le retour vers Lhassa, point final de ce voyage en train vers le toit du monde, de l’Amdo à l’Everest.

Monastère de Labrang, en Amdo

Monastère de Labrang, en Amdo © David Ducoin

 

Trains vers la Mongolie et le Kazakhstan

Il n’est plus possible pour le moment de voyager en train sur le Transsibérien tant que la Russie reste fermée, mais d’autres itinéraires ferroviaires demeurent envisageables. Depuis Pékin, le train permet de rejoindre les steppes mongoles, puis d’y organiser randonnées et découvertes. Cette continuité ferroviaire ouvre une autre manière d’aborder les grands espaces d’Asie, entre capitale chinoise, plateaux, steppes et horizons nomades.

Il est également possible de suivre la route de la Soie vers Turfan et Urumqi, puis de continuer en train vers le Kazakhstan, autre pays intéressant à découvrir avec ce mode de transport. Des voyages sur mesure ont déjà été organisés en combinant Kazakhstan et Chine, avec le train comme mode de transport principal.

Cité antique de Gaochang dans la région de Turfan

Ruines de la cité antique de Gaochang, dans la région de Turfan © Franck Charton

 

Chine du Sud et nord Laos

Depuis décembre 2021, une ligne de train à grande vitesse construite par les Chinois relie Kunming, capitale de la province du Yunnan, à Vientiane, capitale du Laos. Cette liaison permet de proposer un voyage combinant la découverte de la Chine du Sud avec celle du nord Laos, au départ de Canton, ou Guangzhou, avec des visites dans la région de Yangshuo et Guilin, puis à travers le Guizhou et le Yunnan.

Du côté laotien, l’itinéraire se poursuit vers les régions de Luang Namtha, Muang Xai et Luang Prabang. Le train devient alors une passerelle entre Chine du Sud et Asie du Sud-Est continentale, entre pics karstiques, marchés de peuples yao et yi, paysages du Yunnan et vallées du nord Laos.

Femmes yao et yi dans un marché du sud Yunnan

Femmes des peuples yao et yi dans un marché du sud du Yunnan © Jérôme Kotry

 

Projet d’un grand voyage en train de Kashgar à Singapour

Dans l’esprit des grandes caravanes, l’ouverture de la ligne à grande vitesse entre Kunming et Vientiane offre la possibilité d’imaginer un grand voyage au long cours, avec le train comme mode de transport principal, depuis Kashgar, en Asie centrale chinoise, jusqu’à Singapour. L’itinéraire traverserait toute la Chine, le long de l’ancienne route de la Soie, au nord, au centre et à l’est, puis vers le sud pour rejoindre le Laos.

Depuis Vientiane, le voyage franchirait le pont frontalier avec la Thaïlande pour rejoindre Nong Khai, puis continuerait à travers la Thaïlande et la Malaisie jusqu’à Singapour. Comme les grandes caravanes, un tel parcours pourrait se découper en plusieurs étapes, chacune permettant de prendre le temps des paysages, des villes, des frontières et des rencontres.

Rizières en terrasses du sud du Yunnan
 Rizières en terrasses du sud du Yunnan © Alain Rochelimagne

Traverser la Chine autrement

Voyager en Chine en train permet de mesurer l’échelle du pays, d’en relier les grandes régions et de réduire certains trajets routiers, sans renoncer aux visites locales, aux marches, aux rencontres et aux explorations de terrain. De Pékin à Hong Kong, de Shanghai à Kashgar, de Xining à Lhassa, du Yunnan au Laos, le rail devient une manière de composer des voyages plus fluides dans un pays immense, entre civilisation chinoise, route de la Soie, Tibet, peuples du Sud, paysages karstiques et horizons d’Asie centrale.