26 mai 2016 - Pakistan, Peuples et fêtes, Himalaya et Inde

Jérôme a emmené un petit groupe de passionnés à la rencontre d’un peuple animiste isolé, habitant dans des recoins oubliés des hautes vallées de l’Hindu Kush, à l’ouest de Chitral : le peuple Kalash.

Parmi nos voyages au Pakistan à la rencontre des peuples, fêtes et vallées de l’Hindu Kush, certains itinéraires ouvrent les portes des vallées kalash lors de grandes célébrations comme Joshi, fête de printemps qui honore les fées et protège les chèvres et leurs bergers.

Tout le monde participe en grand costume de fête. Les femmes et les jeunes filles de toute la vallée se réunissent pour décorer leurs maisons. On partage des vins locaux ainsi que différents produits à base de lait. Jérôme livre ici ses impressions à chaud sur ce lieu totalement coupé du monde.

 

Un peuple étonnant

Le Pakistan est un pays à immense majorité musulmane. Malgré cela, le peuple Kalash, fort de seulement quelques milliers d’âmes, continue d’exister dans des vallées isolées du massif de l’Hindu Kush, avec des traditions animistes singulières.

Au lieu de disparaître, il connaît même une forme de renouveau culturel. Le Pakistan aurait intérêt à mettre en avant ce peuple Kalash pour redorer son image fortement négative.

Nous en avons discuté avec des autorités provinciales, notamment de la famille royale de Chitral, et elles semblent sensibles à cette question.

 

Costumes, danses et ambiance festive

D’un village à l’autre, on sent l’ambiance festive monter. Chacun va chercher du lait avec son petit bidon. Il y a des cérémonies et des danses matinales dans les villages, puis tout le monde se déplace vers le lieu où se déroule la grande fête.

Il y a un monde fou et la foule joue des coudes. Les touristes pakistanais sont nombreux, de toutes origines, chiites, sunnites, chrétiens, venus de Peshawar, de Lahore ou d’ailleurs. Tous sont ravis de voir des étrangers. Les selfies se multiplient.

 

Les costumes des femmes Kalash sont très colorés. Elles dansent par petits groupes qui virevoltent, dans un sens puis dans l’autre, tandis que des hommes sont réunis au centre et se racontent des histoires de héros anciens du peuple Kalash.

Des hommes dansent au milieu des femmes, brandissant un bâton ou une hache et poussant des « Ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah » gutturaux.

 

Questions de sécurité

Jamais nous ne nous sommes sentis en insécurité ou mal reçus par les populations que nous avons rencontrées, aussi bien chez les Kalash qu’à Chitral, Islamabad ou Lahore.

Nous n’avons pas ressenti d’intégrisme religieux exacerbé, même à la grande mosquée d’Islamabad. Le Pakistan jouit d’une mauvaise image vue de l’extérieur, largement entretenue par les médias.

On peut découvrir de nombreuses régions du pays en toute sécurité, comme un touriste chinois le ferait en voyageant en France. Il faut relativiser les choses. Nous ne sommes pas plus en insécurité au Pakistan qu’en Inde. Nous avons d’ailleurs traversé la frontière entre les deux pays à deux reprises.

 

Autres fêtes au Pakistan

D’autres fêtes sont célébrées par les Kalash et il est possible d’imaginer des voyages permettant d’y assister.

Le Pakistan compte aussi d’autres temps forts culturels, notamment dans la région du désert de Cholistan, en face du désert indien du Thar, avec des festivals soufis à Multan et la découverte des vestiges moghols de Lahore, Bahawalpur et d’autres villes.

Une grande fête annuelle a également lieu dans la vallée de Shimshal, au nord de la vallée de la Hunza.

Entre fêtes kalash, traditions animistes, vallées de l’Hindu Kush et grandes régions culturelles du Pakistan, ces voyages ouvrent une autre image du pays, plus humaine, plus complexe et plus vivante.