21 août 2019 - Trekking, Himalaya et Inde, Bhoutan

Vous pouvez encore rejoindre notre prochain départ confirmé le 12 octobre pour le mythique Snowman trek, traversée intégrale et à pied du Bhoutan. Ce voyage d’envergure dans un pays encore préservé permet de découvrir des villages isolés, derniers refuges himalayens d’une culture ancestrale imprégnée de bouddhisme tantrique. Il traverse une grande variété de paysages et d’étages écologiques situés entre 3 000 et 5 200 mètres d’altitude. Considéré comme un des trekking les plus difficiles de l’Himalaya, il est en tout cas l’un des plus longs avec 24 jours de marche. Engagé et impressionnant avec presque 400 kilomètres de randonnée, il faut compter pas moins de onze cols à franchir, dont trois au-dessus de 5 000 m. Dans cet article de blog, David, en charge de l'Himalaya chez Tamera, nous décrit succinctement ce magnifique défi.

 

Bhoutan : le Snowman Trek

 

Vers le camps de base du Jomolhari

Par la route, nous atteignons Drugyel Dzong, situé au nord-ouest de Paro. C’est là que commence notre itinéraire. Nous retrouvons notre équipe et les chevaux qu’il faut bâter. Dans les champs qui bordent le village, le riz rouge est cultivé. Les maisons d’agriculteurs sont immenses, toutes construites sur le même modèle : deux étages surmontés d’un large toit de tôle (traditionnellement, de bardeaux de bois) abritant un grenier ouvert et ventilé où seront stockés le fourrage et le grain. Nous avons la chance d’entrevoir le Chomolhari (7 314 m), sommet culminant du pays, considéré comme sacré. Lhamo, notre guide, exécute un rituel qui, selon lui, devrait nous aider à venir à bout de cet itinéraire difficile. Après les prières, nous débutons notre marche qui nous mène d’abord dans la forêt humide de feuillus et de conifères, le long de la rivière Paro Chhu que nous traversons à plusieurs reprises. À Jangothang, camp de base du Chomolhari, la végétation commence à changer. La forêt s’éclaircit, laissant place à des rhododendrons. Face à nous, le Jitchu Drake s’impose du haut de ses 6 989 mètres.

 

Bhoutan : le Snowman Trek

 

Vers le village isolé de Laya

Nous passons notre premier col, le Nyele La, à 4 890 mètres. Nous voilà dans les alpages, au cœur de la montagne. Il nous faut six jours depuis Jangothang pour atteindre Laya, le second village de l’itinéraire. Ici, les femmes en robe de laine de yack portent sur leur tête un chapeau conique en osier, auquel est accrochée une parure de perles multicolores passant derrière leur crâne.

 

Bhoutan : le Snowman Trek

 

Vers les hauts cols

Au-delà de Laya commence la partie la plus difficile du trekking, ponctuée de cols et de campements à plus de 5 000 mètres d’altitude. La végétation a disparu. Le sentier n’est plus qu’un immense pierrier. Il a un peu neigé ces derniers jours, mais pas suffisamment pour bloquer le passage des cols qui se succèdent et derrière lesquels nous découvrons régulièrement des lacs turquoise ou verts. Après le col de Karakachu La (5 190 m), nous descendons dans la vallée de Tarina, située 1 000 mètres plus bas. Le climat, redevenu humide, a permis à une belle forêt de conifères de s’y développer. De là, on rejoint Woche, premier village depuis Laya. À cette altitude (4 140 m), seules l’orge et la pomme de terre poussent. C’est la fin des moissons et, par conséquent, le début de la saison caravanière pour les habitants ; certains s’apprêtent à quitter le village avec leurs yacks pour se rendre en ville où ils feront des affaires. Nous approchons de Thanza et apercevons la silhouette imposante du Zongophu Gang (7 094 m). Autour de nous, ce ne sont que moraines abandonnées par des glaciers disparus. Les habitants de Thanza vivent en quasi-autarcie, de l’élevage de yacks, de la production d’orge et de la récolte du yarchagumpa (champignon-chenille). L’itinéraire nous entraîne de nouveau dans les hauteurs, où nous devons passer plusieurs cols. À cette altitude, il n’y a plus d’herbe pour les chevaux que les muletiers nourrissent de farine d’orge.

 

Bhoutan : le Snowman Trek

 

La redescente

De Chukarpo, où nous avons passé une nuit à plus de 4 500 mètres, nous redescendons à travers une forêt de rhododendrons. Qu’il est bon de retrouver des couleurs après l’austérité des hautes montagnes ! Au vingt-deuxième jour de ce trekking, nous passons le dernier col de l’itinéraire sous la caresse de légers flocons de neige. Heureux d’avoir accompli le plus dur, conscients de notre chance, nous nous embrassons face aux drapeaux à prières. Le trekking du Snowman est l’un des plus difficiles de l’Himalaya, car il est soumis à des conditions climatiques instables. En ce qui nous concerne, ni l’altitude ni la neige n’ont été un obstacle. Nous en sommes reconnaissants aux dieux de la montagne.

 

Bhoutan : le Snowman Trek

 

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