26 juillet 2018 - Himalaya et Inde, Népal

Le Népal est la destination de trek et d’ascension par excellence. Mais comment s’y retrouver parmi le nombre d’itinéraires proposés dans ce petit pays himalayen ? Comment être sûr de choisir le bon trek, la bonne randonnée ou la bonne ascension ?

Le choix peut sembler cornélien dans un pays dont les altitudes varient de 200 à 8 848 mètres, surtout lorsqu’il s’agit d’un premier voyage. Entre treks en balcon à moins de 4 000 mètres, immersions dans la culture tibétaine, itinéraires franchissant de hauts cols ou traversées engagées avec technique alpine, les possibilités sont nombreuses.

Des premiers pas en altitude aux itinéraires les plus engagés, les treks au Népal se choisissent selon plusieurs critères : votre expérience, votre acclimatation, votre envie de confort, votre intérêt pour les cultures himalayennes et le niveau d’engagement recherché.

Les premiers pas en altitude

Lorsqu’on évoque un futur voyage au Népal, certaines phrases reviennent souvent : « je veux voir les montagnes au plus près », « j’aimerais traverser des villages et rencontrer leurs habitants », « je ne suis jamais monté au-dessus de 2 000 mètres », « je n’ai que deux semaines de vacances et je viens d’Europe pour voir les plus hautes montagnes du monde ».

On entend aussi parfois que certains grands treks, comme le tour des Annapurnas et son col à plus de 5 000 mètres, ne présentent aucune difficulté particulière. C’est une affirmation à nuancer fortement.

Pour tout voyage au Népal, la question de l’altitude doit figurer parmi les premières à se poser. Est-ce votre première expérience en altitude ? Si c’est le cas, il faut apprendre à se connaître et observer la manière dont votre corps réagit dans ce milieu exigeant. Au-delà de 3 000 mètres, le mal aigu des montagnes, ou MAM, est une réalité qu’il faut prendre au sérieux.

Les treks en balcon

Pour une première fois au Népal, et plus encore pour celles et ceux qui n’ont jamais marché en altitude, il est préférable de commencer par un trek initiatique. L’idéal est de choisir un itinéraire permettant de revenir facilement en arrière si les effets de l’altitude deviennent trop gênants.

Dans ce cas, les régions de piémont himalayen, entre 3 000 et 4 000 mètres, sont particulièrement adaptées. Les Balcons de l’Annapurna et du Dhaulagiri ou le Sanctuaire de l’Annapurna offrent une belle première approche de la marche au Népal.

La région du Mardi Himal permet, quant à elle, de passer des nuits chez l’habitant et de traverser plusieurs villages entourés de belles montagnes, sans franchir de haut col. Ces itinéraires donnent accès à l’univers himalayen sans imposer d’emblée un engagement trop fort.

Immersions tibétaines au Népal

Pour les voyageurs attirés par la culture tibétaine, le bouddhisme et les paysages minéraux, certaines régions du Népal offrent une immersion très forte.

La vallée de la Tsum, au pied du Ganesh Himal, permet d’approcher un monde himalayen préservé, marqué par les villages, les monastères et les traditions locales. Le Mustang, de son côté, offre une dimension culturelle particulièrement affirmée dans les régions montagneuses du Népal.

Plus coûteux en raison d’un permis d’accès spécial, le Mustang séduit par ses paysages spectaculaires, ses villages fortifiés, ses grottes, ses monastères et son atmosphère de haut plateau aux influences tibétaines.

 

Les treks d’altitude en lodge

Contrairement à ce qui est souvent conseillé, il n’est pas toujours idéal de commencer la découverte du Népal par le tour des Annapurnas. Les paysages y restent magnifiques, mais l’itinéraire est devenu très fréquenté et certaines portions ont été dévalorisées par la construction de pistes.

Si le nom mythique du tour des Annapurnas vous attire, mieux vaut parfois privilégier une variante par les villages de Naar et Phu, avec le franchissement du Kang La à 5 310 mètres, magnifique belvédère sur le massif des Annapurnas.

Le tour du Manaslu constitue également une très belle alternative. Moins fréquenté que les Annapurnas, il offre de grands paysages, des villages népalais authentiques et une ambiance de haute montagne. Ce type d’itinéraire permet de prendre confiance en ses capacités avant de viser plus haut.

Si la région de l’Everest vous attire davantage, il peut être préférable de choisir d’abord l’itinéraire classique vers le Kala Pattar. Il permet d’approcher le Khumbu, les villages sherpa et les grands panoramas sur l’Everest, tout en conservant la possibilité de faire demi-tour en cas de difficulté liée à l’altitude.

À l’inverse, le camp de base de l’Everest par les hauts cols est un trek superbe mais plus exigeant. La progression rapide en altitude et l’enchaînement des passages élevés en font un itinéraire difficile pour une première expérience himalayenne.

Pour aller plus loin : les treks engagés sous tente

Comme beaucoup de voyageurs ayant déjà mis un pied au Népal, vous aurez sans doute envie d’y retourner. Après un premier trek initiatique en lodge, il devient possible de viser un peu plus haut, un peu plus loin, ou de rejoindre des régions plus isolées.

Ces treks demandent souvent une logistique plus lourde. Ils se déroulent sous tente, avec une équipe de cuisine et une équipe de porteurs. Cette organisation favorise l’autonomie et apporte une dimension humaine différente au voyage.

Les camps de base du Kangchenjunga, tout à l’est du Népal, ou le Dolpo, tout à l’ouest, offrent ainsi des terrains d’aventure hors du commun. Pour ce type de voyage, il faut généralement prévoir entre trois semaines et un mois.

En mode expédition

Pour celles et ceux qui ont déjà chaussé des crampons et souhaitent entreprendre des traversées plus engagées, le Népal offre aussi des itinéraires hors des sentiers battus.

La traversée de l’Everest au Makalu par l’Amphu Laptsa, à 5 800 mètres, et le Sherpani Col, à 6 180 mètres, s’adresse à des marcheurs expérimentés. Sur cet itinéraire complet et engagé, on peut utiliser des cordes fixes et descendre en rappel. On évolue dans un paysage glaciaire et enneigé, au contact des hauts sommets. La descente du camp de base du Makalu se fait ensuite par le fameux Shipton Trail.

Le Tilman Pass, à 5 300 mètres, qui fait la jonction entre la région du Langtang et celle du Rolwaling, constitue également une belle option. Dans le même esprit, la traversée du Rolwaling par le Tashi Laptsa, à 5 760 mètres, permet de rejoindre la région de l’Everest par un itinéraire engagé.

Un pays multiple

Le Népal est multiple. Il abrite de nombreux groupes ethniques, certains venus des plaines indiennes, d’autres du Tibet ou du sud-est asiatique. Il est également multiculturel, entre hindouisme, bouddhisme, chamanisme et animisme.

Ses paysages sont d’une grande diversité, depuis les très hautes montagnes jusqu’aux déserts d’altitude, en passant par les forêts tropicales et les réserves animales de Chitwan ou de Bardiya.

Choisir son voyage au Népal, c’est donc choisir un niveau d’altitude, un degré d’engagement, un type de confort, une région et une ambiance. Mais une chose demeure : le Népal marque profondément celles et ceux qui y posent le pied pour la première fois.

C’est peut-être pour cela que tant de voyageurs y reviennent, année après année, parfois jusqu’à un âge avancé. Le Népal, tout simplement, reste magique.