Le Pakistan, jeune république islamique depuis 1947, ne peut réduire son identité à cette seule partie de son histoire. Lieu de rencontre depuis des millénaires, il fut le théâtre de multiples ravages engendrés par des civilisations et empires aux croyances et religions diverses, mais il fut aussi un territoire propice à la paix et à la prospérité pour de nombreux peuples vivant en harmonie.
Destructions et reconstructions. N’oublions pas qu’avant de devenir une république, cette région, autrefois partie intégrante de « l’empire des Indes », partage une grande partie de sa culture avec l’Inde voisine.
Pourtant, sa richesse culturelle est peu mise en valeur. Une erreur.
Après avoir mené divers treks et séjours au nord du pays, nous avons proposé un premier voyage, À la découverte des civilisations du sud Pakistan, permettant de découvrir le sud du pays, accompagné par Barbara Delière, notre experte.
De retour, elle décrit un Pakistan différent, atypique et merveilleux, qui promet de ravir les amoureux des grands espaces, de la culture perse et moghole, et tous ceux qui veulent renouer avec « un passé » encore bien présent.
Ce regard sur le sud du pays complète l’approche plus himalayenne de nos voyages et treks au Pakistan, entre montagnes du Nord, grandes vallées, sites historiques, civilisations anciennes et itinéraires hors des sentiers battus.
Lahore, le début de notre voyage au Pakistan

© Barbara Delière
Un premier voyage, comme un appel pour retrouver un monde oublié.
Avec notre groupe, nous allons à la découverte de ce sud, peu connu et plus réglementé que le nord, quelques escortes policières sont nécessaires, et cheminons le long du fleuve Indus sur les traces des plus anciennes civilisations du monde et des peuples.

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Nous commençons par un petit « détour au nord », à Peshawar, pour aborder la civilisation du Gandhara, autre région, et autre art, majeurs dans l’identité du pays.
Puis direction Lahore, toute proche de la frontière indienne et riche des monuments qui la composent. Elle est aussi la porte d’entrée vers cet univers plus rural et varié que constituent les provinces du Penjab et du Sindh.
Quelques mois plus tôt, ces provinces furent en proie à des pluies diluviennes qui ont ravagé villages et champs agricoles, laissant une grande part de la population sans abri ni récoltes. Fort heureusement, avec l’aide locale et internationale, de Lahore jusqu’à Karachi, la vie reprend ses droits, et la population nous accueille avec toujours autant de chaleur et de curiosité, pour notre plus grand bonheur.
L’art du Gandhara, déjà un autre monde
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La capitale, Islamabad, est confortable, mais n’a pas la vigueur et le charme des villes comme Peshawar, l’une des plus anciennes du pays et de l’Asie centrale dans son ensemble.
Ses vieilles ruelles dévoilent la superbe mosquée Mahabat Khan et de multiples demeures, délaissées parfois, mais qui ne passent pas inaperçues.
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C’est ici que nous débutons le voyage, dans l’ancienne région du Gandhara, pour apprécier les magnifiques statues et pièces uniques sur la vie du Bouddha, en partie issues des fouilles du site de Takht-e-Bahi, que nous visiterons par la suite.
Certainement l’une des plus belles collections d’art gréco-bouddhique au monde. Un incontournable, avec Taxila, l’une des flamboyantes capitales de cette civilisation, lieu d’enseignement et de pèlerinage il y a plus de 2 000 ans, mais aussi axe commercial connu de tous les voyageurs en chemin, des royaumes indo-grec, entre les actuels Afghanistan, Pakistan et Inde du Nord à la Chine impériale.
Lahore, capitale culturelle grâce à l’Empire moghol

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Pour notre exploration du sud, les températures de cette fin novembre sont confortables. Le ciel peut être voilé à l’approche des grandes agglomérations, mais, en fin de journée, les couchers de soleil qui s’éternisent sur les horizons immenses sont chaque fois exceptionnels.
Nous sommes au Penjab, province la plus peuplée et riche du pays. Une fois à Lahore, capitale polluée, impossible de ne pas remarquer le ciel gris et brumeux.
Sans le vouloir, cet effet nébuleux amplifie le charme des monuments sur place, authentique marque des empires moghols, qui deviennent alors intemporels.
Nous voilà devant de rares et somptueuses mosquées aux arts et décorations diverses, en grande partie construites pendant le règne de Shah Jahan, créateur du Taj Mahal : la mosquée Wazir Khan dans la vieille ville, la mosquée Badshahi Khan, icône et véritable joyau à admirer depuis les hauteurs du fort qui l’accole, lorsque le soleil rougit le soir venu.
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Autour de Lahore, nous admirons aussi le superbe tombeau de Jahangir et les jardins de Shalimar, aux influences persanes, dont la quiétude contraste avec l’agitation permanente du centre-ville.
Puis nous renouons un temps avec l’Inde lors de la cérémonie des drapeaux à Wagah, seul poste-frontière terrestre entre les deux pays. Ici, chaque soir, la foule survoltée se prend d’élans patriotiques glorifiant sa nation et ses gardes, héros d’un soir. Un spectacle à ne pas manquer.
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Du Penjab au Sindh, la civilisation de l’Indus, reflet d’une humanité sereine
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L’histoire est partout. Elle respire sur les pierres en grès qui s’effritent et qui ne peuvent rien face au pouvoir du temps, du vent et de l’eau.
Comme une grande partie des œuvres culturelles du monde, au Pakistan, les tombeaux, ruines et mosquées sont en grande partie reconnus au patrimoine mondial de l’Unesco depuis une trentaine d’années.
Rien, cependant, comparé aux millénaires des sites archéologiques de la civilisation de l’Indus, révélés il y a juste cent ans. Depuis, cette civilisation laisse autant de mystères que de preuves de son ingéniosité.
Riches de son agriculture et de son art, les deux capitales majeures, Harappa au Penjab et Mohenjo-Daro dans le Sindh, faisaient commerce avec la Mésopotamie, frappant la preuve de leurs marchandises d’un sceau sophistiqué, gravé d’une licorne ou d’un zébu, symboles fascinants de leur habileté artisanale.
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Ces habitants, précurseurs en matière de génie civil et d’organisation sociale, plaçaient les enfants et le bien-être de la communauté au cœur de la vie. Si l’on peut encore déambuler dans Mohenjo-Daro, ville offrant un réseau de ruelles digne des sociétés modernes, il ne reste presque rien d’Harappa.
Les briques du site antique auraient été prises par des ouvriers de l’époque, trouvant ce « stock » sous leurs yeux pratique pour construire les premiers bâtiments des futures lignes de chemin de fer. Il en reste un musée, riche d’une collection essentielle à la compréhension de l’artisanat et du mode de vie.
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Retenons surtout que la grandeur de cette civilisation, dont la population totale aurait été de cinq millions d’habitants, et son étendue, sur 1 500 kilomètres le long de la rivière, mais aussi de l’Afghanistan au Népal, remettraient aujourd’hui en cause certaines « premières » attribuées au Proche-Orient ancien.
Du bleu azur au bleu profond
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Le trajet entre la cité harappéenne au Penjab et Mohenjo-Daro, dans le Sindh, est aussi l’occasion de se plonger au cœur de la culture soufie, version mystique de l’islam introduite au Pakistan il y a 1 000 ans et dont l’esprit réside encore ici.
À Multan, la grande mosquée d’Eidgah et le mausolée de Rukh-e-Anan sont spectaculaires.
Ce qui frappe dès lors, et jusqu’à la fin de notre voyage dans le Sindh, c’est la dévotion à laquelle se livrent ceux qui viennent prier ici et de manière envoûtante à Sehwan Sharif, dans le très vénéré sanctuaire de Lal Shahbaz Qalandar.
Ce qui frappe aussi, c’est la manière aiguisée dont est travaillé le marbre blanc, ainsi que la beauté du graphisme s’ajoutant aux faïences de bleu et à leurs variations, qui rappellent l’Iran et l’Ouzbékistan.
La couleur bleue est partout, jusque dans les poteries, fierté de la ville. Elle façonne considérablement le sud du Pakistan, rappelant toutes les richesses des pouvoirs qui ont régné ici.
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Uch Sharif en est un exemple incontournable, malgré la destruction partielle du site à la suite d’inondations au XVIIIe siècle. La présence des trois tombeaux, au milieu de « nulle part », donne encore plus d’éclat aux façades désolées.
Enfin, à Thatta, la mosquée de Shah Jahan, aux formes géométriques élaborées, est un joyau d’architecture qui subjugue tout voyageur fasciné par l’Asie centrale.
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Le sud du Pakistan comme un retour dans le temps
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L’étendue des espaces que nous traversons est une chance pour passer d’un univers à l’autre. Les paysages sont entrecoupés de murailles et de forts majestueux, comme celui de Derawar, impressionnant par ses gravures et sa mosquée avoisinante en marbre.
Puis vient Rani Kot, où les paysages plus montagneux et minéraux nous font passer dans un « autre monde ».
Les habits des femmes sont colorés, la joie des enfants rayonne, et la vie rurale prend toute sa valeur. Nous nous adaptons aux rencontres et à ce que nous croisons : visite d’une récolte de sucre de canne, salutations et admirations devant les tracteurs et charrettes débordantes de paille de blé et de riz.
Ici, les bergers et les champs sont légion. Si l’éducation fait parfois faillite pour les enfants au-delà du primaire, on ressent une liberté et une ouverture d’esprit qui, poussées par la curiosité des rencontres et la tolérance prônée par le soufisme, donnent accès à des moments rares et uniques.
Nous côtoyons l’histoire, et pas seulement à travers les œuvres immortalisées des grands empires, mais aussi à travers le regard du vivant et de cette population pakistanaise, tout aussi complexe qu’intéressante.
© Barbara Delière
Conclusion
Il y a tellement de monuments, de paysages et de populations à voir et à rencontrer que je ne doutais pas que ce programme dans le sud serait adapté au mot « découverte », clou du voyage.
Mais je dois avouer que cette progression constante dans un temps et un espace qui ne cessent d’évoluer sous nos yeux est une véritable merveille.
Et si les empires de passage n’ont pas réussi à s’établir totalement ici, l’art, lui, a su se mettre au service de la mémoire et de la beauté, pour créer un univers et un patchwork qui ne ressemblent à nul autre.
Venir ici, c’est rappeler le lien qui unit tous les pays qui entourent aujourd’hui le Pakistan. Ce dernier étant le cœur qui a su mettre en avant, un temps, tous les empires et civilisations de l’Asie, sans jamais cesser de battre.
© Barbara Delière
Partir au Pakistan avec Tamera
Tamera est spécialiste du trek et des voyages culturels au Pakistan, l’un des pays les plus beaux et les plus sauvages de la planète.
Basée dans le vieux Lyon, l’agence propose une sélection rare et hors des sentiers battus de voyages et treks au Pakistan.
Nos experts vous aident à identifier les itinéraires qui correspondent le mieux à vos envies, votre expérience et votre condition physique.
À la découverte des civilisations du sud Pakistan

