04 mars 2014 - Inde, Himalaya et Inde, Tibet

Bruno Paulet compte parmi les meilleurs connaisseurs de la Haute Asie. Deux ou trois fois par décennie, il emmène un petit groupe de participants triés sur le volet vers ces régions qu'il explore depuis des années. Lors d'une conférence, il a présenté en images deux de ses treks et voyages d'aventure au Tibet, entre le Xinjiang chinois et le Tibet, puis son passage par le Pamir tadjik, aux confins des grandes routes de trekking d'Asie centrale, avant de raconter son ascension du Kunlun, qui a bien failli être une première mondiale.


Nous revenons ici sur le principal temps fort de cette conférence : l'approche puis l'ascension du Kunlun Goddess, sommet de l'une des chaînes de montagnes les plus méconnues au monde. Malgré ses trois mille kilomètres de longueur et son existence attestée dans la mythologie chinoise, la chaîne des Kunlun reste largement inexplorée. Bordée au nord par le grand désert du Taklamakan et au sud par le plateau tibétain du Changthang, elle culmine pourtant à plus de 7 000 m et compte de nombreux sommets à plus de 6 000 m. Les voies d'accès y sont rares, et obtenir un permis relève de la gageure.

Pour l'approche, mieux vaut choisir légèreté et discrétion. Bruno Paulet s'en est fait une spécialité, seul ou avec des compagnons choisis : exploration des contreforts du massif de l'Altyn Tagh, traversée de la chaîne principale par le col historique mais aujourd'hui abandonné de Sanju (5 360 m), ou approche par le col de Keriya. Parmi ces expéditions, il tente l'ascension du Kunlun Goddess (35°19 N, 80°55 E), point culminant de la chaîne, dont l'historique reste flou : une équipe japonaise y serait passée dans les années 1980, puis plus rien. Une première reconnaissance a lieu en 2005 avec Jacques Raymond, qui partage le même goût des blancs de la carte. Une tentative suit en avril et mai 2006, rejointe par Christian Trommsdorff, guide réputé de Chamonix. Dans un Land Cruiser surchargé, l'équipe traverse tout le Tibet depuis Lhassa : la route mène vers le Changthang, puis 200 kilomètres hors piste sont nécessaires pour établir un camp de base au pied du glacier, à 5 300 m. Une reconnaissance menée sous le mauvais temps permet d'identifier un passage en bordure de glacier, donnant accès à un grand champ de neige qui conduit aux pentes sommitales.

Le 6 mai 2006, Christian Trommsdorff et Bruno Paulet atteignent en style alpin le sommet à 6 980 m. Ils découvrent alors que le point culminant se trouve au bout d'une longue arête sur laquelle ils ne peuvent s'engager, le mauvais temps menaçant déjà. La suite de l'histoire reste à écrire, entre l'attrait croissant des Chinois pour l'alpinisme et les méandres des régulations changeantes de l'Empire du Milieu.

Ce goût de l'inexploré, on le retrouve aujourd'hui dans nos treks et voyages d'aventure au Tibet, sur les traces des nomades du Changthang et à la rencontre des peuples traditionnels des hauts plateaux.

              

 

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