13 septembre 2018 - Indonésie, Peuples et fêtes, Asie du sud-est et Pacifique

© images d'Olivier Lelièvre et Eric Bonnem

 

L’immersion chez les Mentawaï de l’île de Siberut, en Indonésie, est une spécialité de Tamera depuis le début des années 2000. Grâce à notre réseau d’experts, et notamment grâce à Olivier Lelièvre et ses contacts locaux, nous sommes devenus proches de ces hommes qui vivent en harmonie avec la nature et les esprits. À Siberut, cette rencontre avec les “hommes-fleurs” ouvre l’un des visages les plus singuliers de nos voyages en Indonésie.

Les Mentawaï se parent de tatouages et de fleurs afin de plaire à leur âme, d’où leur magnifique surnom d’“hommes-fleurs”. Les Sikkerei, chamans mentawaï, ont un rôle central dans la vie quotidienne de ce peuple où tout repose sur l’harmonie. Tous les participants à nos voyages d’immersion reviennent profondément touchés par cette rencontre unique.

Ceux que nous allons rencontrer sont des clans traditionnels, dont il existe au total une trentaine dans la forêt de Siberut. Ces paisibles hommes de la forêt sont tellement exceptionnels que nous avons décidé de leur consacrer plusieurs nouvelles, afin de mieux faire connaître leur univers.

 

Vers la région des Sakuddei

Nous avions réactivé un projet de traversée en trek de l’île de Siberut, depuis les régions du centre de l’île où nous emmenons régulièrement nos voyageurs, pour rejoindre la côte ouest, battue par les vents venant de l’Antarctique.

Cette région est habitée par les Sakuddei, clan mentawaï moins approché que les autres, car plus éloigné, et qui a plutôt tendance à refuser l’accès à ses villages. L’idée était de faire ce voyage en compagnie de plusieurs Sikkerei, appartenant aux principaux clans chez qui nous nous rendons régulièrement.

Ce projet relevait d’une véritable expédition engagée, au cœur de la forêt centrale de l’île, sur des sentes de chasseurs, avec l’usage de la machette pour se frayer un chemin dans des terrains souvent très boueux, glissants et hostiles. Il n’existe pas d’autre accès évident par la forêt vers cette région.

 

Projets de scolarisation et actions de développement

Nous avons également souhaité participer à des projets de scolarisation spécifiques, notamment pour certains jeunes Mentawaï, enfants de Sikkerei, afin de leur permettre de poursuivre des études supérieures. Les dépenses liées à ces études sont souvent trop élevées pour les familles, alors même que ces jeunes en ont besoin pour se préparer aux excès du monde moderne.

Les frais d’études mentionnés dans le projet étaient relativement modestes, autour de 750 euros par an et par étudiant, incluant les frais de scolarité, le matériel scolaire, l’hébergement à Padang et la nourriture. Restait alors à préciser la manière de construire ce financement : don, participation liée aux voyages ou financement participatif.

 

Nos immersions chez les Mentawaï

Le climat de Siberut est plutôt équatorial, la ligne de l’Équateur passant à seulement une centaine de kilomètres plus au nord. Il est donc possible d’y aller toute l’année, même s’il peut pleuvoir un peu n’importe quand. Les pluies sont toutefois généralement plus marquées entre novembre et mars.

Nos immersions se font en très petits groupes, afin de ne pas être trop intrusifs. Le programme classique prévoit cinq à six jours sur place, mais cette durée peut être adaptée selon l’envie, le rythme du voyage et les possibilités locales.

L’objectif n’est pas seulement d’observer, mais de prendre le temps d’être là, d’approcher un mode de vie forestier, d’écouter, de partager des moments simples, et de comprendre le rôle des Sikkerei, la place des esprits, des tatouages, des fleurs, des rituels et de l’équilibre entre les êtres humains, la forêt et le monde invisible.

Un dernier voyage en images

Lors d’un dernier voyage, notre collègue Eric était avec les hommes-fleurs au mois de juillet et en a rapporté un court film. Les chants du début et de la fin avaient été enregistrés par Anne Pastor, journaliste à France Inter, partie avec Tamera quelques années auparavant, et qui en avait rapporté un magnifique reportage radiophonique.

Ces images et ces sons prolongent l’émotion d’une rencontre rare : celle d’un peuple forestier dont la beauté tient autant à l’apparence qu’à la relation intime entretenue avec les esprits, les plantes, les clans et l’île de Siberut.