Journaliste, grand reporter et grande voyageuse, Anne Pastor allie engagement et passion du voyage en partant à la rencontre des populations autochtones. Elle a réalisé ou produit plus d’une quarantaine de documentaires autour de ces peuples, auxquels elle donne la parole pour sensibiliser le reste du monde.
Au fil des années, Anne est devenue une experte des peuples traditionnels. Elle n’a pas son pareil pour capter, dans son petit enregistreur, des ambiances de l’Ailleurs qui nous transportent inévitablement. Cette écoute attentive rejoint l’esprit de nos voyages peuples et fêtes à la rencontre des cultures traditionnelles, où la parole, le son, la mémoire et la transmission comptent autant que les paysages traversés.
Rencontres et transmission
© Tui Anandi / En terre indigène
D’aussi loin qu’elle se souvienne, Anne a toujours eu le “virus” du voyage. Probablement à cause ou grâce à une mère agrégée en lettres classiques qu’elle accompagnait à l’étranger deux ou trois fois par an pour visiter les ruines antiques.
Diplômée de l’Institut pratique de journalisme, Anne a été rédactrice en chef à l’agence Capa avant de réaliser de nombreux reportages radiophoniques pour Radio France, en particulier pour Claude Villers sur France Inter, dans les magazines Au détour du monde et Partir avec.
En 2010, elle produit une première série estivale de documentaires consacrée aux peuples premiers d’Asie, Voyage vers l’Asie, puis, à partir de 2011, aux peuples d’Amérique et d’Afrique avec Voyage en Terre Indigène. Au total, sur près de quinze ans, Anne a réalisé ou produit plus d’une quarantaine de documentaires sur les peuples autochtones, diffusés sur France Inter et France Culture.
En 2018, elle crée la plateforme La voix des femmes autochtones, conçue comme un espace de transmission, un lieu d’échanges et de découvertes autour de portraits sonores et photographiques de femmes autochtones, qu’elle réalise notamment sous forme de webdocumentaire.
La passion du son

© Misha Vallejo
La rencontre d’Anne Pastor avec Tamera date de son reportage en Indonésie chez les Mentawaï de Siberut et les Penan de Bornéo, il y a quelques années déjà. Elle nous fit alors entrer dans un univers sonore dont nous ne mesurions pas encore toute la puissance évocatrice.
Anne revient avec enthousiasme sur sa passion pour la radio, les voyages et les peuples traditionnels, dont elle ne cesse d’alerter le grand public sur la précarité de leur condition. Après En Terre Indigène, magazine radiophonique qui a rassemblé plus d’un million d’auditeurs sur France Inter, elle développe La voix des femmes autochtones, où elle rassemble des dizaines de portraits de femmes toutes plus exceptionnelles les unes que les autres.
Ces femmes luttent pour les droits de leurs enfants, de leur terre et donc pour l’avenir de leur peuple. À travers leurs voix, leurs récits et leurs présences, Anne Pastor propose une autre manière de rencontrer les peuples autochtones : non par le spectaculaire, mais par l’écoute.
Anne Pastor, la voix des femmes autochtones
La voix des femmes autochtones
Le travail d’Anne Pastor chemine dans la magie du son, souvent plus évocateur et plus juste que l’image. Il permet d’approcher des femmes autochtones qui portent une mémoire, une lutte, une langue, une relation au territoire et une vision du monde.
Sa démarche n’est pas seulement journalistique. Elle est aussi une forme de transmission : faire entendre celles que l’on entend peu, donner place à des récits longtemps marginalisés, relier les combats des femmes autochtones à ceux de leurs peuples, de leurs terres et de leurs enfants.
Dans cette continuité s’inscrit aussi Wayra Supai, “l’esprit du vent”, radio communautaire développée en pleine jungle d’Équateur par la communauté Sarayaku, avec le soutien de l’association En Terre Indigène, du département de Solidarité internationale de la Ville de Paris et de Secret Planet. La radio devient alors une arme de résistance et d’émancipation des peuples indigènes.
Une écoute du monde
Anne Pastor nous rappelle que le voyage peut aussi commencer par l’écoute. Derrière chaque voix enregistrée, il y a une femme, un peuple, une terre, une mémoire et une manière de se tenir au monde.
Son travail auprès des peuples autochtones, des Mentawaï de Siberut aux Sarayaku d’Équateur, montre combien le son peut ouvrir un espace de rencontre plus intime, plus fragile, mais aussi plus durable. Il ne s’agit pas seulement de voir l’ailleurs : il s’agit de l’entendre.

