« Noël est la fête de l’espérance dans la plus longue nuit de l’année – ou presque. À Noël, qui peut savoir que l’hiver est fini ? Souvent la neige tombe et la gelée enchaîne les ruisseaux. Ce qui est en perspective, c’est une suite de jours froids et l’aigre bise. Mais la petite espérance se loge justement en ce creux de l’hiver comme dans un nid et forme son chant printanier au milieu même de la nuit annuelle. La grande nuit de Noël nous invite à adorer l’enfance ; l’enfance en elle et l’enfance en nous. Plus souvent qu’on ne croit, tous les jours peut-être, quelque fils de l’Esprit vient au monde entre le bœuf et l’âne »... écrit le philosophe Alain.
Tout enfant est d'abord un mystère : un secret calme ou turbulent dans le ventre maternel, sans visage mais déjà traversé par des histoires qui le dépassent. Tout enfant est une rupture tout autant qu'un appel, une aurore et une attente. Que dire de l’enfance, sinon l’infini des destins possibles, l'entrecroisement des hasards, le temps où dans les amours et les craintes, les blessures et les joies, dans les confiances et dans les trahisons se tisse notre premier langage.
En cette fête de la nativité, c’est aux enfants et aux enfances que nous souhaitons rendre hommage. Il sera insuffisant tant est diverse, entre vulnérabilité et réalités d'existence, la condition – à tous incontournable – des premiers âges. En chaque nuit de Noël, se trouvent des enfants au pied du sapin, des enfants dans les gravats ou les abris, des enfants dans les mines ou l'exil... Splendeur au pastel, chacun de ces enfants est pourtant un « premier matin du monde » – dans la légèreté tremblante des corps chétifs et la gravité des promesses que leurs regards nous offrent sans le savoir.
Adultes, parents parfois, nous le savons d’expérience : nul n'est jamais à la hauteur de son désir d'enfant. Il nous en demeure une fragrance composée de souvenirs et de rêves ondoyants, de désillusions et de nostalgie douce ou amère, mais aussi de sourires tendres. Tout cela qui nous enjoint à protéger chaque enfance, comme une lumière dans la longue nuit de Noël.

Enfants du monde, ce poème vous appartient


Donne aux enfants du monde l'occasion de se voir
Lentement les haines sauraient se taire le soir
Le monde dans l'espoir aurait moins peur de croire.



Donne aux enfants du monde l'occasion de se voir
Lentement les haines sauraient se taire le soir
Le monde dans l'espoir aurait moins peur de croire.



Donne aux enfants du monde l'occasion de se voir
Lentement les haines sauraient se taire le soir
Le monde dans l'espoir aurait moins peur de croire.

À retrouver ou à découvrir le chant de Jean Ferrat :
Nul ne guérit de son enfance
Nous souhaitons un Heureux Noël à toutes et tous, aux enfants que nous aimons, aux enfants en mille visages de nos terres et de nos îles, de nos glaces et de nos savanes, de nos villes et de nos jungles, de nos montagnes et de nos fleuves, aux enfants que nous fûmes et restons parfois.
Que la lumière qui vacille dans la longue nuit de Noël nous fasse offrande généreuse d'un esprit de tendresse, de confiance et d'espérance. Nous (re)donne l'émerveillement salvateur.



Et joyeux passage d'an !
Merci à nos photographes - Louis-Marie Blanchard, Laurent Boiveau, Barbara Delière, Jacques & David Ducoin, Philippe Gigliotti, Jérôme Kotry, Alain Loss, Jean-Marc Porte, Marie-Paule Raibaud, Keat Tunier, André Villon.
Leurs sensibilités, portées par les mots de Nawar, ont esquissé la présence précieuse des petites bouilles venues de Sibérie, Inde, Yémen, Papouasie Nouvelle Guinée, Pakistan, Éthiopie, Ouzbékistan, Vietnam, Mongolie, Mauritanie, Tibet, Chine, Bénin, Bolivie, Cambodge, Madagascar, Indonésie, Mexique.
