02 juin 2014

Les Rencontres Tamera ont le rythme dans la peau. Pour les 20 ans de l’agence, nous retrouvons le groupe que nous avons tous tant aimé : Nabil Baly, originaire de Djanet, aux portes du désert algérien. Dans l’univers des treks et voyages dans le Sahara, cette musique touarègue résonne comme une autre façon d’approcher le désert, par les voix, les cordes, la mémoire et le partage.

Leur histoire

Le groupe Nabil Baly s’articule autour de Nabil Othmani. Comme tous les Touaregs, Nabil est nourri de sa culture, de son patrimoine et de son environnement. Il est aussi le digne héritier d’une famille de musiciens reconnus, dont Baly, son père, poète et joueur de oud réputé.

Nabil a appris le oud en écoutant son père, qui lui a également offert sa première guitare. Il avait treize ans. Le talent a fait le reste. Tour à tour joueur de oud ou de guitare, Nabil compose, crée et commence à écrire sa propre histoire musicale.

Il fonde ainsi son propre groupe avec deux amis guitaristes et percussionnistes de Djanet, aux portes du désert algérien. Ensemble, ils s’inscrivent dans la mouvance des groupes touaregs contemporains tout en développant un univers très personnel.

Leur musique témoigne à la fois de leur culture, de leur identité touarègue, dont ils sont profondément imprégnés, et de leur appartenance au Maghreb. Ce qu’ils jouent reflète ce qu’ils sont : issus d’un peuple, d’une tradition, vivant sur un territoire arabe mais de culture touarègue, situé à la croisée du Maghreb et de l’Afrique noire.

À notre époque, où la musique se diffuse, se mêle, s’enrichit et se nourrit des partages, leur répertoire voyage entre pur tinde traditionnel, chanson arabo-andalouse, chaabi algérien et blues du désert. Ils n’oublient pas pour autant le répertoire oud hérité de Baly, qu’ils perpétuent lors de concerts en formation trio.

Dans l’un comme dans l’autre de ces répertoires, le chant occupe une place importante. Toujours en tamasheq, la langue des Touaregs quel que soit le pays où ils vivent, il se réfère aux valeurs ancestrales de leur culture et révèle la tradition orale sur laquelle Nabil s’appuie pour ses compositions.

Nabil Othmani en concert avec son groupe touareg

Écoutée par toutes les générations chez les Touaregs, cette musique, qu’elle emprunte au répertoire guitare ou à celui du oud, témoigne de leur identité de manière profonde.

Musicien touareg jouant du oud

Une tournée internationale

En 2013, le groupe a fêté le nouvel an berbère à Tizi Ouzou, joué à Lyon, Marseille, Arles, Fribourg, Paris et Alger, participé aux festivals “Quand les souris dansent” à Lyon, “Sirocco” à Perpignan, “On dirait le Sud” à Grenoble et au “Festival des Nomades” au Maroc. Il a également joué au concert pour la paix à Niamey, au Niger, et fait partie de “La Cuvée Grenobloise”.

Nabil Baly a ensuite mené une tournée dans le Sud-Ouest de la France, joué “Aux Suds” d’Arles, puis pour la première fois en Grande-Bretagne, à Londres. Le groupe s’est aussi produit lors des Rencontres Tamera, à l’auberge La Bicheronne, pour les 20 ans de l’agence.

Concert du groupe Nabil Baly lors des 20 ans de Tamera

Un message de paix et de partage

En ces temps troublés dans la zone saharienne, et parce que les amalgames sont vite faits, Nabil Baly a plus que jamais à cœur de faire connaître sa culture, dans un message de paix et de partage.

À travers le oud, la guitare, le chant en tamasheq et les rythmes du désert, le groupe transmet une identité touarègue vivante, enracinée dans une tradition orale forte et ouverte aux rencontres musicales d’aujourd’hui.