15 juin 2022 - Trekking, Expéditions

Si nous utilisons régulièrement le terme « randonnée » pour définir l’exercice de la marche en pleine nature, le terme « trek » ou « trekking », et a fortiori le « trek d’aventure », s’apparente plutôt aux randonnées de plusieurs jours dans des zones sauvages ou difficiles, comme les déserts, les hauts plateaux d’altitude et les massifs de montagne.

Ces voyages impliquent une endurance physique et mentale, mais aussi une aptitude à la rudesse et à l’autonomie : nuitées en bivouac, alimentation sommaire, météo changeante, confort réduit. Partir sur un trek de plusieurs jours ne s’improvise pas, mais il peut être à la portée de beaucoup d’entre nous si l’on s’y prépare un minimum et si l’on accepte des conditions de marche qui laissent toute leur place au temps et à l’espace.

Le trekking, c’est donner toute sa valeur au cheminement à travers de grands espaces naturels, avec pour compagnons sa motivation, son sac à dos et tout ce qui nous entoure. Chez Tamera et plus globalement Secret Planet, nous créons et faisons découvrir chaque année de nouveaux itinéraires, au cœur de nos voyages de trek et randonnée, entre grands espaces, itinérance, bivouac et aventure. Si vous hésitez encore à vous lancer, ou si vous êtes sur le point de le faire, voici cinq conseils pour préparer au mieux votre voyage dans ces terrains propices à la découverte et à l’aventure.

1. L’endurance comme alliée

Tout trekkeur est avant tout un randonneur. Pour se préparer à l’enchaînement des jours de marche, rien de mieux que de varier les activités qui sollicitent toutes les chaînes musculaires et les articulations.

Vélo de route, course à pied, ski de fond, natation, randonnée avec du dénivelé, mais aussi exercices de gainage et étirements : ce que l’on appelle l’entraînement croisé est idéal pour favoriser le travail d’endurance et le renforcement musculaire.

© Barbara Delière
Trekking dans le Zanskar / Inde © Barbara Delière

En trek, votre dos et vos épaules seront aussi plus fortement sollicités. Le sac sera plus ou moins lourd selon que vous soyez en autonomie partielle ou totale, en solo ou à plusieurs. Il est donc important de faire des sorties à la journée avec un sac chargé, mais aussi des sorties de deux ou trois jours pour se préparer à l’exercice de l’autonomie et à la réalité du terrain.

Si vous partez sur un trek d’altitude, il est conseillé de monter au-delà de 3 000 mètres, et même de dormir en altitude une à deux semaines avant le départ.

En trek, il n’est pas question de rentrer chez soi et de prendre une bonne douche chaude tous les soirs. Il faut composer avec les compromis du bivouac ou de la maison locale. Le challenge n’est donc pas la performance, mais la capacité à tenir dans la durée, physiquement comme mentalement.

Habitué à l’effort et au compromis d’un confort plus sommaire, vous aurez moins de courbatures, moins d’attentes, et vous pourrez véritablement profiter des paysages traversés, de la compagnie des membres du groupe et de vos hôtes.

© Barbara Delière
Bivouac au lac Chaqmatin (corridor de Wakhan/Afghanistan) © Barbara Delière

 

2. Prévoir et laisser faire

Suivre un itinéraire sur plusieurs jours demande un minimum d’anticipation et de planification. Cela permet d’appréhender les imprévus et d’y faire face plus sereinement. Paradoxalement, être préparé favorise un certain lâcher-prise et une souplesse salutaire.

Quoi qu’il arrive, les difficultés seront là. Outre le fait d’avoir le bon matériel et une bonne préparation physique, être flexible et savoir s’adapter reste la meilleure solution pour bien vivre les aléas qui forgent le caractère et donnent toute leur saveur au voyage.

Oui, il fera trop chaud ou trop froid. L’eau sera peut-être à vingt minutes du campement. Les insectes seront présents. Mais il y aura aussi le calme, le ciel à portée de main, le temps d’une constance paisible, et vous serez dans cet écrin de vie et de nature sans interférences, simplement avec ce qui vous entoure. En vérité, c’est un luxe rare.

© Barbara Delière
Trek de Thui (massif de l'Hindou Kouch/Pakistan) © Barbara Delière

Et le groupe, on en parle ? Nous ne sommes pas tous égaux devant les difficultés et l’effort, mais un trek se fait rarement seul. Il y a souvent un « dernier » qui ne se sent pas à la hauteur. Pourtant, le groupe est une force, et souvent la clé de la réussite du voyage.

Au fond, nous pouvons tous avoir des moments de faiblesse et avons tous à gagner à être tolérants et solidaires. De belles valeurs qui, avec un bon sens de l’humour, sont essentielles pour faire d’un voyage un souvenir inoubliable.

Au bout de deux jours, lorsque les épaules tirent et que la journée semble longue, se projeter sur deux semaines de trek peut vite rendre la tâche ardue. Ne vous surestimez pas et prenez le temps. Il est utile de séquencer le parcours et de se projeter étape par étape : trois jours pour atteindre ce col, deux jours pour rejoindre un village et se ravitailler, peut-être une journée d’arrêt ici.

Le trek devient alors plus ludique et plus facile, car chaque étape porte la promesse d’un nouveau point de vue, d’une nouvelle rencontre ou d’une découverte née d’un détour forcé.

© Barbara Delière
Bergerie et campement (Pamir/Tadjikistan) © Barbara Delière

 

3. Faire face aux conditions du terrain

Marcher longtemps suppose de rencontrer des terrains changeants, variés et vallonnés. Il faut donc disposer d’un bon équipement et l’avoir testé au préalable. Les sorties de deux jours sont une bonne méthode pour s’habituer à son matériel et l’user, notamment les chaussures.

Celles-ci devront être assez souples et confortables pour supporter les heures de marche, imperméables et suffisamment solides pour faire face à l’abrasion et aux intempéries. Les chaussures à tige haute, plus lourdes, seront utiles pour protéger la cheville, notamment au niveau de la malléole, et prévenir les entorses possibles.

Le sac à dos doit avoir de bonnes bretelles et une bonne sangle abdominale pour le confort. Pour les femmes, il existe des modèles adaptés à la morphologie féminine. L’idéal est de placer les affaires de bivouac et les éléments les moins utilisés au fond du sac. Le poids total du sac doit représenter environ le quart de son poids corporel.

Le secret : ne pas prendre un sac trop grand, car on a tendance à trop le remplir. Une capacité de 40 à 70 litres maximum est généralement suffisante selon le type de trek.

Une paire de bâtons sera utile pour soulager les articulations en descente et aider à la montée. Ils deviennent même indispensables si vous portez beaucoup de poids et que vous voulez trekker longtemps dans votre vie de baroudeur.

Les vêtements doivent être légers et compacts, tout en étant chauds, respirants et confortables. Le système des couches reste le plus efficace : un tee-shirt aux coutures douces, pourquoi pas en laine mérinos pour la douceur, la légèreté et les odeurs moindres ; une mini-polaire ou couche intermédiaire ; une doudoune ou polaire ; une veste imperméable. Selon les conditions, il faut aussi prévoir des vêtements chauds pour le soir, surtout qu’avec la fatigue le froid se ressent davantage.

Pour le bivouac et les repas, l’équipe locale et l’agence s’occupent de tout.

© Barbara Delière
La pause thé traditionnelle, un moment fort du bivouac ! © Barbara Delière

 

4. Les bons outils et les bons réflexes

Tout d’abord, nous vous invitons à découvrir nos bonnes pratiques en matière de développement durable. Après de nombreuses années de treks et de voyages au long cours, voici quelques recommandations et outils utiles pour vos prochains voyages et itinérances.

Mini sacs-poubelle
Ils permettent de ramasser les déchets divers et le papier toilette, qui a bien souvent du mal à brûler.

Savon biodégradable et naturel
La nature ne demande rien de plus. Et pour ceux qui ont l’habitude de faire un shampoing tous les jours, laissez vos cheveux tranquilles quelques jours : ils n’en seront que plus beaux au retour.

Couteau et briquet
Oui, cela sert toujours, pour tout, même pour allumer la cigarette d’un porteur qui sera toujours prompt à fumer, même à 4 000 mètres.

Serviette microfibre et gant de toilette
La serviette en microfibre, c’est la base : compacte, elle sèche rapidement. Le gant sera votre meilleur atout pour le brin de toilette à l’eau froide, plus simple pour les plus frileux, et un gain d’eau pour les plus économes.

Foulard ou chèche
Il vous sauvera la mise contre le vent et le froid, mais aussi contre le soleil, le sable et la poussière. Il peut servir en mode « jupe » pour sortir la nuit aux toilettes ou aller à la douche, en cas d’oubli de serviette, ou encore d’oreiller et de petite couverture pour la sieste. Bref, un indispensable.

Gants et bonnet
La météo peut être très capricieuse et la chaleur s’évacue par les extrémités : tête, mains et pieds.

Crocs, chaussures très légères ou sandales
Pour les soirées après l’effort, vos pieds vous diront merci.

GPS et téléphone satellite
Pour ceux qui partent en solo ou en autonomie totale, il est conseillé de regarder les outils GPS, comme les modèles inReach Mini ou inReach Explorer+ chez Garmin, et de les combiner éventuellement avec un téléphone satellite adapté à la couverture de la zone et de la région.

© Barbara Delière
Au Zanskar (traversée de l’Himalaya en autonomie) © Barbara Delière

 

5. Se faire plaisir

Partir en trek n’a rien d’anodin. Ce n’est pas simplement marcher d’un point à l’autre, ni seulement pratiquer une activité sportive. C’est un état d’esprit où l’espace naturel, la simplicité et la déconnexion du quotidien occupent une place essentielle.

Et cela fait un bien fou à la tête comme au corps.

De retour chez soi, tout a plus de sens et de goût, riche d’un vécu dont on ressort plus fort et plus confiant. Il ne reste alors qu’à repartir sur des projets un peu plus longs, un peu plus fous, pour continuer sur le chemin de la connaissance de soi et du monde, qui se découvre tellement mieux lorsqu’on lui donne du temps.

© Barbara Delière

La convivialité du groupe (Pamir central au Tadjikistan) © Barbara Delière

 

Pour aller plus loin

La Grande Traversée du Népal, le mythique Snowman Trek, la Grande Traversée de la Mauritanie : autant de voyages au long cours qui prolongent cet esprit d’itinérance.