À l’approche du printemps et du redémarrage de la saison des treks et expéditions au Népal, nous revenons sur l’Annapurna et ses cols, l’un des grands lieux du trek himalayen. Dans ce massif, Tamera propose différents treks au Népal qui prennent plusieurs visages : tour classique, variantes par les hauts cols, villages tibétains, plateaux du Mustang, lac Tilicho et passages plus engagés vers Naar, Phu ou le Saribung La.
“You won’t change Nepal but Nepal will change you”, a-t-on l’habitude d’entendre sur place. Vous ne changerez pas le Népal, mais le Népal vous changera. Ce trek, souvent le premier grand voyage himalayen dans la vie d’un randonneur, ne laisse pas indifférent. Beaucoup reviennent ensuite au Népal pour explorer les vallées voisines : Everest, Manaslu, Langtang, puis d’autres régions encore. On n’est jamais très loin d’une forme d’addiction à l’Himalaya.

Tour des Annapurnas : évolution d’un grand classique
Il y a une trentaine d’années, le tour des Annapurnas s’effectuait en vingt-huit jours. C’était une véritable circumambulation d’un massif : on partait de la vallée pour y revenir, intégralement à pied.
Aujourd’hui, la pénétration des pistes au cœur du massif, conjuguée à la création de l’altiport de Jomosom à l’entrée du Mustang, a changé la donne. Et tant mieux pour les populations, qui ont plus facilement accès aux hôpitaux et aux écoles.
Le tour s’est ainsi transformé en un trek entre Jagat et Jomosom via le Thorong Pass, point d’orgue de ce périple, en éliminant les longueurs de l’approche, notamment la traversée des campagnes, et celles de la fin, comme le passage par Ghorepani, désormais trop proche de la route. Il devient possible de réaliser ce trek en quinze jours, sans perdre la beauté des paysages de montagnes glaciaires à la taille démesurée.
Le parcours est ponctué de nombreux lodges confortables. La tente n’est plus une nécessité. L’authenticité de certains villages népalais a toutefois été bousculée par l’évolution touristique et par les couleurs parfois très vives des constructions récentes. Le tour des Annapurnas, dans sa version la plus classique, n’est donc plus tout à fait le même voyage qu’autrefois. Ce n’est pas une raison pour ne plus s’y rendre, mais il existe désormais de nombreuses alternatives permettant d’emprunter des itinéraires plus originaux.

Tour des Annapurnas : alternatives par d’autres cols
On recense une dizaine de cols en périphérie du massif des Annapurnas. Ils peuvent servir de portes d’entrée ou de sortie, permettant de prendre du recul, et aussi un peu de hauteur, pour découvrir des panoramas encore plus exceptionnels que ceux du tour “officiel”, devenu très touristique.
L’idée est de quitter l’axe principal pour s’engager sur des chemins moins fréquentés. Pour cela, il faut généralement prévoir une semaine supplémentaire. Plusieurs stratégies sont possibles : certains cols permettent d’aborder le tour des Annapurnas par une approche plus sauvage ; d’autres offrent une alternative au franchissement du Thorong Pass.

Cols d’approche du tour des Annapurnas
Un premier itinéraire démarre par le col du Larkya La, à 5 100 mètres d’altitude, en venant de la vallée de la Budhi Khola. Il permet de découvrir le massif du Manaslu et ses communautés d’origine tibétaine avant de rejoindre la région des Annapurnas.
Un autre itinéraire de trekking passe par le Namun La, à 4 850 mètres d’altitude. Il propose un parcours hors des sentiers battus, cheminant sur les crêtes méridionales du massif avant de rejoindre l’itinéraire classique. Ce prélude original peut être associé à d’autres variantes.
Enfin, l’approche par le Kang La, à 5 350 mètres d’altitude, se situe sur une variante majeure de l’itinéraire classique. Elle permet de découvrir les vallées plus authentiques de Naar et Phu, deux villages peuplés de Tibétains, parfois surnommés le “Little Tibet”. On se trouve alors à mille lieues des lodges colorés et confortables du parcours principal. Depuis le Kang La, la vue sur le massif des Annapurnas coupe le souffle, à double titre : par la beauté du panorama et par l’altitude.

Alternatives au Thorong Pass
Il est possible d’emprunter le Teri La, à 5 595 mètres d’altitude, que l’on peut enchaîner après le passage du Kang La, une fois passée l’incontournable étape de Manang. Cet itinéraire permet de découvrir la portion méridionale des plateaux et canyons du Mustang sans devoir s’acquitter du coûteux permis propre à l’ancien royaume.
Le passage du Mesokanto La, à 5 100 mètres d’altitude, situé tout au nord du massif des Annapurnas, constitue une alternative un peu plus alpine, mais sans excès. Il traverse des paysages détritiques avant de rejoindre le lac Tilicho, diamant bleu ou blanc selon la saison, serti dans un écrin de montagnes glaciaires dépassant largement les 7 000 mètres.
Enfin, pour sortir du massif des Annapurnas sans descendre vers Pokhara en bus ou en avion, il est possible de franchir les cols d’altitude plus modeste de Ghorepani et de Mohare Danda. Ils permettent de terminer en beauté un trek d’exception, avec jusqu’au dernier jour des panoramas qui résument le périple accompli.

Le Saribung La à 6 040 mètres
Il y a enfin la grande traversée : partir de Jomosom avec la volonté de se mesurer aux 6 040 mètres du Saribung La, un col glaciaire situé non loin de la frontière chinoise. L’espace de deux jours, on sort du domaine du trekking classique, mais ce col mérite que l’on s’y intéresse tant les paysages de haute montagne y sont exceptionnels.
En pratique, passer par le Saribung La implique une incursion dans l’ancien royaume du Mustang pour arriver en une dizaine de jours au pied du col, avec le permis correspondant. Le franchissement nécessite d’être accompagné par un guide de haute montagne népalais. Cette information, liée au contexte réglementaire de 2018, doit être vérifiée si l’on souhaite organiser aujourd’hui un tel itinéraire.
Après le passage du Saribung La, on pénètre par le haut dans la vallée de Phu. On rejoint ensuite Naar avant de repartir vers le Kang La, qui offre un somptueux panorama sur les Annapurnas. Une fois arrivé à Ngawal, plusieurs options restent possibles : terminer le trek en trois jours vers le sud, ou poursuivre vers le nord pour traverser le Thorong Pass, sur le tour classique, ou le Mesokanto La, variante légèrement plus alpine.
Quel itinéraire choisir autour des Annapurnas ?
Le choix dépend du temps disponible, du niveau d’engagement recherché et de l’expérience en altitude. Le tour classique via le Thorong Pass reste une grande entrée dans l’univers des Annapurnas. Les approches par le Larkya La, le Namun La ou le Kang La permettent de quitter les itinéraires les plus fréquentés et d’ajouter une dimension culturelle forte, notamment vers le Manaslu, Naar et Phu. Les variantes par le Teri La ou le Mesokanto La s’adressent à ceux qui souhaitent prolonger l’effort et trouver des paysages plus sauvages. Le Saribung La, lui, relève d’une approche beaucoup plus engagée, à la frontière du trekking et de la haute montagne.
L’Annapurna reste ainsi un massif incontournable, mais il ne se résume plus au seul tour historique. Autour de son itinéraire classique, une série de cols, de vallées et de variantes permet de composer des treks très différents, du grand classique en lodge à la traversée alpine plus confidentielle.
Balcons et sanctuaire des Annapurnas

