10 février 2016 - Himalaya et Inde, Inde, Peuples et fêtes, Témoignages

Gangotri, aux sources du Gange

Nous partons à pied de Kedarnath pour rejoindre Gangotri. Il y a longtemps, la source du fleuve sacré se trouvait ici, mais le recul du glacier l’a repoussée à Gaumukh, à quelque vingt kilomètres en amont. Il est dit que c’est à Gangotri que le sage Bhagiratha, grâce à qui la déesse Gangâ put descendre sur terre, s’assit pour méditer et prier durant de longues années d’austérités. Aujourd’hui, comme en de nombreux endroits tout au long de ses 3 000 kilomètres, le Gange est fréquenté par les pèlerins qui viennent se purifier dans son eau froide et grise de sédiments morainiques.

Après cinq jours de calme au cœur de la nature, nous retrouvons la ferveur propre aux lieux de pèlerinage. Déjà, au bord de la route qui mène à Gangotri, s’échelonnent les abris des sâdhus, ces renonçants de la religion hindoue. Ici, le Gange porte encore le nom de Bhagirathi et coule entre des gorges érodées.

Puis nous quittons Gangotri pour nous rendre au glacier de Gaumukh, dans cet Himalaya indien où nos voyages immersifs en Inde croisent souvent les chemins de pèlerinage, les mythes fondateurs et les paysages de haute montagne.

 

Gaumukh, dans la bouche de la vache

Poussés par une sorte d’euphorie, nous parcourons les quelques kilomètres qui nous séparent de Gaumukh, la “Bouche de la vache”. Au fur et à mesure de notre ascension, le débit du fleuve se fait moins important. Quel contraste avec son cours immense, large de plusieurs kilomètres, que l’on peut admirer en aval, dans la plaine gangétique, où il s’unit à plusieurs rivières avant de se jeter dans l’océan au niveau du golfe du Bengale.

Trois mille kilomètres et d’innombrables épisodes de la mythologie hindoue nous séparent de là. À l’origine, la “Bouche de la vache” était une sorte de grotte formée par un imposant glacier, mais, en quelques années seulement, celui-ci a reculé de 150 mètres. Aujourd’hui, on distingue à peine l’endroit d’où émergent les premières larmes du fleuve.

 

Tapovan, au royaume de Shiva

Nous pourrions arrêter là notre pèlerinage, mais il est possible de marcher sur le glacier recouvert de débris morainiques afin d’atteindre Tapovan. De là, la vue sur le mont Shivling, à 6 543 mètres, est impressionnante. Cette montagne est considérée comme le lingam, symbole phallique de Shiva.

Certains prennent alors le chemin du retour, tandis que d’autres continuent vers Yamunotri, aux sources de la Yamuna, l’un des quatre hauts lieux de pèlerinage du Garhwal.

Mémoires du chemin

Régulièrement, nous publions quelques courtes histoires ou anecdotes vécues par nos participants ou par des voyageurs illustres. Elles entrent dans l’esprit d’une rencontre ou d’un lieu. Ici, le chemin remonte vers les sources du Gange, entre marche, mythologie, ferveur et silence glaciaire.