Notre ami Henri Bourgeois-Costa partage avec nous sa passion du kayak de mer, vecteur de déplacement proche de la randonnée, d’aventure, de plaisir et d’émotions.
Henri pratique depuis une quinzaine d’années le kayak de mer, dont il est devenu un pratiquant chevronné et toujours passionné. Il est également un excellent trekker, toujours avide de grandes traversées loin, très loin des sentiers battus.
Dans nos voyages en terres polaires et dans les régions du Nord, entre kayak de mer, itinérance, observation et bivouac, cette embarcation retrouve toute sa dimension d’itinérance nordique : avancer au fil de l’eau, lire la météo, observer la faune et installer le bivouac dans des paysages où la mer devient le chemin.
De la randonnée au kayak de mer
Le kayak de mer, « k-mer » pour les intimes, est, comme son nom l’indique, une embarcation marine. Sa grande taille, jusqu’à six mètres, lui permet de se déplacer rapidement et de garder un cap.
Insubmersible du fait de ses cloisons étanches, il a un caractère si marin que les autorités françaises lui octroient le droit de s’engager dans des traversées jusqu’à 21 kilomètres en mer, soit près de deux fois la traversée Corse-Sardaigne.
Doser son effort et couvrir de belles distances
Le plaisir du kayak de mer n’est pas dans ces grandes traversées en pleine mer, qui demandent un moral d’acier et ne sont accessibles qu’aux kayakistes très chevronnés.
Non, le plaisir se trouve amplement dans la navigation côtière, qui s’apparente fortement à la randonnée pédestre. La randonnée nous est naturelle ; il faudra prendre un peu patience pour maîtriser l’embarcation et s’y sentir comme un poisson dans l’eau. Mais le plaisir et la passion viennent vite.
À l’image de sa parente terrestre, la « randonnée » en kayak demande un effort lent, régulier, n’engendrant pas de contraintes physiques trop importantes. L’énergie mise en kayak de mer pour couvrir 15 miles nautiques, soit environ 27 kilomètres, est proche de celle nécessaire à une balade à pied de 15 kilomètres.
Le kayak de mer pour partir à l’aventure
Pour poursuivre la comparaison, on peut tout autant envisager de belles randonnées à la journée que partir pour un séjour de deux à trois semaines.
La différence, sur ce point, réside dans la possibilité d’embarquer bagages et nourriture à bord, grâce à un volume de rangement gigantesque dans les caissons avant et arrière, et une capacité de charge souvent supérieure à 40 kilos.
Alors s’offre le plaisir de la découverte, sans la contrainte du portage ni de l’armada d’animaux de bât auxquelles sont habitués les marcheurs. L’orientation à l’aide de cartes, la prise de la météo, la préparation d’un « fond de sac » avec vivres et vêtements chauds achèvent la comparaison avec la randonnée pédestre.
Des émotions fortes et des points de vue complémentaires
Parler des plaisirs propres au kayak de mer, c’est évoquer les points de vue inédits sur les paysages littoraux, sur une géologie mise à nu par les vagues.
Parler des plaisirs du kayak de mer, c’est évoquer la rencontre avec la faune marine : ces navigations avec les fulmars, curieux oiseaux marins de l’Atlantique Nord, ces coups de pagaie en compagnie des narvals dans un fjord de l’est groenlandais, l’observation des grands dauphins dans le parc national des Calanques, ou la rencontre avec les phoques gris de Bretagne ou de Baltique.
Les plaisirs du kayak, ce sont également ces instants de préparation de la navigation du lendemain, au bivouac, dans une petite crique déserte ou sur une plage de sable fin.
Parler des plaisirs du kayak, c’est chercher à exprimer l’indicible des émotions personnelles devant un paysage, le parfum des plantes sauvages, le plaisir des rencontres et des discussions au bivouac.
Le kayak de mer est ainsi une autre manière de randonner : plus lente, plus silencieuse, plus proche des éléments. Une façon d’avancer au ras de l’eau, avec la mer pour chemin.
Est groenlandais, exploration intégrale du fjord Sermilik

