Il ne fait désormais plus aucun doute qu'un bouleversement considérable de l'équilibre naturel est en cours : raréfaction des matières premières, augmentation des pollutions, dégradation de la qualité des sols, changements climatiques et leurs conséquences, et bien entendu, disparition des espèces animales et végétales. Sensibles à ces enjeux, Tamera et ses voyages nature partagent ici quelques repères pour comprendre cette crise, avant d'agir à son échelle.
La sixième extinction de masse est entamée, son ampleur est colossale et de notre fait. Elle se réalise à une vitesse qui n'a rien à voir avec les extinctions précédentes. La dernière, celle du Crétacé, il y a 65 millions d'années, a vu disparaître les dinosaures : une extinction qui s'était pourtant produite sur plusieurs dizaines de milliers d'années.
Le réchauffement climatique, mais pas seulement
Dans une étude parue en 2017, des chercheurs mettaient en avant l'érosion globale de la biodiversité, illustrant par exemple que l'aire de répartition de 40 % des espèces de mammifères avait baissé de 80 %. L'étude démontrait également que les populations de 32 espèces de vertébrés déclinaient, avec l'exemple des lions, dont le nombre d'individus avait alors chuté de 43 % en à peine plus de trente ans.
Le réchauffement climatique est l'une des causes de ces extinctions, mais il est loin d'être la seule. À cela s'ajoute la destruction des habitats en raison de l'urbanisation et des besoins agricoles, qui ne cessent de croître pour une population humaine en pleine expansion. Nous avons besoin de toujours davantage, mais les ressources qui nous ont permis d'atteindre un tel niveau de développement sont limitées, et pour beaucoup d'entre elles, à courte ou moyenne échéance.
Le jour du dépassement, cela vous parle ?
Chaque année, le Global Footprint Network calcule la date à partir de laquelle l'humanité a consommé l'ensemble des ressources reconstituables par notre planète en un an. En 2022, cette date était le 2 août à l'échelle mondiale, et dès le 2 mai pour la France. Cela signifie que pour équilibrer ce que nous consommons, notre biocapacité, nous avons besoin de l'équivalent de 1,75 Terre. La raison majeure avancée par l'organisation : un système agricole et alimentaire non soutenable.
Pour répondre aux besoins chaque jour plus conséquents de notre population grandissante, les terres sont surexploitées et appauvries. Une étude du CNRS alertait alors sur la disparition de 20 millions d'oiseaux en Europe chaque année. Les causes : l'agriculture intensive, l'utilisation des engrais et des pesticides, mais aussi l'agrandissement des parcelles et la disparition des haies. Et en allant plus loin, on comprend que les pesticides déciment les populations d'insectes, dont se nourrissent les oiseaux.
Peu de temps auparavant paraissait un livre de l'entomologiste Dave Goulson, resté assez confidentiel, qui appelait à aimer les insectes et rappelait, là aussi, l'ampleur de leur raréfaction : les populations d'insectes auraient perdu 80 % de leurs effectifs en seulement trente ans. Inutile d'aller plus loin dans les chiffres : les médias évoquent régulièrement ces différents sujets, rarement avec des nouvelles réjouissantes. Il est facile de se sentir impuissant face à ces catastrophes en cours, et pourtant, se mettre en action ne peut qu'avoir des effets bénéfiques, même à échelle réduite.
Chacun peut par exemple suivre certaines des recommandations issues des conventions citoyennes sur le climat, ou calculer avec précision son empreinte carbone annuelle pour identifier les postes les plus lourds de son quotidien et agir en conséquence.
Avec la panthère des neiges au Ladakh

