En février 2013, nous avons accompagné un groupe pour découvrir en immersion la célèbre et mythique Kumbh Mela, la plus grande des fêtes indiennes. Nous en avons profité pour découvrir aussi des célébrations de Teyyam dans le nord du Kerala et une fête dans le nord de l'Orissa. La thématique des fêtes est au cœur de notre programmation indienne.
La Kumbh Mela à Allahabad (aujourd'hui Prayagraj)
Qu'est-ce que la Kumbh Mela ?
La Kumbh Mela a lieu tous les trois ans environ dans l'une des quatre grandes villes saintes de l'hindouisme : Haridwar, Allahabad (aujourd'hui renommée Prayagraj), Nasik et Ujjain, selon un calcul astrologique complexe, propre au calendrier hindou, qui ne correspond pas à notre calendrier occidental. C'est cette fête, l'une des plus grandes manifestations religieuses de la planète, que nous proposons de découvrir en immersion dans notre voyage Immersion dans la Kumbh Mela, plus grande fête du monde.
La traduction littérale de Maha Kumbh Mela est « le grand festival du pot du nectar ». D'après la légende hindouiste, Dhanvantari, avatar du dieu Vishnou, est sorti de l'océan avec dans ses mains un pot de nectar. Dieux et démons se battaient constamment pour la possession de ce précieux liquide, et douze gouttes tombèrent ainsi du pot à douze endroits du monde. Quatre de ces lieux se trouvent en Inde : Ujjain, Nasik, Haridwar et Allahabad/Prayagraj.
C'est l'un des plus grands rassemblements religieux du monde, qui se déroule lorsque la planète Jupiter entre en Verseau alors que le Soleil entre en Bélier. Des dizaines de millions de pèlerins et surtout de sadhus y participent pendant quatre mois, venant faire leurs ablutions dans le Gange afin de se purifier de leurs péchés.

Arrivée à Allahabad la veille du jour le plus important
Nous arrivons à Allahabad la veille du jour le plus important, Mauni Amavasya Snan, qui avait lieu le 10 février cette année-là. Malgré une réservation des billets de train plus de quatre mois avant le départ, nous n'avons pas réussi à avoir la confirmation des places pour tout le groupe, et avons donc été contraints de faire le voyage par la route. Nous arrivons ainsi à Allahabad le 9 février au matin, la veille du grand bain. Tout est très contrôlé et nous ne pouvons pas accéder en véhicule dans le campement où se trouve notre logement. Il nous faut y aller à pied, long trajet avec tous les bagages entassés sur un rickshaw, au milieu d'une foule dantesque, alors qu'on n'est encore que le matin d'un jour normal, même si à la veille d'un jour très important.

Séjour en immersion au sein de la Kumbh Mela
Nous sommes hébergés au camp 4, déjà immense en lui-même, dans l'enceinte d'un lieu géré par un gourou. Dormir là nous permet d'être installés au cœur du site, sans avoir à faire des kilomètres inutiles en aller-retour depuis un hôtel de la ville, forcément très excentré par rapport au site.
Cette immersion nous a permis aussi d'être au cœur de l'événement et de pouvoir suivre le char du gourou de notre campement jusqu'au bord du Gange, où il allait faire ses ablutions. Notre badge d'accès, lié au gourou, nous a permis d'approcher à plusieurs reprises les grands bains et d'être présents quand des centaines de sadhus nagas, nus et le corps couvert de cendres, se sont précipités vers le fleuve.
L'intérêt est aussi dans le spectacle permanent offert par ces immenses foules colorées et bigarrées, et tous ces groupes de sadhus, visiblement près d'un million à venir de toute l'Inde pour participer à cet événement.


Les célébrations de Teyyam au nord du Kerala
En février de cette même année, nous avons donc couplé la découverte de la Kumbh Mela d'Allahabad avec des célébrations de Teyyam au nord du Kerala et une fête, le Joranda festival, au nord de l'Orissa.
Qu'est-ce que le Teyyam ?
Lors des cérémonies de Teyyam, des populations « intouchables », descendantes des aborigènes dravidiens qui vivent au sud de l'Inde depuis le néolithique, se métamorphosent en dieux pour prodiguer bienfaits et protection aux populations locales, selon un rite ancestral. Cela permet de contourner l'interdiction d'accès aux temples qu'ont les « intouchables » en temps normal, à cause du système rigide des castes.
D'un bourg à l'autre, le Teyyam offre des variantes, soit dans les costumes des participants, soit dans le déroulement de la cérémonie, qui peut durer d'une seule nuit à trois jours. Lors de certains de ces Teyyam, « l'Homme-Dieu » (Komoran), après avoir absorbé un breuvage secret, doit se jeter dans les braises, le corps enduit de pâte de riz pour atténuer la morsure du feu, et vêtu de feuilles de palme tressées. Ce sont les prêtres qui veillent à le retirer des braises pour éviter qu'il ne se consume, aveuglé par sa transe. Livrer ainsi son corps au feu a pour but de communiquer avec les dieux et les esprits supérieurs, ainsi que d'exorciser et de guérir.
Le maquillage de ces « Hommes-Dieux » est étonnant et coloré. Très minutieux et codé, il contribue à l'identification du dieu interprété. Le Teyyam est ainsi partie intégrante de la vie sociale et religieuse des castes inférieures de cette région. C'est un peu l'art sacré des « intouchables », qui leur sert d'exutoire tout en étant subordonné à la religion hindouiste officielle, soudant ainsi cette communauté depuis des millénaires.

Accès par le sud du Karnataka
Pour accéder au nord du Kerala, nous sommes passés par le sud du Karnataka, où nous avons découvert le temple de Mettekattu, grand centre du culte des Bhuta. Ce sont des esprits, dont on trouve des représentations colorées sous forme de statues, parfois assez grandes. Dans le cadre des cérémonies orchestrées par les grands prêtres du culte, il y a une certaine ressemblance avec les Teyyam du nord Kerala, tout proches.
Autres parcours avec des fêtes en Inde
Outre la Kumbh Mela et les cérémonies de Teyyam, nous organisons de nombreux voyages liés à des fêtes en Inde, que ce soit dans l'Inde himalayenne (fêtes de monastères au Ladakh, Zanskar, Spiti, nouvel an ladakhi), en Arunachal et au Nagaland (Hornbill, Chingdang, Aoeling, Myoko...), mais aussi au Rajasthan (Pushkar), au Gujarat (Tarnetar, Ravechi, Shamlaji, Chitra Vichitra...), en Orissa (Rath Yatra, Joranda...), au Tamil Nadu (Pongal, Thaipusam...), et même à Amritsar chez les Sikhs (Baisakhi), ou lors de la grande foire annuelle de Sonepur, près de Patna. Il y a aussi la Sagar Mela, dans le delta du Gange, non loin de Calcutta, en janvier.
En plus des fêtes sur lesquelles nous avons calé des départs, il y en a bien d'autres dans ce vaste pays qu'est l'Inde. Nous organisons régulièrement des départs liés à des fêtes et pèlerinages de toute sorte pour des couples, groupes d'amis ou familles.

