À celui qui aime prendre son temps pour voyager et faire des rencontres ; à celui qui aime se déplacer à l’aide de sa propre énergie, le canoë et le kayak offrent une même expérience de voyage au fil de l’eau, une même opportunité de découverte du monde à la pagaie.
Mais bien que nés presque concomitamment, il y a 4 000 ans, la comparaison s’arrête là. Il n’y a en effet pas de « canoë-kayak » : les deux embarcations diffèrent par de nombreux points.
Apparu sur les côtes arctiques, le kayak conserve dans nos voyages en terres polaires et boréales une partie de son imaginaire originel : celui des fjords, de la navigation au ras de l’eau et des peuples qui ont façonné cette embarcation marine pour se déplacer, chasser et vivre avec la mer.
Le kayak, une embarcation née dans les mondes arctiques
Apparu sur les côtes arctiques, le kayak est une embarcation marine originellement utilisée par les peuples autochtones du Groenland, des Aléoutiennes et de l’Alaska. Il était destiné à la chasse aux phoques et à la baleine.
Embarcation fermée, rase sur l’eau, avec laquelle l’usager assis fait corps, le kayak est propulsé, dirigé et équilibré avec une pagaie à deux pales. Cette relation très directe entre le pagayeur, l’embarcation et l’eau explique en partie la précision et la finesse de sa navigation.
Construit traditionnellement à partir de peaux cousues et tendues sur une structure en bois, le kayak a vu sa forme évoluer selon les époques et les régions. Mais ses traits principaux, tout comme son nom inuit qajaq, se sont perpétués jusqu’à aujourd’hui.
Le canoë, héritier des peuples amérindiens
Le canoë tel que nous le connaissons nous vient, pour sa part, des peuples amérindiens. Le mot ka-no-a signifie « flotter sur l’eau » en langue arawak.
Contrairement au kayak, le canoë est une embarcation ouverte. Il se pratique en position assise haute ou un genou au sol, avec une pagaie à une seule pale. Traditionnellement, il était construit à partir de peaux ou d’écorces de bouleau tendues sur une structure de bois.
Destiné aux lacs et aux grandes rivières, le canoë servait à la pêche, au transport des fruits de la chasse, des marchandises et des hommes. Il répondait donc à d’autres usages, dans d’autres milieux, avec une autre manière de se placer dans l’embarcation et de manier la pagaie.
Deux embarcations, deux histoires
Si l’usage des navires à moteur par les peuples premiers provoqua peu à peu l’abandon du kayak et du canoë dans certains contextes traditionnels, le développement de la société des loisirs leur donna un second souffle à partir des années 1970.
Explorateurs intrépides et acteurs de l’éducation populaire : tout particulièrement l’auberge de jeunesse de Paimpol pour le kayak en France contribuèrent au développement de la pratique et à l’émergence d’embarcations plus confortables, plus accessibles et plus sécurisantes.
Depuis les années 1990, ces activités connaissent un nouvel essor. Kayak et canoë continuent de partager un même plaisir du déplacement à la pagaie, mais ils gardent chacun leur histoire, leur logique, leur posture, leur technique et leur imaginaire.
Alors, ne dites plus « canoë-kayak » comme s’il s’agissait d’une seule et même embarcation. Dites canoë, ou dites kayak : deux manières de voyager au fil de l’eau, mais deux mondes bien distincts.
Cap Horn et canaux de Patagonie sur un voilier

