Depuis toujours, le toit du monde fascine. La région de l’Everest, le Khumbu, et le sommet éponyme ont fait rêver des générations d’aventuriers, de marcheurs et d’alpinistes en quête d’altitude. Surplombée par des montagnes majestueuses, cette vallée invite à découvrir la magie des lieux, entre villages sherpas, monastères, glaciers et panoramas sur les plus hauts sommets de la planète.
Tamera continue de proposer de belles immersions permettant de tutoyer l’Everest, sans nécessairement chercher son sommet. Les voyages au Népal autour du Khumbu, des grands treks himalayens et des hautes vallées sherpas permettent d’approcher ce territoire mythique par la marche, l’acclimatation progressive et la découverte d’une région profondément liée à l’histoire de l’himalayisme.

© Ducoin David
L’expérience de Jean-Marc Porte
Dans la vallée du Khumbu, le trek du camp de base de l’Everest, également appelé trek du Kala Pattar, est l’itinéraire le plus direct et le plus connu pour approcher l’Everest. L’argument est aussi massif que les 8 848 mètres du toit du monde : si l’on rêve, les pieds sur terre, de contempler le point le plus haut de la planète, c’est ici.
Ce trek conduit au bord de la très haute altitude, sur les pas des premiers vainqueurs de l’Everest. Tout au bout de la vallée du Khumbu, en terres sherpas, il permet d’approcher l’histoire d’un sommet devenu universel, mais aussi celle d’un territoire habité, traversé et transformé par les grandes expéditions.

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Aux origines du trek de l’Everest
L’histoire de cet itinéraire prestigieux commence dans les années 1950. Elle est intimement liée à celle du Népal et à la conquête des grands 8 000 de la planète, plus précisément à la seconde phase de conquête du toit du monde.
La première phase avait échoué depuis les années 1920, au Tibet, sur le versant nord de l’Everest. Après la disparition de Mallory et Irvine sur son arête est, et malgré plusieurs autres expéditions infructueuses, le point géographique le plus haut du globe restait vierge.
Dans les années 1950, la géopolitique bouleverse la donne. L’invasion chinoise du Tibet en 1949 ferme pour des décennies l’accès du versant tibétain aux expéditions étrangères. Dans le même temps, le royaume du Népal, longtemps interdit, commence à s’ouvrir aux Occidentaux. En 1950, les Français réussissent la première ascension de l’Annapurna : le premier 8 000 est conquis, mais pas encore le plus haut.
L’Everest concentre alors toutes les attentions. La nouvelle approche par le sud attire rapidement plusieurs expéditions de reconnaissance. L’énergie se dirige vers une vallée clé, cœur du peuple sherpa : le Khumbu. Entre 1950 et la victoire de Hillary et Tenzing, le 29 mai 1953, plusieurs expéditions britanniques et suisses explorent et remontent la haute vallée du Khumbu, posant les bases de ce qui deviendra l’un des treks les plus célèbres du monde.

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Hillary, Tenzing, l’Everest et le Khumbu
En mai 1953, la nouvelle de la réussite est descendue du Khumbu à Kathmandu à pied. Il n’y avait pas de téléphone satellite. Pourtant, elle fait la une des journaux du monde entier le jour du couronnement de la reine d’Angleterre.
En gravissant les 8 848 mètres du plus haut sommet de la Terre, deux hommes entrent dans l’histoire : l’alpiniste et apiculteur néo-zélandais Edmund Hillary, et le Sherpa Tenzing Norgay. Tous deux associent désormais leur nom à la conquête de l’Everest, mais aussi à la vallée du Khumbu.
Âgé de 38 ans en 1953, Tenzing Norgay était un enfant du pays, né selon sa biographie officielle à Tengboche. Sherpa très expérimenté, il avait déjà participé à plusieurs expéditions infructueuses sur l’Everest. Devenu une figure majeure au Népal comme en Inde, il devient aussi, en Occident, l’un des plus grands ambassadeurs du peuple sherpa du Khumbu. Un sommet du Népal, le Tenzing Peak, porte son nom depuis 1973, tout comme une chaîne de montagnes sur Pluton.
Edmund Hillary, lui, ne s’est pas contenté de redescendre auréolé de prestige. Jusqu’à la fin de sa vie, il consacra une grande partie de son temps à aider et promouvoir le développement de la vallée du Khumbu, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, du tourisme et de la protection de l’environnement.

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Tous les noms de l’Everest
Pour les Occidentaux, la première dénomination de l’Everest fut, au XIXe siècle, un simple chiffre attribué lors des relevés topographiques réalisés par les Britanniques depuis l’Inde. Les résultats comparés de ces triangulations finirent par placer ce sommet devant le Dhaulagiri et le Kangchenjunga, longtemps considérés comme les plus hautes montagnes de la chaîne himalayenne.
En 1865, il fut baptisé “Everest”, du nom de Sir George Everest, initiateur de ces grands travaux cartographiques. Mais cette dénomination occidentale ne dit rien de la toponymie locale du sommet. Dès 1733, le Nouvel Atlas de la Chine et de la Tartarie chinoise mentionnait déjà Chomolungma. En 1855, un officier anglais proposa “Devadhunga”, mais les Népalais semblaient ignorer ce nom. La même année, un géographe attribua par erreur à l’Everest le nom de Gauri Shankar, montagne bien réelle mais située à une cinquantaine de kilomètres.
Sur le terrain tibétain, les noms Chomo Lungma, Qomolungma, Chomolung ou Chamalung désignent encore l’Everest, même s’ils semblent parfois se rapporter au massif plus qu’au sommet seul. Ces noms sont généralement traduits par “déesse mère des vents” ou “déesse mère de toutes les neiges”.
Au Népal, le nom officiel de l’Everest est Sagarmatha, souvent traduit par “tête de l’océan”. Avant cela, Mahalangur Himal avait également été avancé. Enfin, si les textes bouddhistes considèrent le mythique mont Meru comme l’axe de la Terre, l’Everest apparaît aussi symboliquement dans certaines descriptions anciennes, où il est présenté comme une montagne visible de loin, mais insaisissable lorsqu’on s’en approche.

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Un trek devenu mythique
Le trek du camp de base de l’Everest n’est pas seulement une marche vers un point de vue ou un glacier. C’est un itinéraire chargé d’histoire, lié aux grandes expéditions, aux Sherpas du Khumbu, aux premières reconnaissances, aux noms multiples du sommet et à l’imaginaire mondial de la très haute altitude.
Pour le voyageur, il permet d’approcher l’Everest sans quitter la mesure de la marche. On ne gravit pas le sommet, mais on entre progressivement dans son univers : vallées, villages, monastères, moraines, glaciers, sommets voisins et lumière d’altitude. C’est cette progression, autant que la destination finale, qui donne au trek toute sa force.

