« Green Land », le pays vert : le nom donné par les Vikings au Xe siècle porte déjà en lui une invitation à l’aventure polaire. Si la côte ouest du Groenland, notamment autour d’Ilulissat et de la baie de Disko, est aujourd’hui plus connue des voyageurs, la côte est demeure beaucoup plus rare, plus isolée, plus sauvage. Son ouverture récente sur le monde a longtemps préservé l’authenticité de ce bout de terre inuite, où la nature impose encore son rythme.
Dans l’imaginaire du voyageur, l’Est groenlandais résonne avec les récits de Paul-Émile Victor et les explorations du commandant Jean-Baptiste Charcot à bord du Pourquoi Pas ?. C’est dans cette continuité que s’inscrit l’exploration à pied du fjord Sermilik, au cœur de nos voyages en terres polaires, entre Groenland, banquise, villages inuits et grandes traversées arctiques. Une immersion rare dans une nature toute-puissante, où la marche permet d’approcher lentement les paysages, les lumières et les phénomènes naturels du monde arctique.
Est groenlandais, exploration du fjord Sermilik
Au départ de Kulusuk, nous naviguons entre les icebergs pour rejoindre Tiniteqilaaq, point de départ du périple à l’embouchure du fjord Sermilik. À pied, nous longeons ce fjord mythique dans le pas de Paul-Émile Victor, surplombant celui que les Inuits nomment « la voie des icebergs ». Puis nous explorons l’intérieur des terres et nous confrontons à une nature imposante, démesurée, avant de tenter d’atteindre la naissance du fjord.
Cette exploration de la côte est du Groenland s’adresse à des trekkeurs chevronnés qui souhaitent découvrir l’Est groenlandais à pied, en harmonie avec la nature, ou à ceux qui aspirent à approcher l’environnement polaire avant une expédition plus longue et plus engagée. L’itinéraire alterne marche en autonomie assistée, temps d’itinérance et camps fixes, dans un condensé de paysages arctiques à la biodiversité riche, ponctué d’arrêts dans de petits villages inuits aux maisons colorées.

© Michel Clar
Ce voyage a été conçu dans la lignée de treks engagés, pour ceux qui souhaitent tester leurs limites et s’immerger dans un environnement esthétique, sauvage, mais rude et exigeant. Il ne s’agit pas d’une expédition au sens technique du terme, comme celles menées par Expeditions Unlimited, activité sœur de Tamera, et il ne requiert pas de compétences d’alpinisme. Pour conserver le caractère trek de l’itinéraire, l’équilibre entre les jours d’itinérance et les camps fixes permet de limiter le poids du portage, tout en préservant l’esprit d’immersion.

© Michel Clar
Trek en terre inuite
Notre fascination pour cette côte est du Groenland tient d’abord à sa capacité à émerveiller les voyageurs, avec une variété de paysages impressionnants. Cette terre ingrate au climat hostile, longtemps coupée du monde, est celle de plusieurs communautés de chasseurs nomades, les Inuits, dont les derniers entrèrent en contact avec notre civilisation seulement à la fin du XIXe siècle.
Il faut attendre les années 1930 et les nombreuses expéditions de l’explorateur et ethnologue français Paul-Émile Victor pour commencer à percer les mystères de ces chasseurs d’ours et de baleines. C’est cette authenticité, cette présence humaine discrète et ces traditions que l’on croise lors des haltes dans les petits villages inuits de Kulusuk, Tiniteqilaaq et Kuummiut. Bien que parfois réservés à l’égard des voyageurs de passage, les habitants deviennent aussi de précieux pilotes lors des navigations et des transferts vers les points stratégiques du parcours.

© Michel Clar
Témoins d’un monde en mouvement
Un voyage à pied sur la côte est du Groenland permet une approche douce et une observation directe de phénomènes naturels de grande ampleur : banquise, icebergs, calotte glaciaire, glaciers de montagne, fjords. Le fjord Sermilik constitue le fil rouge de cette exploration. Long de plus de quatre-vingts kilomètres, il forme une voie majeure d’évacuation de glace dans la région, alimentée notamment par le glacier Helheim.
Ce glacier, deuxième plus gros débiteur d’icebergs de l’hémisphère Nord, fait l’objet d’une surveillance accrue par les glaciologues en raison de son activité de vêlage importante. En 2018, il a notamment fait parler de lui en vêlant un bloc de glace de plusieurs kilomètres de large. Au fil du parcours, l’observation de ces paysages donne à mesurer la puissance du monde glaciaire, mais aussi sa fragilité. Aux icebergs, aux fronts glaciaires et aux fjords s’ajoute un autre phénomène qui embrase les soirées arctiques : le soleil de minuit.

© Jacques Philippe
Une immersion rare dans l’Est groenlandais
Explorer la côte est du Groenland à pied, c’est entrer dans un territoire où tout semble amplifié : la taille des fjords, la présence des icebergs, la lumière, le silence, la distance entre les villages et la force du climat. Le fjord Sermilik offre un itinéraire à la fois physique et contemplatif, entre marche, navigation, camps, rencontres et observation d’un environnement polaire encore profondément sauvage.
Cette approche lente permet de relier les paysages aux récits, les villages aux explorations passées, les phénomènes glaciaires à l’expérience concrète du terrain. Plus qu’un simple trek, l’Est groenlandais propose une immersion dans un monde arctique puissant, où chaque journée rappelle la place modeste du voyageur face aux éléments.
Est groenlandais, exploration intégrale du fjord Sermilik

