Laurent Boiveau a conçu le Grand Tour de la Vanoise dans l’esprit des grandes traversées qui ont forgé son expérience, notamment dans le Sahara et en Himalaya. L’idée n’était pas de proposer une simple boucle alpine, mais de plonger au cœur d’un massif que beaucoup pensent connaître, pour en faire un véritable trek au long cours.
Cette Vanoise-là est une Vanoise en grand : un itinéraire de près de trois semaines, avec des étapes engagées, des dénivelés soutenus, des refuges, des paysages sauvages et une approche complète du massif. Pour retrouver nos programmes en montagne, stages et treks en France, consultez nos voyages en France, des Alpes aux itinérances engagées.
Pourquoi la France après tous tes voyages à l’étranger ?
Depuis de nombreuses années, je me gardais les Alpes comme secteur refuge lorsque je rentrais de longs voyages à l’étranger. J’y passais régulièrement quelques semaines seul, pour avoir le plaisir de marcher et de découvrir ce qu’il y avait, au final, juste à quelques pas de chez moi.
Bien entendu, la France recèle des trésors de beauté, mais j’ai des affinités avec certaines régions du globe, notamment l’Himalaya ou Madagascar. C’est pour cela que je ne proposais rien en France. La période récente a un peu changé la donne, alors autant profiter de la possibilité qui nous est offerte.

© Marisa Estivill
Pourquoi la Vanoise ?
La question est légitime. Certains savent que j’ai de grosses affinités avec les Dolomites, mais la Vanoise a l’avantage indéniable d’être très proche de mon lieu d’habitation. Que ce soit en footing ou en ski, je finis régulièrement par en franchir les frontières. Alors, autant débuter cette approche du trek en France par ce massif si proche de moi.
Comment et pourquoi as-tu créé cet itinéraire ?
Cela faisait longtemps que je n’avais pas arpenté les sentiers de la Vanoise, essentiellement par manque de temps. J’avais en tête de nombreux lieux que j’avais aimés pour de nombreuses raisons. Mais je ne peux pas me refaire : j’aime les itinéraires d’envergure, ceux qui permettent de découvrir en profondeur une région ou un massif.
Pourquoi ne pas appliquer cette logique aux Alpes ? C’en était terminé du tour de la Vanoise en six jours : nous passions à dix-huit jours pour une approche complète de ce massif complexe. Il ne restait plus qu’à ouvrir les cartes, et les choix se sont imposés d’eux-mêmes. Au regard du nombre de jours de marche, c’est un bel itinéraire, tout aussi complet que n’importe quel trek en Himalaya.

© Azimut Prod
Qu’y a-t-il d’original dans ce parcours ?
L’originalité réside dans le fait que je n’ai pas voulu coller à la mode des voyages de plus en plus courts. J’ai toujours privilégié la qualité à la quantité. J’ai donc appliqué les mêmes recettes que lorsque je crée un voyage à l’étranger : “Qu’est-ce que je veux faire découvrir ? Par où est-ce que je passe ? Combien de temps cela prendra-t-il ?”
Je ne suis pas parti en me disant : “Qu’est-ce que l’on peut faire avec six jours ?” La démarche est totalement différente.

© Elena Dijour
À qui s’adresse ce voyage ?
Vous aimez les voyages bien construits, ceux qui permettent de découvrir une région dans son ensemble ? Vous êtes amoureux des grands espaces ? Alors ce voyage est pour vous, mais à certaines conditions.
Il faut porter son sac à dos, avec les quelques affaires de rechange nécessaires. Nous partons en relative autonomie, mais cela reste accessible. Les dénivelés frôlent facilement les 1 000 mètres positifs sur de nombreuses journées ; en revanche, contrairement à l’Himalaya, il n’y a pas à composer avec la haute altitude.
Le Grand Tour de la Vanoise est donc, en quelque sorte, un Haut Dolpo en version locale. Avec 10 à 12 kilos sur le dos, nous partons pour dix-huit jours. Tous les soirs, nous dormons en dur, avec de bons repas préparés dans les refuges. Nous retrouvons d’autres voyageurs, qui auront certainement des histoires à raconter, et, de temps à autre, nous parlerons voyages.

© Marisa Estivill
Un grand trek alpin
Le Grand Tour de la Vanoise permet de redécouvrir un massif familier sous un angle plus ample. En prenant le temps, l’itinéraire quitte la logique de la simple randonnée pour retrouver celle d’un grand trek : progression longue, immersion, enchaînement d’étapes, effort régulier et lecture progressive du territoire.
C’est une manière de voyager en France avec les codes que Laurent Boiveau applique depuis longtemps aux grandes traversées : prendre le temps juste, construire un itinéraire cohérent, accepter l’engagement et laisser le massif se dévoiler dans sa profondeur.

