Le Jammu-et-Cachemire, l’Himachal Pradesh, l’Uttarakhand, le Sikkim et l’Arunachal Pradesh, abritent une biodiversité unique, souvent endémique. Au cours d’un trekking en Inde himalayenne, il y a de fortes probabilités de pouvoir observer cette faune locale. Celle-ci, autrefois très riche et variée, a été décimée d’abord du temps du Raj britannique, la chasse étant alors considérée comme un sport incontournable pour la bonne société ; puis par le braconnage qui a eu des effets ravageurs. Enfin, le développement des routes, même dans des lieux très isolés, a considérablement réduit l’aire disponible pour la faune sauvage.
Cependant, en étant attentif, avec quelques connaissances sur les us et coutumes des animaux et en vous munissant au préalable d’un équipement adéquat (jumelles, téléobjectifs), vous pourrez réaliser quelques très belles observations, voire quelques clichés insolites.
Voici une présentation des divers mammifères et rapaces que vous êtes susceptibles d’observer dans les différents lieux traversés.

Les mammifères les plus courants
La marmotte de l'Himalaya
Présente dans l'Himalaya et sur le plateau tibétain à des altitudes comprises entre 3 000 et 5 500 m dans le nord-est du Pakistan, le nord de l'Inde, le Népal, le Bhoutan et la Chine. On peut observer très couramment la marmotte de l’Himalaya au Zanskar.
Le tahr de l’Himalaya
Ce caprin robuste, aussi appelé jharal, vit sur les pentes abruptes et escarpées, s’adaptant aux conditions climatiques rigoureuses. Le tahr est recouvert de longs poils sur toute la surface du corps (hors la face). Les cornes, incurvées vers l'arrière puis l'intérieur, sont peu spiralées. La robe est rousse ou brunâtre. On peut l’observer au Lakakh, dans les zones escarpées.
Le kyang ou âne sauvage tibétain
Cette espèce emblématique des hauts plateaux de l’Himalaya, notamment au Ladakh et dans le Changthang (Rupshu), région aride partagée entre l’Inde et le Tibet. On peut observer le kyang en grand nombre autour du lac Tso Morari. Sa survie est menacée par la compétition avec le bétail domestique, notamment les yaks et les chèvres des nomades Changpa.

Les mammifères iconiques
Ceux-là sont beaucoup plus rares à observer. L’œil aguerri pourra cependant relever les traces de leur passage, que ce soient des empreintes laissées dans la boue près des torrents, ou des carcasses d’animaux à moitié dévorées.
Le léopard des neiges
Le léopard des neiges, félin rare et insaisissable, est le prédateur suprême des hautes montagnes de l’Himalaya, vivant entre 3 000 et 5 500 mètres d’altitude. Partez à sa recherche sur notre voyage Avec la panthère des neiges au Ladakh.
Le bharal ou « mouton bleu »
L’une des proies principales du léopard des neiges, le bharal se fond parfaitement dans les paysages rocheux.

Le panda roux
Présent surtout dans les forêts de Sikkim et d’Arunachal Pradesh, le panda roux est en danger en raison de la déforestation.

Le takin
Bovidé massif au museau particulier, le takin vit notamment en Arunachal Pradesh.
L’ours noir de l’Himalaya
Adapté aux forêts tempérées, l’ours noir de l’Himalaya hiberne partiellement en hiver. Fréquemment observé sur les glaciers du Karakoram au Pakistan.

Le loup de l’Himalaya
Plus élancé que son cousin des plaines, le loup de l’Himalaya est parfaitement adapté aux conditions rigoureuses de l’altitude.
Le tigre du Bengale
Le tigre du Bengale, autrefois largement répandu dans l’Himalaya oriental (Sikkim, Arunachal Pradesh, Assam, Bhoutan, et nord du Myanmar), a vu ses populations drastiquement diminuer au fil des décennies en raison du braconnage, de la déforestation et du conflit avec les humains. Cependant, des efforts de conservation notables ont permis un regain d’espoir pour ce félin emblématique.
Les oiseaux notables

Le tragopan satyre
Ce faisan coloré vit dans les forêts d’altitude.
Le gypaète barbu
Ce charognard des sommets est connu pour casser les os en les laissant tomber sur les rochers.
L’aigle royal
L’aigle royal domine les cieux himalayens en chassant les lièvres et les marmottes.
Le monal de l’Himalaya
Volatile national du Népal, le monal de l’Himalaya arbore un plumage éclatant et se rencontre à haute altitude. On peut l’observer en Arunachal Pradesh.

Les espèces menacées
Le braconnage et la destruction des habitats menacent plusieurs de ces espèces, en particulier le léopard des neiges et le panda roux. Plusieurs parcs nationaux et réserves ont été créés pour protéger cette biodiversité unique, comme le parc national du Grand Himalaya (Himachal Pradesh), le parc du Kangchenjunga (Sikkim) et la réserve de la biosphère de la Nanda Devi. Heureusement, plusieurs réserves, comme la Changthang Wildlife Sanctuary, protègent ces animaux sauvages et leur écosystème unique.
La sauvegarde du tigre dans l'est de l'Himalaya
Arunachal Pradesh
Le tigre subsiste dans des zones protégées comme le Parc national de Namdapha et la Tiger Reserve de Pakke.
Sikkim
Les observations sont rares, mais le tigre pourrait encore fréquenter les forêts d’altitude proches des parcs nationaux.
Assam
Le tigre est présent dans les célèbres parcs de Kaziranga et Manas, classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Mesures de protection misent en place pour la protection du tigre
Création et extension des réserves de tigres
L’Inde a intégré plusieurs zones de l'Himalaya oriental dans le Tiger Project, initié en 1973 pour protéger l’espèce. Grâce à ces efforts, la population de tigres dans certaines réserves de l’Assam est en augmentation. Le recensement de 2022 en Inde a révélé que le nombre total de tigres dans le pays avait dépassé 3 000 individus, contre moins de 1 500 dans les années 1970.
L’impact humain sur la population des tigres
Début du XXe siècle
Au tout début du XXᵉ siècle, l’Inde comptait environ 100 000 tigres.
Un déclin rapide
En 1947, au moment de l’indépendance, le nombre de tigres était tombé à moins de 40 000 individus en raison des chasses excessives.
1970, une presque extinction
On ne dénombrait plus que 1 500 tigres au début des années soixante-dix, ce qui a conduit au lancement du Project Tiger (1973) pour sauver l’espèce.
La flore de l’Inde himalayenne
L’Himalaya, avec son gradient d’altitude extrême et ses variations climatiques marquées, abrite une flore d’une diversité unique. De la jungle tropicale du piémont aux prairies alpines des hauts plateaux, chaque zone est caractérisée par des espèces adaptées à des conditions climatiques spécifiques.
Les grandes zones de végétation en Inde himalayenne

la forêt tropicale et subtropicale de himalayenne (jusqu'à 1 500 mètres d'altitude)
Cette zone se situe principalement dans l’Himalaya oriental (Arunachal Pradesh, Sikkim, Bhoutan, Assam, Népal), où les précipitations sont abondantes. Elle comprend :
- Les forêts riches en bois de teck et bambous.
- Les lianes et orchidées, notamment dans les forêts humides du Sikkim et de l’Arunachal Pradesh.
- Le rhododendron géant, qui commence à apparaître à mesure que l’on monte en altitude. Très présent au Garhwhal (Uttarkand).
La forêt tempérée de l’Inde himalayenne (1 500 - 3 000 mètres d’altitude)
Cette zone est caractérisée par des forêts mixtes de feuillus et de conifères, proches de ceux que l’on trouve dans les Alpes, mais de taille supérieure.
- Les chênes de l’Himalaya et les érables dominent les versants.
- Les conifères comme les pins de l’Himalaya, les sapins et les cèdres de l’Himalaya forment de vastes forêts.
- Les rhododendrons nains commencent à être davantage présents, notamment dans les vallées du Sikkim et du Népal.
La forêt subalpine de l’Inde himalayenne (3 000 - 4 000 mètres d’altitude)
À mesure que l’altitude augmente, les forêts deviennent plus clairsemées :
- Les bouleaux de l’Himalaya, au tronc blanc et résistant au froid, sont emblématiques de cette zone. Leur écorce servait autrefois de papier pour les textes sacrés.
- Les genévriers et rhododendrons nains dominent les paysages.
- — Les prairies subalpines apparaissent progressivement avec des fleurs de haute altitude.
La végétation alpine et les hauts plateaux (au-dessus de 4 500 mètres d’altitude)
Au-delà de la limite des arbres, seuls les végétaux les plus résistants survivent :
- Les prairies alpines, riches en edelweiss de l’Himalaya, gentianes, anémones et primevères.
- Les coussins d’armoise et de saules nains couvrent les sols rocailleux.
- Dans les déserts d’altitude du Ladakh et du Zanskar, la végétation se réduit à quelques broussailles épineuses, comme l’éphedra et l’argousier de l’Himalaya.
- Le pavot bleu de l’Himalaya, souvent appelé « la fleur mythique des explorateurs », fut découvert par les botanistes européens au XIXᵉ siècle. Elle est restée longtemps comme une plante quasi légendaire. Fleur spectaculaire, elle est présente au Kinnaur (Himachal Pradesh).
Plantes médicinales et sacrées
L’Himalaya indien est une source importante de plantes médicinales utilisées en médecine ayurvédique et tibétaine :
Le yarsagumba
Ce champignon chenille, étonnante symbiose entre deux organismes, est très recherché pour ses prétendues propriétés aphrodisiaques. Le Yarsagumba pousse surtout sur le versant nord au Tibet, mais sans doute aussi au Ladakh.
La valériane de l’Himalaya
La valériane de l’Himalaya est utilisée comme sédatif naturel.
Le nard de l’Himalaya
Le nard de l’Himalaya est employé en parfumerie et en médecine traditionnelle.
L’argousier de l’Himalaya
Riche en vitamine C, l’argousier de l’Himalaya se consomme sous forme de jus et d’huile.

Les orchidées du Sikkim : un trésor botanique en Himalaya
Un trésor pour les botanistes
Ce petit tour d’horizon de la flore serait incomplet sans mentionner les orchidées du Sikkim : 600 espèces recensées, soit 40 % des orchidées présentes en Inde. On les observe au printemps, saison peu propice au trekking en raison de la couverture nuageuse et des pluies abondantes.

Quel équipement emporter avec vous ?
Jumelles puissantes et téléobjectifs de 400 mm
Compte tenu de la distance de fuite des animaux (distance à laquelle ils se tiennent toujours loin des humains, il vaut mieux avoir avec vous des jumelles puissantes et peu encombrantes de bonne qualité. En ce qui concerne la photographie, un téléobjectif de 400 mm est un minimum, muni de préférence d’un pied photographique. Les progrès optiques des photo phones de haut de gamme, permettent également de réaliser de beaux clichés, aussi bien au téléobjectif qu’en macroscopie pour les plantes.

