15 mai 2013 - Trekking, Himalaya et Inde, Ladakh, Zanskar

Au fil des années, Tamera a acquis une solide expérience dans l'organisation de treks au Ladakh, au Zanskar et dans le reste de l'Himalaya indien. Voici un panorama de nos parcours emblématiques, entre hauts plateaux tibétains, monastères bouddhistes et grandes fêtes traditionnelles.

Le Cachemire et le pèlerinage d'Amarnath

La vallée du Cachemire est une région fertile et verdoyante qui occupe une position stratégique aux frontières du Pakistan et de la Chine. C'est un ancien État princier vassal de l'Empire britannique. Après avoir été vendu par les Britanniques à un maharaja hindou, l'État du Cachemire, peuplé surtout de musulmans, devint, lors de l'accession de l'Inde à l'indépendance, l'enjeu de convoitises, ce qui entraîna plusieurs guerres territoriales entre le Pakistan, l'Inde et la Chine. Aujourd'hui, l'Inde revendique le Cachemire occupé par le Pakistan (l'Azad-Cachemire) et la partie occupée par la Chine (l'Aksaï Chin) ; le Pakistan revendique le Cachemire occupé par l'Inde (l'État de Jammu-et-Cachemire) ; la Chine, elle, revendique la partie du Ladakh qui prolonge le plateau tibétain. Le Cachemire indien couvre une superficie de 92 437 km², le Cachemire pakistanais 78 114 km² et le Cachemire chinois 42 685 km², pour un total de 222 236 km², soit l'équivalent de la superficie du Royaume-Uni.

Le pèlerinage d'Amarnath, dans les montagnes du Cachemire, est l'un des grands pèlerinages hindous. À l'intérieur de la grotte principale se trouve un stalagmite de glace, dont la forme rappelle le lingam de Shiva : ce lingam de glace prend du volume de mai à août avant de diminuer, et l'on dit qu'il croît et décroît selon les phases de la lune, pour atteindre sa pleine taille lors des fêtes religieuses de l'été. La grotte se situe à 3 888 mètres d'altitude, à environ 141 km de Srinagar. La région connaît une importante présence des forces de police et paramilitaires indiennes du fait de ses enjeux sécuritaires, ce qui rend nécessaire une autorisation préalable des autorités indiennes pour entreprendre ce pèlerinage.

 


 

Le Zanskar, sanctuaire himalayen

Le Zanskar est un ensemble de quelques vallées bouddhistes, perdues au cœur d'un vaste désert d'altitude, perchées à près de 4 000 mètres, entre le grand Himalaya au sud et le Karakoram au nord, et traversées par la rivière Zanskar, qui prend sa source plus à l'est, près du Tibet, née de l'union des rivières Tsarap et Doda. Protégée du reste du monde par de hauts cols, tous perchés entre 4 000 et 5 000 mètres, cette région n'est accessible que pendant les quatre mois d'été. Durant l'hiver, lorsque les cols sont infranchissables, il n'existe qu'une issue fragile et périlleuse vers le Ladakh : le Chadar, la rivière Zanskar gelée.

Trekking du Ladakh vers les lacs Tso Kar et Tso Moriri

Au départ de Rumtse, au Ladakh, ce trekking conduit à travers les hauts plateaux du Rupshu et du Changthang vers les rives des lacs Tso Kar et Tso Moriri, à raison de 8 jours de marche au total. Les hauts plateaux tibétains du Changthang constituent un monde minéral et steppique, parsemé de grands lacs d'eaux cristallines et salées, parcouru par les nomades Changpa, d'origine tibétaine, et leurs troupeaux de yaks, moutons et chèvres pashmina, dont la laine est si réputée. On atteint ainsi les rives du lac Tso Moriri (4 450 m), enchâssé au milieu de sommets culminant à plus de 6 000 mètres, dont le Mentok Kangri.

Une extension naturelle permet l'ascension du Mentok Kangri (6 085 m), avec 4 jours de plus. Une autre extension possible mène vers le village de Kibber, au Spiti, avec 7 jours de marche supplémentaires et franchissement du Parang La (5 560 m), soit 11 jours de plus au tota, avant un retour par la route vers Delhi via Manali, avec découverte des monastères et villages du Spiti.

Trekking au cœur du Ladakh

Deux randonnées permettent de découvrir le cœur du Ladakh : une première (3 jours), plus facile, de Likir vers Temisgam via Yangthang, Hemis Shukpachen et Rizong, avec de nombreux monastères, réalisable de mars à novembre ; une seconde (4 jours), plus difficile, de Wanla vers Chilling, avec le franchissement d'un col culminant à 4 950 mètres. On découvre aussi les magnifiques monastères et villages de la vallée de Leh et de l'Indus : Thiksey, Hemis, Alchi, Lamayuru, Matho, Stok, Shey, Chemrey.

De fin février à mai, et en novembre, la seconde randonnée est remplacée par la découverte de la vallée de Dha Hanu, le long de l'Indus, juste avant que celui-ci ne pénètre au Baltistan pakistanais : l'une des plus basses vallées du Ladakh, entre 2 900 et 3 000 mètres, habitée par des populations dardes, d'origine aryenne mais de confession bouddhiste. Pour ceux qui trouvent le second trekking trop difficile, ce remplacement par la vallée de Dha Hanu peut aussi être mis en place à n'importe quelle période.

Grand trek himalayen, du Ladakh aux sources du Gange

Ce grand trek enchaîne plusieurs superbes randonnées : de Likir à Temisgam, au cœur du Ladakh, pour la mise en jambes (3 jours de marche) ; de Henaskut (près de Lamayuru) à Phuktal, au Zanskar, avec franchissement des cols Hanuma La (4 750 m), Skyuba La (4 700 m), Sengge La (5 050 m), Snigutse La (5 000 m), Sirsir La (4 805 m) et Yogma La (4 720 m) — 15 jours de marche ; de Phuktal au lac Tso Moriri, via les cols Langyar La (4 850 m), Thelakong La (5 020 m), Pangmur La (4 900 m), Morang La (5 300 m) et Gotunta La (5 100 m) — 12 jours de marche ; du lac Tso Moriri à Kibber, au Spiti, via le Parang La (5 560 m) — 6 jours de marche ; de Kibber à Dankhar, à travers le Spiti — 4 jours de marche ; de Mikkim (Spiti) à Kafnu (Kinnaur), via le col de Bhaba (4 890 m) — 5 jours de marche ; de Thangi à Chitkul, sur le pèlerinage du Kinner Kailash, via le col de Charang (5 150 m) — 4 jours de marche ; de Chitkul à Yamunotri et Kalyani, via les cols de Yamunotri (5 170 m) et de Borasu (5 150 m) — 14 jours de marche ; et enfin de Gangotri vers les sources du Gange, dans l'Himalaya du Garhwal — 6 jours de marche. Un itinéraire hors norme, réalisable dans son intégralité ou par étapes.

Chadar et festival de Karsha

Le Zanskar en hiver, avec la traversée de la rivière gelée (le Chadar), ainsi que le grand festival annuel du monastère de Karsha, restent deux de nos parcours phares dans la région — nous leur avons chacun consacré un article à part entière sur ce blog.

Traversée du Zanskar

Au cours de cette longue traversée à pied, de la région de Lamayuru, au Ladakh, vers celle de Darcha, au Lahaul, à travers tout le Zanskar, on s'imprègne de la dimension himalayenne et l'on partage la vie simple de ces rudes paysans bouddhistes. Au cœur du Zanskar, à mi-parcours, on prend le temps de découvrir les villages et monastères, notamment ceux de Karsha et de Phuktal.

Il est aussi possible, pour les plus sportifs, de délaisser cet itinéraire traditionnel pour une fin de traversée plus au nord, via des cols plus élevés comme le Phirtse La (5 450 m) ou le Morang La (5 150 m) — une variante réalisable uniquement en deuxième partie de saison, en août et septembre. Le parcours est également réalisable en demi-traversée, de la région de Lamayuru vers Karsha (21 jours), et peut être précédé d'une petite randonnée de 4 jours au cœur du Ladakh, au milieu des villages et monastères.

Sentiers et monastères du Kinnaur et du Spiti

 

Ce voyage part de Shimla, capitale de l'Himachal Pradesh, pour pénétrer à travers les montagnes jusqu'au Kinnaur, tout proche du Tibet, et l'extraordinaire vallée de Sangla, connue aussi sous le nom de vallée de Baspa, où hindouisme et bouddhisme se mêlent à des croyances animistes locales, au pied de la montagne sacrée du Kinner Kailash (6 050 m). On y visite des temples dédiés aux déesses hindoues et des villages à la belle architecture montagnarde en bois, de chaque côté de la rivière Baspa.

Le parcours remonte ensuite la vallée de la Sutlej, toujours plus loin à l'intérieur des montagnes, jusqu'au village de Nako, avant d'atteindre le Spiti, véritable creuset de culture tibétaine, vaste musée géologique et architectural en plein air, fascinant par ses grandes étendues, ses monastères, ses sommets himalayens inviolés, ses villages perchés dans des décors de rêve et sa population authentique et accueillante. Une randonnée relie le monastère de Dankhar, véritable nid d'aigle, aux villages de Langza et de Kibber, parmi les plus hauts du monde, via les villages de Lalung et Damul.

Le retour se fait au sud de la chaîne himalayenne par le col de Rothang vers Manali, Kullu, Mandi, puis Chandigarh, avec un final sur Delhi.

Losar, le Nouvel An ladakhi

La célébration du Losar est précédée de Galden Namchot, l'anniversaire de Tsongkhapa, qui a introduit l'ordre Gelugpa du bouddhisme tibétain. Pendant Namchot, les gens illuminent leurs maisons, monastères et montagnes, et font des offrandes. Le Losar est célébré lors du onzième mois du calendrier tibétain, soit deux mois avant le nouvel an tibétain : au début du XVIIe siècle, le roi Jamyang Namgyal avait décidé de mener en hiver une expédition contre l'armée du Baltistan, et avait donc fait avancer la célébration du festival de deux mois — une tradition restée depuis.

Le festival dure environ un mois, durant lequel dieux, déités, ancêtres et animaux sont honorés. Des images de bouquetin, symboles de bonheur, sont réalisées à cette occasion, et les murs des cuisines sont ornés de tsampa (farine d'orge), censée apporter la richesse pour la nouvelle année. La marche aux flambeaux, appelée Metho, se fait dans le village au son de chants réputés chasser les mauvais esprits ; la procession revient ensuite avec des blocs de glace, symboles de bonheur, conservés plusieurs jours. Toute la famille se rassemble pour fêter le Losar ensemble. C'est cette immersion hivernale que l'on retrouve aujourd'hui dans notre voyage d'immersion hivernale entre panthères des neiges et rivière gelée, qui inclut une fête monastique.

Les fêtes de monastères

De nombreuses dates de départ permettent de participer à des fêtes de monastères. Ces festivals sont tenus pour commémorer la fondation d'un monastère, l'anniversaire de son chef lama, ou des événements majeurs dans l'évolution du bouddhisme tibétain. Ils sont aussi vécus comme un moment de rencontre et de divertissement : les villageois y assistent dans leurs plus beaux costumes, faisant de chaque festival un carnaval de couleurs.

Le Cham, danse sacrée fortement chorégraphiée, est le cœur de chaque festival monastique. Un groupe d'élite de lamas résidents, en robes de brocart, exécute ces danses dans la cour du monastère. Tous portent des masques représentant diverses divinités, celles que l'on voit dans le Gon Khang, la pièce consacrée aux divinités gardiennes de chaque grand monastère ; certains masques peuvent même représenter des personnages d'épisodes historiques de fables tibétaines. Tenant des objets rituels dans leurs mains, les lamas marchent autour du mât central de la cour monastique dans une danse solennelle et mimée, accompagnés par le heurt des cymbales, le battement des tambours, le son mélodieux du shawm et la résonance profonde des trompes.

Parmi les fêtes principales : les monastères de Lamayuru et de Hemis au Ladakh, celui de Karsha au Zanskar, de Phyang, de Karzok au bord du lac Tso Moriri, de Takthok, de Thiksey et Chemrey, de Stok et Matho, ainsi que le Losar lui-même.