12 juillet 2012 - Trekking

La genèse du projet

Tout commence un lundi, par une journée pluvieuse comme il y en a rarement en Belgique… Pierre Ramaut, psychanalyste et sophrologue, travaille dans son cabinet à Mons. Depuis quelque temps, il mûrit l'idée d'organiser un voyage à thème associant la marche, le désert et la découverte de divers outils de développement personnel et de bien-être, une idée qui allait devenir Marcher pour progresser, l'un des cycles de treks et randonnées les plus singuliers proposés par Tamera.

Réfléchissant en déambulant à la manière de mettre en pratique son concept, il tombe, un peu par hasard, sur un vieux Trekmag consacré au Maroc, qui traînait depuis pas mal de temps sous une pile d'autres revues dans son bureau.

Inspiré, Pierre rédige alors un petit projet et l'adresse de façon informelle à une dizaine d'agences de voyage de trekking et d'aventure.

Dans la matinée du jeudi suivant, il reçoit un appel téléphonique d'un certain Jacques Chatelet, fondateur de l'agence Tamera à Lyon, à qui il avait bien envoyé son projet, mais dont il n'avait jamais entendu parler du fond de sa province wallonne.

Pierre se souvient : « Jacques m'a dit être intéressé par mon projet. La collaboration avec Tamera est partie tout de suite sur de bonnes bases et surtout sur des fondements équitables. Ayant convenu qu'il fallait que nous nous rencontrions rapidement, nous nous sommes retrouvés dans un café à Paris, à mi-distance de nos bases respectives. Autour d'un verre, nous avons échangé sur nos expériences respectives et surtout sur nos valeurs communes, puis sommes allés déjeuner ensemble. Les bases relationnelles d'une future collaboration étaient ainsi posées très simplement. »

Pierre affectionne particulièrement le désert, qu'il a découvert pour la première fois à la fin des années 1970 en rejoignant Tamanrasset avec sa 4L, parti à la rencontre des hommes bleus. À l'issue de ce voyage initiatique, il traverse le Sahara jusqu'au Niger en Peugeot 504, puis participe au Dakar à moto, et à une assistance quelques années plus tard. Tout comme Jacques, le désert lui est familier, d'où le lien et la complicité immédiate entre les deux hommes.

La découverte de la marche s'est faite, elle, sur le tour des Annapurnas au Népal, au début des années 1990, mais c'est dans l'Atlas marocain, toujours lors d'une assistance pour un rallye 4x4 et motos, que Pierre décide qu'il reviendrait un jour, cette fois bottines aux pieds, dans le désert.

L'idée de « Marcher pour progresser » commence alors à germer.

Premier voyage : Tunisie, Grand Erg oriental

Pierre part pour la première fois en tant que guide en Tunisie, dans le Grand Erg oriental, avec un petit groupe de clients de l'agence, et emmène sa sœur, de dix ans sa cadette, pour lui faire découvrir le désert dont il lui avait si souvent parlé.

Bivouac dans le Grand Erg oriental, en Tunisie

Le premier « véritable » Marcher pour progresser

Pierre nous raconte : « J'avais un peu le trac, car je me demandais comment j'allais animer toute une semaine entière, perdu au milieu des dunes du Grand Erg oriental, avec seulement deux participantes qui allaient essuyer avec moi les plâtres de cette première version « officielle » de Marcher pour progresser. Au final, ça a été une réelle réussite, et tout s'est parfaitement déroulé, ce qui m'a encouragé à persévérer malgré cette faible participation inaugurale. »

Les voyages de Marcher pour progresser apportent toujours quelque chose de positif aux compagnons de voyage de Pierre. Certains sont fidèles et ont effectué jusqu'à quatre voyages avec lui. Mais ils apportent également beaucoup à l'organisateur, qui ne s'attendait pas à un tel enrichissement personnel lorsqu'il a imaginé le concept.

« Initialement, je pensais surtout faire partager à d'autres mon amour des voyages, de la marche et du désert, ainsi que mon intérêt pour certaines disciplines telles que la sophrologie, la naturopathie et la physiologie de l'effort. Mais rapidement, je me suis rendu compte de la richesse que représentait, pour le contenu du concept, pour moi-même et pour mon évolution, le vécu de chacun des participants. Au fur et à mesure, j'ai ouvert les voyages au partage des savoirs et des expériences de chacun. Marcher pour progresser est devenu naturellement, au fil du temps, une sorte de forum en marche. »

Plus de vingt ans de voyages

Les moments forts ont été nombreux pour Pierre, au fil de plus de vingt ans de voyages avec Marcher pour progresser, à travers le Sahara (Algérie, Maroc, Tunisie...), puis vers des destinations plus lointaines comme le désert du Badain Jaran en Chine, le Cap-Vert, le Pérou, l'Iran, l'Éthiopie, le Vietnam, le Japon, le Bénin, Oman, ou encore le Cambodge en kayak. Impossible forcément de les citer tous en quelques lignes.

« Concernant l'esprit du groupe et la cohérence, j'organise toujours en amont un entretien téléphonique ou une rencontre, lorsque cela est possible. Comme j'organise Marcher pour progresser avant toute chose, et essentiellement, pour mon plaisir, je considère que les participants ne sont pas de simples « clients », mais bien de futurs compagnons de voyage. Presque systématiquement maintenant, j'organise un briefing préliminaire en Belgique pour créer une cohésion dans le groupe avant le départ. Ce n'est malheureusement pas toujours possible pour tous, puisque la participation aux parcours de Marcher pour progresser n'est pas que belgo-belge, mais aussi française et suisse. Nous avons même eu des participantes venues tout spécialement de l'île Maurice pour un voyage au Népal. »

Marche en groupe lors d'un voyage Marcher pour progresser

Développement personnel : la philosophie de Marcher pour progresser

Marcher pour progresser se veut donc avant tout un véritable voyage, mais ambitionne aussi de transmettre aux participants, en prime des bénéfices et du plaisir de la randonnée dans la nature, des outils de progression personnelle et de mieux-être, qu'ils pourront utiliser et valoriser par la suite dans leur vie quotidienne. L'objectif du voyage est aussi d'ouvrir de nouveaux horizons aux participants et de leur offrir de nouvelles voies de recherche et d'évolution.

À propos de développement personnel, il est important de noter que cette notion est souvent mal comprise, galvaudée, caricaturée, et peut même parfois en effrayer certains, qui la trouvent sectaire.

Cette notion, pourtant à la fois simple et universelle, se retrouve aussi bien dans diverses philosophies que dans le bon sens populaire, et peut facilement se résumer à l'idée que le développement d'un être dans toutes ses dimensions est essentiel pour prétendre au bien-être et aspirer au bonheur.

Plutôt que d'opposer matériel et spirituel, la notion de développement personnel propose de tenter d'unir en soi les forces disponibles et de les nourrir, en proposant une réhabilitation de « l'honnête homme », être en devenir, imparfait certes, mais cherchant à améliorer et à épanouir toutes ses qualités, tant physiques que morales, pratiques, relationnelles, intellectuelles, introspectives et spirituelles.

Dynamique de « caravane »

La rencontre avec d'autres populations, d'autres façons de vivre et de penser le monde, est aussi l'un des supports de la réflexion sur soi et sur notre environnement.

« Initialement, je n'avais pas non plus pensé que nos accompagnateurs, la plupart du temps nomades, ainsi que les animaux de bât, je privilégie au maximum une logistique avec des animaux plutôt qu'avec des véhicules, seraient des acteurs à part entière du concept. »

Au cours du voyage, l'évolution est toujours la même. Il y a un temps où les participants s'observent, puis se familiarisent. Un deuxième temps où ils vont à la rencontre des équipes locales qui les accompagnent. Puis un troisième temps où les animaux entrent dans la dynamique du groupe. À la fin de ce processus se crée une véritable caravane.

Une belle phrase de l'écrivain-marcheur Sylvain Tesson résume magnifiquement à elle seule ce phénomène :

« L'entente entre les bêtes est une condition nécessaire mais pas suffisante à la prospérité d'une caravane.
La caravane, c'est la paix.
Entre les bêtes.
Entre les hommes et les bêtes.
Entre les hommes.
»

Caravane et animaux de bât lors d'un voyage Marcher pour progresser

Évolution du concept : de la marche au chamanisme

Marcher pour progresser s'est développé principalement grâce au bouche-à-oreille. Le concept s'est pérennisé au fil du temps pour s'inscrire dans une micro-niche thématique au sein des voyages d'aventure : une petite tribu s'est formée, avec une communauté de pensée et de valeurs.

Au fil des voyages, Marcher pour progresser a intégré une dimension culturelle de plus en plus marquée, dans le champ psychologique, philosophique, spirituel et humaniste, avec des voyages sur le thème du bouddhisme originel au Ladakh, de l'islam tolérant des ismaéliens au Pakistan, de l'hindouisme au Népal, ou du chamanisme en Mongolie intérieure chinoise.

Cette dynamique a même donné naissance à un second cycle dédié, « En terres chamanes », qui a mené les participants au Québec en terre algonquine, en Mongolie, en Indonésie chez les hommes-fleurs mentawai de Siberut, ou encore en Amazonie équatorienne, avec Pierre Ramaut comme explorateur du lien entre chamanisme et psychanalyse transgénérationnelle.

« Il y a une cohérence évidente entre les choix des itinéraires que je fais pour Marcher pour progresser et ce qui m'intéresse en général et aussi professionnellement. Par exemple, comme je suis spécialisé en psychanalyse transgénérationnelle, mieux connue sous le nom de psychogénéalogie, le choix d'un voyage au Mali, au pays dogon, s'est imposé tout naturellement à moi, puisque le culte des morts est un élément essentiel de la religion dogon. »

Un rêve d'enfant, fils spirituel de Tintin

« Cette expérience me permet de réaliser un rêve de gosse. Comme la majorité des Belges de mon âge, Tintin a bercé toute mon enfance, et je me souviens parfaitement qu'un jour, je devais avoir 5 ou 6 ans, je me suis dit que je voyagerais comme Tintin le faisait au cours de ses différentes aventures. C'est le côté un peu magique pour moi de Marcher pour progresser, et je remercie vraiment Jacques d'avoir rebondi sur mon projet et de la confiance qu'il m'a accordée dès le début. Pour moi, Tamera est comme une « petite » maison de haute couture, qui peut me tailler des itinéraires adaptés au concept de Marcher pour progresser et s'adapter souplement à son évolution constante. C'est un partenariat qui dure maintenant depuis plus de vingt ans, et je ne pense pas que ça aurait été pareil, ni aussi agréable, avec un « hypermarché » du tourisme d'aventure. »

Découvrez les voyages Marcher pour progresser avec Pierre Ramaut

Depuis vingt ans, ce cycle s'est décliné dans de nombreuses destinations, du Sahara au Japon en passant par le Vietnam et le Bénin. Parmi les prochains départs, retrouvez notamment le voyage Marcher pour progresser dans le Grand Sud algérien, de l'Assekrem au désert rouge, ou celui à la découverte du grand canyon d'Arabie et des wadis turquoise d'Oman.

Randonnée lors d'un voyage Marcher pour progresser avec Pierre Ramaut