Après deux ans et deux mois de fermeture, le Laos a largement rouvert ses portes en mai 2022. Cette réouverture a marqué le retour des voyages dans un pays longtemps resté difficile d’accès pendant la crise sanitaire, au cœur de la péninsule indochinoise, drainé par le puissant Mékong et ses nombreux affluents.
Cette reprise nous a donné l’occasion de présenter l’éventail de nos programmes au Laos, à la rencontre d’une mosaïque de peuples et de paysages fascinants. Depuis cette période, la ligne de train express ouverte en décembre 2021 offre également de nouvelles perspectives de déplacement à travers le pays. Nos voyages au Laos, entre montagnes du Nord, peuples minoritaires, régions karstiques, plateaux du Sud et grands itinéraires liés au Mékong explorent ainsi toute la diversité de ce territoire encore discret d’Asie du Sud-Est.
Réouverture du Laos post-Covid
Après une porte entrouverte durant plusieurs mois, essentiellement sur Vientiane et Luang Prabang, il est redevenu possible, à partir du 9 mai 2022, de voyager plus largement au Laos. Les frontières terrestres, aériennes et fluviales ont rouvert avec la Thaïlande, le Vietnam et le Cambodge, permettant de relancer l’ensemble de nos voyages dans le pays.
Les informations pratiques liées aux conditions d’entrée, aux visas et aux éventuelles exigences sanitaires évoluant régulièrement, elles doivent toujours être vérifiées au moment de la préparation du voyage. L’essentiel, dans cet article, est de retenir le contexte de réouverture : après plus de deux ans d’arrêt, le Laos redevenait accessible et nos programmes pouvaient reprendre.

Travail dans les rizières du centre du Laos © Jérôme Kotry
Grande traversée du Laos nord-sud
Il s’agit de notre grand voyage au long cours à travers le Laos, entièrement par voie terrestre, depuis la région du « triangle d’Or », au nord-ouest, vers la frontière avec le Cambodge, tout au sud.
En vingt-trois jours, nous effectuons une découverte complète du Laos, en évitant de passer par la région de Vang Vieng, devenue une sorte de Luna Park à l’asiatique, et par Vientiane, la capitale, qui n’est pas la région la plus intéressante du pays.
À la place, nous passons par la plaine des Jarres, plateau montagneux habité par le peuple hmong, à l’écart des grands axes touristiques. C’est une région fascinante d’où il est désormais possible de continuer vers le sud pour rejoindre directement la région karstique de Khammouane.
Nous traversons ainsi les montagnes centrales du Laos, autrefois interdites à cause du conflit entre les Hmong et le gouvernement laotien, et parmi les plus hauts sommets du pays.
Nous effectuons ensuite une belle découverte, en embarcations diverses, à pied et à vélo, de la région karstique de Khammouane, avec ses grottes-tunnels et ses pitons calcaires, avant de rejoindre le plateau des Bolaven, Paksé, Champassak, la région de Si Phan Done — les quatre mille îles — et les chutes du Mékong.

Femme hmong dans les montagnes du nord Laos © Marc Dozier
Du nord-ouest du Laos à la région karstique de Khammouane
Ce voyage de dix-neuf jours permet de faire une belle découverte du Laos, du nord vers le centre, sans prendre de vol domestique, uniquement par voie terrestre.
La navigation sur le Mékong entre Ban Houay Xai et Pakbeng est aujourd’hui l’une des plus belles que l’on puisse faire au nord Laos, en raison des barrages édifiés dans de nombreux autres endroits. Ici, le Mékong n’est pas trop large et reste encore environné de belles forêts.
Depuis la région montagneuse de Muang Kasi, proche de Vang Vieng, nous obliquons vers l’est pour découvrir la plaine des Jarres, bastion du peuple hmong. Ces jarres ont été taillées dans un mélange de grès et de granit il y a plus de deux mille ans. Il est possible qu’elles soient liées à l’histoire de la civilisation de Dong Son, dont le centre était au Vietnam. On ne sait toujours pas avec exactitude si elles servaient d’urnes funéraires. D’autres pensent qu’il pourrait s’agir de récipients destinés à la fermentation du vin ou à la conservation du riz.
Nous quittons ensuite la plaine des Jarres vers le sud pour rejoindre la belle région karstique de Khammouane, comme dans la traversée nord-sud.

Jarres anciennes éparpillées sur le plateau de Xieng Khouang © Stéphane Duval
La mosaïque des peuples montagnards du nord Laos
Depuis vingt-cinq ans que nous organisons des voyages et treks à travers les montagnes du nord Laos, nous avons connu de nombreuses évolutions. De nouvelles pistes ont été tracées sur d’anciens sentiers, des pistes ont été goudronnées, des barrages ont été édifiés, et l’influence chinoise s’est de plus en plus renforcée.
Nous nous sommes adaptés, au fil des années et des dernières évolutions, et proposons un voyage itinérant à travers les montagnes du nord Laos, comportant treize jours avec de la marche.
Il ne s’agit pas d’un grand trek de treize jours, mais d’une succession de randonnées, parfois sur une journée, parfois sur plusieurs jours. Il n’est plus intéressant de proposer de grands treks dans certaines régions, à cause des évolutions du terrain, mais aussi en raison de la politique gouvernementale qui pousse les peuples montagnards à quitter leurs villages pour s’installer plus bas, près des pistes et des routes.
Ce voyage rassemble de belles pépites, hors des sentiers battus et peu connues, dans les montagnes du nord Laos, au départ de Ban Houay Xai, à la frontière thaïlandaise, avec une arrivée à Luang Prabang.

Temple bouddhiste près du palais royal à Luang Prabang © André Villon
Le Centre de conservation de l’éléphant
Au départ de Luang Prabang, nous proposons une extension vers le Centre de conservation de l’éléphant, situé à environ trois heures de trajet, dans la province voisine de Sayaboury, qui accueille 75 % des éléphants domestiques du Laos.
Le centre se trouve sur les bords du lac Nam Tien, dans une concession forestière de 106 hectares, entourée par deux chaînes de montagnes, dans un cadre splendide.
Fondé par l’association Elefantasia, il offre l’opportunité d’un face-à-face unique avec le majestueux éléphant d’Asie, encadré par une équipe de guides, de cornacs et de vétérinaires. Les éléphants passent la nuit en forêt et la journée au centre.
Nous participons à des projets selon la saison et les besoins de l’organisation, et prenons le temps d’observer ces magnifiques animaux dans un cadre particulièrement enchanteur. Une expérience unique au « pays du million d’éléphants », ancienne appellation du Laos.

Eléphants au Centre de conservation de l'éléphant © Pierre Reynaud-Cleyet
De Luang Prabang aux temples d’Angkor
Ce voyage relie deux hauts lieux civilisationnels du Mékong : Luang Prabang et Angkor. Deux noms mythiques, liés physiquement par le puissant fleuve. Angkor n’est pas situé à proprement parler au bord du Mékong, mais tout proche du lac Tonlé Sap, relié au fleuve par un canal. Ce lac sert d’ailleurs de trop-plein au Mékong en période de hautes eaux.
Nous faisons cette traversée de vingt-trois jours intégralement par voie terrestre, sans prendre aucun avion, comme dans la traversée nord-sud.
Le parcours est riche et varié, avec découvertes culturelles et naturelles, traversée des montagnes centrales du Laos, reliefs karstiques et grottes-tunnels de la région de Khammouane, plateau des Bolaven et grandes cascades, ainsi que la région des quatre mille îles, qui précède les chutes du Mékong.
Nous traversons ensuite la frontière vers le Cambodge, d’abord le long du Mékong vers l’île de Koh Trong et Kampi, où nous approchons les dauphins d’eau douce, puis à vélo sur la rive ouest du Mékong, au plus près de la campagne khmère et du Cambodge profond.
Nous rejoignons ensuite les temples d’Angkor, que nous découvrons avec une approche pédagogique, tout en évitant les principaux flux touristiques et avec de la randonnée. Nous découvrons aussi le lac Tonlé Sap, véritable poumon du Cambodge.

Chutes du Mekong à la frontière cambodgienne © Pascal Leroux
Trek chez les O’Pa dans les monts de l’Éléphant
Les O’Pa sont le sous-groupe du peuple akha le plus mystérieux du Laos. Mis à part une monographie de l’époque coloniale, rares sont les études les concernant.
Les femmes O’Pa se distinguent par la beauté de leurs coiffes : les jeunes portent d’imposantes tiares rondes ornées de fils d’argent, de piastres ou d’autres pièces d’argent, tandis que les femmes mariées portent des coiffes triangulaires ressemblant à des bonnets pointus, également recouverts d’ornements en argent. Leurs tenues colorées sont souvent recouvertes de verroteries et de colliers en argent.
Les principales activités des O’Pa sont la culture du riz sur brûlis, le tissage et l’élevage. Ils sont répartis en quatre villages établis sur les contreforts orientaux du mont Phu Sang, le mont de l’Éléphant, dominant la moyenne Nam Ly, affluent occidental de la rivière Nam Ou.
Pour rejoindre cette région, nous profitons de l’ouverture de la ligne de train construite entre Vientiane et Kunming, au Yunnan. Nous prenons le train entre Vientiane et Oudomxai, ce qui permet de nous approcher rapidement du point de départ du trek.
Après la rencontre avec les O’Pa, nous rejoignons Luang Prabang en descendant le bassin de la rivière Nam Ou, avec plusieurs navigations.

Femme du peuple O'Pa dans les monts de l'éléphant © Nicolas Vidal
Immersion chez les Katu, au cœur d’un paradis perdu du sud Laos
Ce voyage à caractère ethnique fort part à la rencontre des Katu du Haut Xekong, près des sources de cet affluent majeur du Mékong, au sud du Laos. Ils sont parmi les tout derniers peuples du Laos à rester isolés.
Nous les rencontrons avec l’approche la plus respectueuse possible, grâce à l’équipe de Nicolas Vidal, l’un des très rares spécialistes de cette région.
Réputée pour son inaccessibilité, cette région du Haut Xekong est formée par l’entrelacs des massifs centraux de la cordillère Annamitique. Sur sa partie orientale, elle longe la frontière vietnamienne et est en partie recouverte de forêts-clairières ou de forêts subtropicales.
C’est une sorte de petite Amazonie laotienne, habitée par des peuples proto-Indochinois, dont les Katu sont les plus emblématiques. Ils vivent à l’écart du monde moderne, dans des districts montagneux, des villages et des hameaux établis le long de cours d’eau, dans des clairières ou sur des crêtes cernées par les bois.
Cette région était autrefois une « tache blanche », depuis l’époque coloniale jusqu’à la guerre du Vietnam : confins insoumis, pays de rebelles et de coupeurs de têtes, notamment à cause des Katu et de leurs fameuses « chasses au sang ».
Le Haut Xekong ne fut soumis à l’administration coloniale française qu’en 1938, mais pour un an seulement, car la zone retomba vite dans une rébellion ouverte armée. Durant la guerre d’Indochine, elle devint un sanctuaire du Vietminh, et durant la guerre du Vietnam les Nord-Vietnamiens y établirent des bases militaires et y taillèrent les ramifications de la piste Hô Chi Minh.

Dans un village katu du haut Xekong © Nicolas Vidal
Montagnes karstiques et peuples d’Indochine centrale
Les parties centrales du Laos et du Vietnam sont souvent délaissées par les voyageurs, loin des grands centres touristiques.
Nous débutons le voyage par la région de Khammouane, l’une des plus vastes zones karstiques du monde, déjà présente dans nos programmes, mais que nous découvrons ici plus en profondeur.
L’originalité de ce programme est de quitter le Laos vers le Vietnam par le poste frontalier du col de Mu Gia, à travers la cordillère Annamitique, non loin de la rivière Xe Bang Fai et de sa grotte-tunnel de onze kilomètres, tout en découvrant une région peu connue qui abrite une véritable forêt de pics karstiques.
Du côté vietnamien, nous accédons rapidement aux grottes de Phong Nha, parmi les plus spectaculaires de la planète, dans le prolongement du plateau de Khammouane. Parcouru par le plus long fleuve souterrain au monde, l’ensemble du site de Phong Nha est classé au patrimoine de l’Unesco depuis 2003. Trois cents cavernes et grottes s’étirent sur quelque soixante-dix kilomètres, dont seulement vingt ont été explorées. En 2009, une équipe d’explorateurs britanniques y a découvert la plus grande caverne du monde à ce jour.
Nous empruntons ensuite vers le sud la route nationale 14, construite le long des montagnes frontalières du Laos sur un ancien tracé de pistes Hô Chi Minh, pour rejoindre la région d’A Luoi et de Prao. De là, nous découvrons le village de Lang Aur, habité par le peuple katu, où nous sommes allés en reconnaissance en décembre 2019.
Nous étions alors les premiers voyageurs étrangers à nous y rendre après trois ans de négociations avec les autorités vietnamiennes pour obtenir les autorisations nécessaires. Ce village est isolé, situé au bout d’une vallée montagnarde environnée de forêts. Il n’y a qu’un sentier pour y accéder, impraticable pour les motos.
Malgré des évolutions plus modernes inévitables, l’architecture traditionnelle y est encore préservée, notamment le kraal, la maison communautaire. Les villageois produisent eux-mêmes tout ce dont ils ont besoin, sans engrais ni pesticides. Leurs cochons sont semi-sauvages, relégués de l’autre côté de la rivière.
Nous découvrons ensuite la vallée centrale du Ngoc Linh, point culminant de la cordillère Annamitique à 2 598 mètres, à la rencontre du peuple sedang.

Paysage karstique du plateau de Khammouane © André Villon
Grand triptyque indochinois
Cette grande traversée indochinoise débute à Vientiane, capitale du Laos. De là, nous rejoignons en train Luang Prabang et le nord Laos.
Nous remontons le long de la rivière Nam Ou, parfois en bateau, pour rejoindre Diên Biên Phu et les montagnes du nord Vietnam, que nous arpentons vers la région de Sapa et Bac Ha. Puis nous traversons tout le Vietnam, depuis Hanoï et la baie d’Along vers Saïgon et le delta du Mékong, via les régions de Hué et Hoi An.
Depuis le delta du Mékong, nous remontons en bateau vers Phnom Penh, capitale du Cambodge, puis terminons vers Siem Reap et la région des temples d’Angkor.

Navigation sur la rivière Nam Ou © André Villon
Partir au Laos avec Tamera
Basée dans le vieux Lyon, l’agence Tamera propose une sélection rare et hors des sentiers battus de voyages au Laos, pays fascinant qui abrite des zones et des peuples encore peu connus.
Nos experts vous aident à identifier les programmes qui correspondent le mieux à vos envies, votre expérience et votre condition physique.
Du nord-ouest du Laos à la région karstique de Khammouane

