Grand voyageur et marcheur, collectionneur et auteur, photographe et réalisateur, Louis-Marie Blanchard a passé près de cinquante ans de sa vie à rencontrer les nomades et semi-nomades des hauts plateaux, d’abord au Pérou, puis en Haute Asie; Tibet oriental, Mongolie, Asie centrale et enfin au Maroc.
Son itinéraire traverse plusieurs mondes de pasteurs, de marcheurs et de communautés d’altitude, dans une proximité naturelle avec nos voyages à la rencontre des peuples du monde, de leurs territoires et de leurs traditions vivantes. Louis-Marie Blanchard a publié de nombreux reportages, notamment dans Géo, Terre sauvage, Grands Reportages et Trek Magazine. Dans cet échange, il revient sur sa passion pour le voyage et l’écologie, à l’occasion de la publication de son ouvrage John Muir, Le souffle de la nature sauvage, consacré à l’un des pionniers de l’écologie américaine.
La découverte du voyage

Louis-Marie petit © Louis-Marie Blanchard
Enfant, Louis-Marie Blanchard a beaucoup circulé à travers la France pour suivre son père, gendarme et photographe pour la gendarmerie, dans ses déplacements de brigade en brigade. Issu d’une famille modeste, il ne connaît pas encore la notion de voyage telle qu’elle deviendra plus tard le fil conducteur de sa vie.
C’est grâce à son épouse, globe-trotteuse, qu’il découvre peu à peu un nouveau monde, à travers les récits qu’elle lui fait de ses voyages. Cette rencontre avec l’ailleurs agit comme une révélation. Ensemble, ils décident alors de partir en voiture explorer la Turquie. Cette première expérience ouvre la voie à une très longue série de départs, de routes et de rencontres.
Une vie de voyageur

Pélerinage au Pérou © David Ducoin
À la suite de ce premier voyage, Louis-Marie Blanchard et son épouse enchaînent les escapades. Ils empruntent la route des Indes en 1972, avec comme compagnon de route le tout premier guide du Routard, puis rejoignent l’Afghanistan avant l’arrivée des Soviétiques. Il fait également partie des premiers étrangers à se rendre au Népal.
Pendant dix ans, Louis-Marie Blanchard retourne chaque année au Pérou et se consacre à la réalisation de reportages sur les Indiens des Andes. En 1987, il découvre la Chine, puis le Tibet oriental, dont il tombe sous le charme : les montagnes, les nomades, les troupeaux, toute une ambiance qui le touche profondément. Il se passionne pour ce territoire et mène un important travail sur son ethnographie et son histoire, notamment dans son lien avec la Chine. Ces recherches le conduisent ensuite vers la Mongolie puis l’Asie centrale. Cet ensemble, la Haute Asie, l’occupera pendant près de vingt ans, de 1988 à 2008.
Voyageur-écrivain

Déplacement en Yak © Louis-Marie Blanchard
Louis-Marie Blanchard partage sa passion à travers de nombreux supports. Il réalise plusieurs films sur les peuples qu’il a côtoyés, parmi lesquels Tibet, les cavaliers du vent, Maroc, les derniers nomades, Mongolie nomade ou Amazirh, une année berbère. Il publie aussi de nombreux articles et reportages pour Géo, Terre sauvage, Grands Reportages, Trek Magazine, Le Monde et d’autres titres.
Son travail d’écriture se prolonge dans près d’une dizaine d’ouvrages consacrés aux peuples nomades, à la Haute Asie ou à des figures mythiques comme Marco Polo. Plus récemment, il s’est intéressé à John Muir, figure majeure de l’écologie aux États-Unis, dans John Muir, Le souffle de la nature sauvage.
Nomades, écologie et regard sur le voyage
Dans la suite de l’entretien, Louis-Marie Blanchard évoque le Tibet oriental, les nomades des montagnes et des plateaux d’altitude, sa prise de conscience écologique et sa vision du voyage aujourd’hui. Son parcours relie les routes anciennes, les peuples de haute terre, les cultures pastorales et une attention croissante à la nature sauvage.
Ce portrait rappelle combien le voyage peut être une manière d’observer, de comprendre et de transmettre. Chez Louis-Marie Blanchard, la marche, l’image, l’écriture et la rencontre composent un même itinéraire : celui d’un voyageur passionné par les peuples, les paysages et les mondes en équilibre.

