Cambodgien d'origine et français d'adoption, Keat Tunier revient sur son parcours qui l'a amené à la photographie, passion qu'il partage lors de son voyage d'immersion cambodgienne. Prenons le temps de le découvrir et de comprendre sa philosophie, à travers cet entretien.
Bonjour Keat, pouvez-vous nous retracer rapidement votre parcours ? Qui êtes-vous ?
Je suis Cambodgien d'origine. Arrivé en France à 12 ans et adopté par une famille française après avoir vécu la période Khmers rouges, j'ai retrouvé ma famille cambodgienne et mon village natal en l'an 2000. C'était le plus beau voyage de ma vie. Depuis, j'ai deux familles et deux cultures à aimer et à partager.
Pourquoi avez-vous choisi la photo comme mode d'expression ?
La photo me permet d'immortaliser des instants sensibles et pleins de vie : une lumière rasante sur un lac fleuri des Alpes, une rixe entre marmottes, une scène de vie au marché, les jeux de miroir sur les gouttes de rosée, un sourire d'enfant…
C'est aussi pour moi un formidable outil de rencontre. Ainsi, avant de faire la photo d'une scène de pêche, je peux partager deux heures avec une famille sur un bateau… Faire une photo, c'est avant tout pour moi capter et partager une émotion.
Que ressentez-vous quand vous retournez au Cambodge ?
Un retour aux sources. J'aime retrouver l'ambiance, les parfums et les scènes de vie de mon enfance : les récoltes dans la rizière avec ma famille et les villageois, les écoliers qui se rassemblent sur les chemins…
Quels sont vos projets de voyage photo au Cambodge ?
J'aime particulièrement organiser des départs pendant la mousson, période où la pluie débarrasse le ciel de la pollution atmosphérique et donne des lumières très pures. C'est aussi la saison du repiquage du riz, qui crée une véritable effervescence humaine dans les campagnes verdoyantes.
Comment allez-vous faire partager votre passion lors de ce voyage ?
« À travers un parcours tout confort et en petit groupe l'expérience Tamera ! avec une immersion dans mon village natal. Les voyageurs peuvent associer, dans des conditions idéales, la découverte du Cambodge et l'initiation ou le perfectionnement aux techniques de la photo. L'organisation du séjour offre un timing pour être au « bon endroit à la bonne lumière ». Pour ma part, j'y apporte ma connaissance du pays et mon expérience des stages et reportages photo en France et ailleurs. »
Quel est le photographe que vous admirez le plus ? Pourquoi ?
Robert Doisneau, pour sa technique empreinte de patience et ses malicieuses scènes de vie.

Le portrait chinois de Keat
Si vous étiez :
- Une couleur : le vert, couleur de l'espoir et de la forêt.
- Une saison : le printemps, saison du renouveau.
- Un sport : le tennis, pour la technique et le mental.
- Un artiste : un peintre impressionniste.
- Une espèce menacée : un lagopède, ce « perdrix des neiges » de nos montagnes et champion du monde de mimétisme.
- Une partie du corps humain : l'œil, qui observe le monde sans juger.
- Une ville : mon village natal, au milieu de la rizière !
- Un livre : un récit de voyage avec photos, esquisses, peintures et timbres des pays visités.
- Un film : Into the Wild.
- Votre mot préféré : voyage.
- Le mot que vous détestez le plus : haine.


