03 juillet 2015 - Terres polaires

Entre l’été et la fin de l’année 2015, plusieurs programmes rares étaient proposés avec des explorateurs et des guides hors du commun : Passage du Nord-Ouest, descente du Yukon en canoë, navigation vers le Cap Horn, ski-kite en Antarctique et raid en traîneau à chiens sur le lac Inari. Cette archive rassemble cinq aventures emblématiques, dans l’esprit des voyages vers les terres polaires, entre Grand Nord, haute latitude, navigation, immersion et autonomie.

Avec Charles Hedrich dans le Passage du Nord-Ouest

À Taloyoak, village inuit de l’Arctique canadien, nous retrouvions Charles Hedrich et Bernard Muller pour suivre les préparatifs vers la mer de Baffin. Le voyage permettait de faire quelques tests sur l’eau avec Charles, de participer à des activités de la vie en immersion avec les Inuit, d’aller à la pêche et à la chasse avec eux, mais aussi de partir trois jours en trek en autonomie avec Bernard, dans un environnement incroyablement sauvage et vierge, où l’on pouvait croiser ours, phoques et caribous.

Charles Hedrich avait quitté le détroit de Béring le 1er juillet 2013 sur le Rameur des Glaces pour une première mondiale : le Passage du Nord-Ouest à la rame. Il navigua le long des côtes du nord de l’Alaska. Après deux mois et demi de rame, il hiverna à Tuktoyaktuk dans une famille inuit. Le 12 juillet 2014, il repartit de Tuktoyaktuk pour poursuivre l’expédition. Le 5 septembre, après 130 jours d’expédition et 5 000 kilomètres parcourus depuis le départ, il hiverna à Taloyoak, village inuit de l’Arctique canadien.

C’est là que se situait cette immersion, au moment des derniers préparatifs avant de rejoindre la mer de Baffin. Logés chez des familles inuit, les participants partaient en randonnée avec Bernard Muller, naviguaient aux alentours avec Charles et prenaient part à certaines activités quotidiennes. Une immersion rare, entre aventure polaire, rencontre et attente du départ.

Descendre le fleuve Yukon en canoë

Cette expédition en canoë sur le Yukon était accessible à des participants en bonne forme physique, sans grande expérience préalable du canoë. Elle permettait de revivre l’histoire de la ruée vers l’or du Klondike, en descendant un fleuve mythique du Grand Nord.

Tout au long du périple, il était possible d’observer, sur les berges, des ours bruns et noirs, des orignaux et, plus rarement, des lynx. L’itinéraire passait près d’anciens camps de bûcherons, qui servaient autrefois à alimenter les bateaux à aube et les grands radeaux à destination de Dawson.

La portion des “Thirty Miles” permettait de retrouver de nombreux vestiges de cette époque, ainsi que la localité d’Hootalinqua et l’ancien village restauré de Fort Selkirk. Le soir venu, les ombres arctiques et les brochets pêchés dans la journée pouvaient être dégustés autour d’un feu de bois, avant de rejoindre la tente.

Passer le Cap Horn en voilier et remonter les canaux de Patagonie

Cette croisière exceptionnelle menait dans le canal de Beagle et ses environs, rendus célèbres par Darwin et FitzRoy lors des expéditions du HMS Beagle. Le passage du Cap Horn constituait l’un des temps forts du voyage, sous réserve des conditions météo.

Chaque jour, de beaux trekkings étaient prévus dans la partie de la cordillère Darwin. Le voyage permettait aussi d’observer la faune marine, manchots, albatros ou phoques, ainsi que la flore endémique. Selon la saison, la pêche au filet ou au casier permettait notamment de remonter des centollas, ces araignées de mer géantes de Patagonie.

Les équipiers embarquaient généralement à Ushuaia. Le premier jour, le bateau rejoignait Puerto Williams, au Chili. De là, il partait vers le Cap Horn si la météo le permettait. Après avoir contourné le cap mythique, l’itinéraire explorait le canal Beagle vers l’ouest, à la découverte des glaciers de la cordillère Darwin, avant de revenir vers Puerto Williams, puis Ushuaia.

 

Ski-kite avec Dixie Dansercoer en Antarctique

En Antarctique, l’expédition commençait par une arrivée depuis Cape Town en Iliouchine sur la base russe de Novo. Après une phase de familiarisation avec le matériel, le groupe partait, guidé par Dixie Dansercoer, pour dix jours d’expédition avec traîneaux dans l’immensité glacée, en direction des reliefs des terres de la Reine-Maud.

Au pied de ces montagnes impressionnantes et pures, le camp de base était installé. Les journées suivantes permettaient de s’initier au ski-kite, de gravir quelques petits sommets, puis de progresser vers le haut plateau antarctique, immense continent de glace. Une expérience polaire rare, entre apprentissage, autonomie et paysages d’une intensité exceptionnelle.

Traîneau à chiens avec Gilles Elkaïm sur le lac Inari

Loin des circuits touristiques traditionnels, cette aventure en traîneau à chiens se déroulait avec Gilles Elkaïm sur le lac Inari, en très petit groupe. À deux participants, il s’agissait d’une grande randonnée en autonomie réelle, dans le silence et la pureté de l’environnement polaire.

Les participants soulageaient les chiens en courant derrière leurs traîneaux. L’itinéraire n’était pas tracé à l’avance et variait selon la météo, l’état de la neige, la forme des chiens et celle des participants. Les nuits se passaient sous tente équipée d’un poêle à bois ou en bivouac de fortune à la belle étoile.

Ce voyage constituait un véritable apprentissage de la vie sauvage du Grand Nord, accompagné par l’un des grands explorateurs polaires contemporains.

Une archive des aventures polaires de 2015

Cet article appartient clairement à une programmation passée. Les dates, liens et départs mentionnés en 2015 ne sont plus repris ici. Il reste toutefois le témoignage d’une période où plusieurs formes d’aventure polaire ou nordique étaient proposées : immersion inuit dans l’Arctique canadien, canoë sur le Yukon, navigation au Cap Horn, ski-kite en Antarctique et traîneau à chiens sur le lac Inari.

Ces cinq itinéraires dessinent une même attirance pour les hautes latitudes, les milieux isolés, les grands espaces, les guides d’exception et l’apprentissage de l’autonomie en environnement sauvage.