Terre de contrastes et de verticalité, le Pakistan est un pays singulier qui concentre tout ce qui permet de vivre un voyage pleinement : l’altitude, l’engagement, la rencontre. Des géants du Karakoram aux plaines du Sindh, des peuples montagnards aux civilisations de l’Indus et des grands empires d’Asie, il offre un regard humain, culturel et géographique rare. Depuis plus de trente ans, Tamera explore ces territoires avec passion, à travers des itinéraires forts : grande traversée du pays du nord au sud, trek d’exploration autour du Nanga Parbat avec Laurent Boiveau, itinéraire sur le glacier du Baltoro jusqu’aux camps de base de plusieurs 8 000, ou encore périple sur la Karakoram Highway, d’Islamabad à Kashgar, en Chine. Cette diversité se retrouve dans notre sélection de voyages d’aventure et treks au Pakistan, pensés pour celles et ceux qui souhaitent découvrir une facette plus rare de l’Himalaya et de ses contreforts.
Ces voyages sont exigeants, accompagnés par des spécialistes du terrain, et conçus pour approcher le Pakistan dans toute son ampleur : hautes montagnes, vallées reculées, routes historiques, villages, glaciers, peuples minoritaires, sites anciens et régions du sud encore trop peu connues.
Grande traversée du Pakistan du nord au sud
À l’automne, il devient possible de découvrir le Pakistan dans son intégralité. Pays de contrastes, entre le Nord, dominé par les géants de plus de 8 000 mètres et habité par de nombreux peuples ismaéliens, et le Sud, plus rural, mémoire de grandes civilisations d’Asie, le Pakistan compose un périple unique et ambitieux. Le mois d’octobre est le seul qui permette d’enchaîner ces deux parties.
En remontant la mythique Karakoram Highway, la KKH, on plonge dans une ambiance de haute montagne et de vallées. L’itinéraire traverse le plateau du Déosai, l’un des plus grands plateaux d’altitude, passe au pied de géants mondialement connus comme le Rakaposhi, à 7 778 mètres, et permet d’aller à la rencontre des peuples du nord du Pakistan aux cultures singulières : les Wakhis dans la vallée de la Hunza, les Shimshali de la vallée de Shimshal, ou encore le peuple kalash, païen et animiste. L’automne offre l’occasion de célébrer avec eux l’un des moments importants de leur calendrier.
Situé au fond de trois vallées étroites et isolées, Bumburet, Rumbur et Birir, sur la route qui mène à la frontière afghane, le peuple kalash continue de vivre selon ses traditions et ses croyances. Si les derniers chamans ont disparu depuis quelques années et que la modernité gagne du terrain année après année, les Kalash continuent d’honorer les fées, les dieux et les esprits bienveillants qui leur permettent de mener à bien leur quête d’abondance et leur vision cyclique de la vie. Chaque saison est ainsi l’occasion d’une intention : demander quelque chose aux dieux ou les remercier.

© Barbara Delière / Arlette Carlotti
Au solstice d’été, les Kalash célèbrent l’Uchal et les moissons, remerciant les dieux pour l’abondance du lait et des fromages. À l’automne, ils célèbrent le Prun, le vin et les vendanges. En hiver, lors du Chaumos, ils demandent que le cycle recommence. Au printemps, le Jochi célèbre le renouveau et le recommencement du cycle avec l’apparition des feuilles, des bourgeons et des fleurs. Lors du Prun, les petites filles sont les reines de la fête. Vêtues de robes très colorées, elles arborent des colliers en coquillages ainsi que des coiffes végétales composées d’œillets d’Inde et de cynorrhodons.
Puis la route se poursuit jusqu’à Karachi, à l’extrême sud du pays. Le voyage plonge alors dans l’histoire de territoires plus ruraux que le Nord, façonnés par l’influence de grandes civilisations et de grands empires, avec plusieurs sites méconnus classés au patrimoine mondial de l’Unesco. À proximité de la frontière indienne, Lahore porte l’empreinte majestueuse de l’Empire moghol, tandis que la cérémonie des drapeaux à Wagah rappelle la tension symbolique du seul poste-frontière terrestre entre le Pakistan et l’Inde. Les jardins de Shalimar évoquent la quiétude et le raffinement de l’Empire perse.
La traversée se poursuit à travers les provinces du Pendjab et du Sindh, entourées par les mystères de la civilisation de l’Indus, qui assure une continuité entre Harappa au Pendjab et Mohenjo-Daro dans le Sindh. Dans le Sindh, on approche aussi la culture soufie, version mystique de l’islam introduite au Pakistan il y a plus de mille ans, dont l’esprit imprègne des lieux comme Multan. Cette traversée du Sud permet de découvrir des paysages variés, de grandes étendues, des forts, des murailles et un autre visage du pays.
L’hiver offre une autre approche du monde kalash, avec les célébrations du Chaumos, toujours accompagnées par Barbara Delière, spécialiste du Pakistan qui entretient depuis de nombreuses années une relation intime avec les Kalash.

© Barbara Delière
D’Islamabad à Kashgar, sur la mythique Karakoram Highway
La route qui relie Islamabad, capitale pakistanaise, à Kashgar, dans la région chinoise du Xinjiang, ancien Turkestan, occupe une place importante dans l’imaginaire des grands itinéraires d’Asie centrale. Longue de plus de 1 300 kilomètres, cette route stratégique a été coréalisée par les armées chinoise et pakistanaise entre 1966 et 1978. Empruntant une partie des anciens itinéraires de la route de la Soie, elle avait pour objectif principal d’ouvrir la Chine vers l’ouest et de désenclaver la région du Xinjiang.
La réouverture de cette route permet de relancer un voyage mythique à travers les paysages grandioses du Karakoram. L’itinéraire franchit le célèbre col du Khunjerab, à 4 693 mètres, avant de redescendre vers la Chine. C’est une immersion unique au pied de sommets enneigés et de massifs vertigineux. Au Pakistan, la route passe à proximité du Rakaposhi, à 7 788 mètres, et du Nanga Parbat, à 8 127 mètres, l’un des quatorze 8 000. Côté chinois, elle rejoint le lac Karakul, situé à 3 800 mètres d’altitude, avec en toile de fond l’imposant « père des montagnes de glace », le Mustagh Ata, à 7 595 mètres. En reprenant la route vers Kashgar, on passe également non loin du mont Kongur, à 7 719 mètres.
À l’itinéraire initial s’ajoute la découverte de la mystérieuse arche de Shipton. Cette magnifique arche naturelle, haute de plus de 450 mètres, se situe dans la préfecture autonome kirghize de Kizilsu, au nord-ouest de Kashgar, près du village d’Artush, à environ 2 900 mètres d’altitude. Son approche, à l’entrée de canyons profonds et labyrinthiques, était autrefois extrêmement difficile. Dévoilée aux Occidentaux en 1947 par l’alpiniste et consul britannique Eric Shipton dans son ouvrage Mountains of Tartary, l’arche tombe ensuite dans l’oubli jusqu’en 2000, lorsqu’elle est redécouverte par une expédition du National Geographic. Aujourd’hui, son accès est aménagé et permet une approche sécurisée.

© Barbara Delière / Franck Charton
Trek exceptionnel autour du Nanga Parbat
Forts d’un trek de reconnaissance en 2023, et toujours guidés par Laurent Boiveau, les itinéraires autour du Nanga Parbat illustrent parfaitement l’engagement de Tamera au Pakistan. Ce trek original et ambitieux conduit vers les somptueuses vallées isolées du Nord, dans un massif majeur du pays, avec en toile de fond l’imposant Nanga Parbat, à 8 125 mètres. Son nom signifie « montagne nue » ; il est aussi parfois appelé Diamir, le « roi des montagnes ».
Situé à l’extrême nord-ouest de l’Himalaya, le Nanga Parbat est le seul sommet de 8 000 mètres à ne pas faire frontière avec la Chine, ce qui rend unique la possibilité de découvrir toutes les faces de ce géant majestueux. Faire le tour de ce 8 000, neuvième plus haut sommet du monde, fait partie des plus beaux treks au Pakistan.
En empruntant les vallées qui l’entourent, l’itinéraire franchit successivement pas moins de quatre cols autour de 5 000 mètres d’altitude et évolue dans une belle ambiance de haute altitude, composée de parois, de glaciers, d’arêtes rocheuses, théâtres des tragédies et des conquêtes d’un sommet grandiose. En chemin, les rencontres avec les bergers et leurs troupeaux rappellent que ces vallées restent habitées et parcourues.
Pour Laurent Boiveau, spécialiste de l’Himalaya et guide de ce voyage : « Ce trek autour du Nanga Parbat représente un gros challenge, rarement réalisé. Pour prendre part à cette expédition engagée de 25 jours, il faut être rodé à un terrain qui bien souvent n’a pas de chemins, être à l’aise dans des pierriers peu avenants où la neige peut devenir piégeuse. Présenté comme cela, c’est sûr que cela ne fait pas rêver ! Mais le Pakistan reste et restera très sauvage. En contrepartie, vous êtes sûr de vivre une aventure, je dirais même... l’Aventure… Je ne connais pas personnellement de trek plus compliqué et plus engagé. Il permet aussi d’entrer dans le "club fermé" des trekkeurs qui osent partir à la découverte. Un petit plus que j’apprécie toujours ».
Baltoro, Shimshal et grands sommets du Karakoram
Le Pakistan permet aussi d’approcher plusieurs des plus grands sommets de la planète par le glacier du Baltoro. L’itinéraire vers les camps de base de quatre 8 000, le K2, à 8 611 mètres, le Broad Peak, à 8 051 mètres, le Gasherbrum I, à 8 080 mètres, et le Gasherbrum II, à 8 035 mètres, peut se prolonger par une boucle via le col de Gondogoro, à 5 625 mètres. Une version moins engagée est également possible avec un aller-retour par Concordia et le glacier du Baltoro.
Pour celles et ceux qui recherchent un trek plus minéral et plus sauvage, la région de Shimshal offre une autre approche, avec la possibilité de tenter l’ascension d’un 6 000 peu technique, le Mingili Sar. Ces itinéraires rappellent la densité exceptionnelle du Pakistan pour les amateurs de grands reliefs, de glaciers, de vallées isolées et de hautes montagnes.

© Laurent Boiveau
Une autre facette de l’Himalaya
Le Pakistan rassemble des mondes très différents : les géants du Karakoram, les vallées ismaéliennes du Nord, les villages kalash, les traces de la route de la Soie, les cols de haute altitude, les glaciers du Baltoro, les sites de l’Indus, les villes mogholes, les cultures soufies du Sud et les routes conduisant vers la Chine. Cette diversité donne au pays une place singulière dans l’univers des grands voyages himalayens.
Trente ans d’exploration permettent d’y revenir avec des itinéraires rares, pensés pour approcher le Pakistan dans son ampleur géographique et humaine. Du nord au sud, des glaciers aux plaines, des vallées animistes aux mausolées soufis, des 8 000 aux routes historiques, chaque voyage révèle une part différente d’un pays qui demeure l’un des plus puissants terrains d’aventure d’Asie.

