⚠️ Article d'archive — à lire avec son contexte historique
Ce texte a été écrit en 2012, à un moment d'ouverture démocratique en Birmanie. Depuis, la situation du pays a radicalement changé : un coup d'État militaire a eu lieu le 1ᵉʳ février 2021, entraînant une guerre civile toujours en cours. Les autorités françaises et belges déconseillent aujourd'hui fortement tout voyage en Birmanie. Cet article est conservé à titre de témoignage historique et ne reflète en aucun cas la situation actuelle du pays ni notre offre de voyage actuelle. Pour des informations à jour, consultez les conseils aux voyageurs de votre ministère des Affaires étrangères.
Si c'est l'envie de découvrir l'Asie du Sud-Est et le Pacifique qui vous anime aujourd'hui, retrouvez nos voyages d'aventure dans la région.
La Birmanie est une destination qui fut longtemps boycottée à cause de son régime militaire dictatorial et de la mise sous résidence surveillée de la principale opposante au régime, Aung San Suu Kyi. Mais cette année 2012 a vu s'opérer un changement radical, avec de plus en plus de voyageurs souhaitant se rendre dans ce pays autrefois délaissé.
Cette évolution complique fortement la tâche des organisateurs de voyage qui ont beaucoup de mal à trouver des hébergements, mais cela ouvrira aussi de nouvelles possibilités dont Tamera compte bien vous faire bénéficier. Bilan, évolutions et projets de développement.
Mutation de la Birmanie depuis nos premiers pas en 1996
La Birmanie, dont le nom officiel est toujours Myanmar depuis 1989, est toujours gérée par un régime d'obédience militaire, mais depuis quelques années, le régime fait des efforts d'ouverture et d'assouplissement, avec tout d'abord quelques opérations de lifting :
- Changement de nom de la junte, devenue SPDC (Conseil étatique pour la paix et le développement), autrefois appelée SLORC (Conseil étatique de restauration de la loi et de l'ordre).
- Ministres habillés en civil et non en habits militaires, même si ce sont toujours des militaires ou d'anciens généraux.
Mais le plus gros changement a été la libération, de sa résidence surveillée, en novembre 2010 d'Aung San Suu Kyi, la principale opposante au régime, qui a été prix Nobel de la paix en 1991. Elle a ainsi pu participer avec son parti à des élections en avril 2012, et est désormais présente au parlement.
En fait, ce qui a surtout changé, ce sont les attitudes des uns envers les autres. Et la junte militaire, et Aung San Suu Kyi, ont fait chacun de leur côté des efforts et un pas l'un vers l'autre. Ils ont « mis de l'eau dans leur vin ». Et ça, c'est vraiment très important pour l'avenir. Il n'y a plus d'attitude purement dogmatique.
Une des conséquences principales de ces changements est le fait que le boycott international de nombreux pays occidentaux (États-Unis et pays nordiques en tête) a été levé, et que la Birmanie se trouve davantage impliquée au sein de l'ASEAN, sorte de marché commun de l'Asie du Sud-Est, au grand dam de la Chine, qui a longtemps été l'un des seuls soutiens au régime militaire birman.
La Birmanie se détache donc de la tutelle chinoise et est moins soumise au diktat des Chinois. Mais cela ne veut pas dire que la Birmanie soit débarrassée de l'emprise des Chinois pour autant, car ceux-ci vont être encore très présents par le jeu naturel de la mondialisation économique, la Chine étant au cœur de celle-ci et profitant à fond d'elle.
Impact de cette évolution sur nos voyages
Concernant les voyages, cela ne change pour le moment pas grand-chose, car nous organisons déjà avec succès des voyages en Birmanie depuis 1996, et les Français ont toujours été malgré tout nombreux à se rendre dans ce pays depuis 15 ans.
Mais cela devrait permettre à l'avenir d'ouvrir certaines régions qui ont longtemps été fermées.
Le changement principal est surtout la fréquentation touristique globale, en très forte hausse, qui vient se heurter à des infrastructures hôtelières très largement insuffisantes, surtout dans la région du lac Inlé et dans les villes où les hommes d'affaires viennent en masse. Cela a pour conséquence une hausse des prix, plutôt une flambée, surtout pour les hôtels.
Il ne faut pas négliger non plus le fait que la monnaie birmane s'est fortement appréciée par rapport au dollar américain. Il y a 3 ou 4 ans, on avait 1 200 kyats pour 1 USD, alors que maintenant c'est 835 seulement. Cela veut dire qu'à prix égal, sans augmentation, tout est entre 30 et 40 % plus cher. Il y a aussi bien évidemment des augmentations propres aux produits. Il n'y a qu'à se rappeler les manifestations d'août et septembre 2007, relayées par les moines, qui réagissaient face à l'augmentation du prix des carburants de 400 %.

Ce que nous avons réalisé depuis 16 ans
Au sein de nos brochures Tamera, nous avons toujours eu deux parcours principaux : Parfums birmans et Mosaïque birmane, le premier étant plus axé sur les incontournables (régions de Bagan, de Mandalay, du lac Inlé et Yangon), et le second avec une découverte des pays môn et karen et du Rocher d'or de Kyaikhtiyo, ainsi que plus étoffé sur la région du lac Inlé, avec possibilité de prolonger vers la région de Kengtung, tout au nord-est du pays, beaucoup plus ethnique. Nous organisons aussi un voyage qui va de l'Arakan au pays chin et des départs spécial fêtes.
Mais nous avons aussi réussi à effectuer au fil des années quelques voyages très hors des sentiers battus, notamment :
- Nouvel An Naga, janvier 2002 : nous étions la première agence de voyage française à envoyer un groupe aux festivités du Nouvel An Naga à Lahe. En dehors de notre groupe, il n'y avait que deux autres Français : Michel Magloff et une amie à lui, photographe. Nous avons ensuite navigué pendant 5 jours sur la rivière Chindwin pour rejoindre la région de Monywa. Puis nous avons traversé le pays chin, dans la région de Mindat et Kanpetlet, avant de faire une traversée directe de Minbu vers les temples de Mrauk U, en Arakan.
- En novembre 2006, dans le cadre de la Grande Caravane Asiatique Ispahan / Angkor, nous avons réussi à traverser l'État indien de Manipur pour entrer en Birmanie par le poste frontière de Tamu, puis descente de la rivière Chindwin vers Monywa également. Après des visites plus classiques en Birmanie centrale et dans la région du lac Inlé, le groupe a découvert la région de Kengtung, puis est sorti, également par voie terrestre, vers le nord de la Thaïlande, pour ensuite aller au Laos.
- Passages frontaliers avec la Chine et la Thaïlande : nous avons organisé de nombreuses fois des voyages avec passage frontalier entre le sud du Yunnan et la Birmanie, au poste frontière de Ruili / Muse, mais aussi entre la Thaïlande et la Birmanie au poste de Mae Sai / Tachileik, au sud de Kengtung.
- Descente du fleuve Irrawaddy entre Myitkyina et Bhamo, en petit bateau et à travers des gorges, puis plus calme et en grand bateau de Bhamo à Mandalay.
- Découverte de la région de Loikaw, dans l'État Kayah, au sud du lac Inlé, où habitent de nombreux Kayan, ethnie dont on surnomme la gent féminine « femmes-girafes ». L'ethnie principale est celle des Kayah, dont on donnait aux femmes le surnom de « femmes-éléphants ». Cette région ne s'était entrouverte que depuis peu, et nous y avions envoyé avec succès plusieurs groupes.

Des voyages spécial fêtes
Les voyages spécial fêtes étaient devenus au fil des ans une des grandes spécialités de Tamera, comme dans beaucoup d'autres pays, notamment en Asie. La Birmanie comptait alors de nombreuses fêtes intéressantes : le Nouvel An naga à Lahe et Layshi en janvier, le Nouvel An kachin à Myitkyina, le Nat-Pwe (fête des esprits) de Pakhan et la fête annuelle du site bouddhique de Kakku, les Nat-Pwe de Taungbyone et Yadanagu, la grande fête annuelle du lac Inlé couplée à la fête des lumières du mois birman de Thadingyut, la seconde fête des lumières dans la région de Taunggyi et Kakku, ou encore le Nouvel An akha à Kengtung et le Nouvel An de l'ethnie chin.
Nous avons ainsi exploré de nombreux types de découvertes en Birmanie, mais, hormis le Nouvel An Naga, nous nous sommes toujours refusés à réaliser des voyages où l'on se retrouve complètement dans les mains de l'armée, où tout l'argent apporté reste entre ses mains — comme c'était malheureusement le cas des voyages et trekkings organisés dans la région de Putao, tout au nord de l'État Kachin.
Projets de développement et ambitions, en 2012
L'ouverture aidant, nous espérions alors pouvoir explorer plus profondément l'État chin, ainsi que le pays karen, l'État shan et l'État kayah, à la rencontre des peuples qui habitent ces régions, et à la découverte de beaux paysages de montagne.
Nous avions aussi de superbes projets de trekking, restés dans nos cartons depuis 15 ans, prêts à être développés dès que l'occasion se présenterait. Nous pensions aussi à une découverte de la partie la plus au sud du pays, avec notamment l'archipel de Mergui, et une entrée en Birmanie depuis la Thaïlande par le poste frontalier de Kawthaung.
Nous attendions aussi avec impatience la possibilité d'organiser sur une plus grande échelle le logement chez l'habitant, qui aurait permis à la fois de nous rapprocher davantage de nos fondamentaux de « voyage d'aventure » et de régler plus facilement la crise d'hébergement touristique que nous vivions alors en Birmanie.


