06 octobre 2022 - Asie centrale, Mongolie, Peuples et fêtes
Voyage chamanique en Mongolie © Pierre Ramaut

Sur un voyage particulièrement rare ou emblématique, nous vous livrons les paroles de nos clients, à leur retour de voyage. Elles sont livrées telles qu'elles nous ont été transmises. Nous avons demandé à nos voyageurs de Mongolie (août-septembre 2022) de nous parler de leur aventure au pays du ciel bleu, de leur immersion dans l’immensité des paysages mongols et surtout, de leur rencontre avec plusieurs chamans puissants et reconnus. Un retour aux sources pour certains, une quête initiatique pour d’autres. Une aventure riche en émotions, aux confins du nord de la Mongolie, qui s'inscrit dans notre cycle de voyages En Terres chamanes, accompagnée par notre ami Pierre Ramaut. Ce voyage était guidé par Naraa Dash, notre partenaire en Mongolie.

Naraa Dash et Pierre Ramaut
Naraa Dash et Pierre Ramaut

 

Le choix de cette aventure

Qu’est-ce qui vous a donné envie de prendre part à cette aventure ? Connaissiez-vous déjà la Mongolie ? Aviez-vous entendu parler de notre cycle En Terres chamanes ?

Avant ce voyage, seule Carole B avait déjà voyagé en Mongolie. Elle avait « participé en 2015 avec Pierre Ramaut et Naraa au premier voyage rencontres en Terres chamanes en Mongolie. Un voyage dont les rencontres et la découverte des steppes mongoles m’avaient beaucoup marquéE. » Ainsi, « lorsque Pierre m’a dit qu’il retournait en Mongolie, immédiatement je me suis précipitée pour m’inscrire. Qu’étaient devenues les personnes que nous avions rencontrées ? Est-ce que le COVID avait changé le pays ? J’avais également beaucoup entendu parler d’Enkhetuya, la chamane de Corine Sombrun. Pouvoir rencontrer cette chamane réputée, en plus avec Naraa, c’était une grande occasion qui m’a décidé à m’inscrire ».

Nathalie quant à elle, avait effectué « deux voyages avec Pierre dans le cadre de Marcher pour progresser », une autre thématique de voyage que nous organisons avec Pierre depuis plus de 15 ans. Lors du voyage en Éthiopie, Pierre avait abordé « ce cycle de voyages différent, et avait évoqué le voyage potentiel en Mongolie ».

Parmi les autres voyageurs, qui découvraient la Mongolie pour la première fois, Christine D nourrissait « le désir de découvrir une autre culture, les mongols, de rencontrer des chamanes. Associé le voyage et le travail sur soi ». Pour Christine A « sensible à l’ethnologie et la psychologie, c’est par la newsletter de Geneasens qui évoquait le film « Un monde plus grand » que j’ai complété mes investigations à propos du chamanisme. J’ai fait, à cette occasion des recherches à propos de Tamera et ai découvert le cycle En Terres chamanes ».

Oulan-Bator © Pierre Ramaut
Oulan-Bator © Pierre Ramaut
 

Votre voyage au pays du ciel bleu

Pouvez-vous nous dire les impressions que vous avez ressenties concernant les paysages que vous avez parcourus et la vie quotidienne des mongols ?

Dès leurs premiers pas, tous nos participants ont succombé aux charmes et à la beauté des paysages de Mongolie. Comme souvent dans l’imaginaire des voyageurs, certaines saisons valent mieux que d’autres, mais la surprise et l’enchantement surgissent quand on voyage en dehors de la « meilleure saison ». Carole craignait de partir en septembre « à cause du froid dans cette région très nordique du Khovgol. Ce fut au contraire une très grande chance. J’avais toujours vu la Mongolie en juillet, très verdoyante. En septembre, c’est un festival de couleur d’automne comme l’été indien au Canada. J’ai ainsi appris que le mélèze, qui ressemble à un sapin, perd ses épines en hiver ».

Pour Nathalie c’est un « sentiment incroyable d’espace, où tout est à perte de vue et de toute beauté » qui l’a marqué. « C’est absolument magnifique, avec toutes les couleurs automnales ». Pour Christine A, l’émotion est encore plus grande, en décrivant « une grande plénitude et une vulnérabilité qui se côtoient. Une plénitude, avec la perte de repère des dimensions de l’espace qui donne une sensation d’infini et donc de liberté, et la vulnérabilité de cet environnement » à l’équilibre (paysage et humains) souvent fragile.
 

Avez-vous apprécié le contact avec les mongols ? Quel accueil vous ont-ils fait ?

Comme souvent en Mongolie, l’hospitalité et le dévouement de nos hôtes touchent les voyageurs. À l’unanimité le groupe a reçu « un très bon accueil » comme le souligne Nathalie. Christine D regrette néanmoins de ne pas « avoir assez partagé la vie quotidienne des Mongols » par manque de temps, même si elle a « apprécié la qualité du service de l'équipe qui nous accompagnait, leur attention. Partout où nous sommes passés nous avons été bien accueillis ». « Les rencontres ont toujours été très chaleureuses » comme le souligne Carole.


Les conditions du voyage étaient relativement sommaires – pistes, nuitées en bivouac, autonomie pour la nourriture... nous avons aussi ajouté 4 jours de randonnée vers le lac Khövsgöl au voyage initial, est-ce un voyage difficile ? La marche apporte-t-elle un plus au voyage ?

Après le succès de notre premier voyage En Terres chamanes en Mongolie en 2015, nous avons réussi à pérenniser ce cycle autour de rencontres chamaniques. Depuis, ce voyage part au moins une fois par an sans l’accompagnement de Pierre mais avec la même logistique. Pour ce nouveau départ nous avons souhaité faire évoluer ce programme. Des aménagements qui ont beaucoup plu et ont parfois même été déterminants dans le choix du voyage. C’est le cas pour Nathalie, « personnellement, je ne me serais pas inscrite s’il n’y avait pas eu la marche. Ça équilibre le voyage, la logistique était très bonne, les tentes étaient montées pour nous, lorsque nous terminions notre randonnée, nous avions une boisson chaude, des fruits, etc. » .

La marche a également été un élément clef du voyage et un formidable révélateur de la richesse de la nature mongole. Pour beaucoup, « la Mongolie doit se découvrir à pied, sinon on n’en profite pas vraiment ». « La marche a apporté un vrai plus au voyage ». Comme le précise Christine D « marcher dans des paysages variés, au bord du lac, en forêt, en montagne, dans l'immensité de la taïga fut un régal. Le plaisir de découvrir des points de vue différents, le contact avec la nature et l'air pur de la Mongolie ». Juste « magnifique » !

Pour Christine A, « la marche est essentielle pour prendre du recul et garder le discernement nécessaire via les sensations corporelles. Elle permet également d’apprécier les paysages autrement parce qu’immergé dans le paysage sans médiateur (véhicule) ». La marche permet également de casser le rythme du voyage et les longs voyages en minibus 4x4.

Pour Carole, ces quatre jours de randonnée ont été le « point fort de ce voyage qui nous ont permis de découvrir la Mongolie à pied et à cheval. Vous prenez le temps de vous immerger dans la grandeur de cette nature. Cela nous a permis d’emprunter d’autres chemins, de partir à la rencontre des personnes qui fauchaient le fourrage pour l’hiver ou des cueilleurs de baies avec leur drôle d’appareil en bois. C’était aussi les soirées au coin du feu avec les histoires de Naraa, les siestes à midi, bienvenues ! »

Enfin, « ces 4 jours de randonnées ont été l’occasion de pratiquer avec Pierre, les marches en conscience et de pouvoir partager nos impressions en groupe ». C’était pour beaucoup des moments très forts.

Le train de Oulan-Bator à Erdenet © Pierre Ramaut
Le train de Oulan-Bator à Erdenet © Pierre Ramaut

 

L’expérience du chamanisme

Avant ce voyage, quelle était votre connaissance du chamanisme et des chamanes ?

Avant le voyage, tous les voyageurs avaient approché le chamanisme au moins par la lecture d’ouvrages, ceux de Corine Sombrun notamment. Un grand nombre d’entre eux avaient également vu ou entendu parlé du film Un monde plus grand de Fabienne Berthaud dans lequel Naraa joue son propre rôle.

Le groupe était très homogène, composé de personnes ayant une « connaissance sommaire » du chamanisme, comme Nathalie, et des personnes ayant déjà fait des expérimentations assez puissantes. C’est le cas de Carole, « depuis 2015 où, lors du premier voyage en Terres chamanes avec Pierre, j’avais vécu quelque chose de très fort auprès des chamanes, j’ai eu l’occasion de revenir trois autres fois en Mongolie pour rencontrer des chamanes » ou encore Christine qui avait déjà pratiqué des « expérimentations d’états de conscience modifiée dans sa pratique ».


© Pierre Ramaut

Sur cette dimension du chamanisme, qu’étiez-vous venu chercher ?

Nathalie : « La découverte du chamanisme là où il est authentique, comment il est vécu, ce qu’il apporte… Démarche plutôt spirituelle ».

Carole : « Naraa connait très bien les chamanes mongols et elle sait nous faire rencontrer des chamanes authentiques. Partir avec Naraa était donc la garantie de faire des rencontres intéressantes. J’avais aussi beaucoup entendu parler d’Enkhetuya, la chamane de Corine Sombrun et j’avais hâte de pouvoir rencontrer cette chamane réputée ».

Christine D : « Je souhaitais découvrir le chamanisme mongol et me laisser toucher ».

Christine A : « Explorer en quoi cette approche de soins traditionnels pourrait apporter quelque chose de différent et/ou complémentaire à nos approches thérapeutiques occidentales. Comprendre de quoi est fait leur rapport à la nature ».

© pierre ramaut
© Pierre Ramaut

Avez-vous trouvé les réponses à vos questions ou vécu quelque chose de fort ? Ce voyage vous a-t-il apporté quelque chose ou changé quelque chose en vous ou dans votre vision de la vie ?

Comme souvent, les participants à ce voyage sont revenus avec une vision différente sur la vie, sur l’entourage voire sur eux-mêmes. Certains reviennent parfois transformés à jamais, d’autres ne reviennent pas avec des réponses mais des « réflexions ».

C’est le cas de Christine D ou de Nathalie pour qui « ce voyage restera important, il m’ouvre des pistes de réflexion intéressantes. Important également vis-à-vis de la « mode » du chamanisme en occident, qui n’a pas de sens. Ça aide à avoir du discernement et à garder ce qui fait sens ».

Christine A a été « sensible à un tout (rencontres avec les chamanes, marches, vécu de groupe et conditions de bivouac), qui constitue une base de développement personnel. Concernant les chamanes, cette approche est à resituer dans son contexte environnemental mais elle me confirme que nous avons quelque chose à regarder du côté du lien entre les vivants et les morts. On ne sort pas indemne de ce type de voyage. Car esprit, cœur et corps sont mobilisés, l’être humain y est donc sollicité dans sa globalité ».

mongolie © pierre ramaut
© Pierre Ramaut

Quelles sont les rencontres qui vous ont marquées au cours de ce voyage ?

Comme le souligne Carole « chaque rencontre avec les chamanes fut un moment très fort. Chaque chamane a sa personnalité, sa technique, son histoire ». La rencontre avec G. le chaman d’Oulan-Bator a marqué la majorité du groupe. Pour Christine A, c’est le chaman « le plus érudit », « toujours aussi excellent dans la divination avec les omoplates » selon Carole qui était très heureuse de le revoir. La rencontre avec la chamane Enkhetuya a aussi beaucoup plu. « Nous avons bien sûr rencontré Enkhetuya dans sa yourte en bois à la décoration très impressionnante. Le chaman D. qui faisait des divinations en dessinant ses visions et qui m’a bluffé en m’indiquant le contenu de mes rêves » précise Carole fascinée, avant de poursuivre. « Le chaman C. qui a des connexions avec la nature et dont le discours et la vision du chamanisme est très intéressant. Une mention spéciale à la dernière chamane B., qui a passé beaucoup de temps avec chacun d’entre nous ».

Enfin, la présence de Naraa et de Pierre ont incontestablement fait l’unanimité.
 

Vous avez assisté à des rencontres avec des chamans... Qu'est-ce qui vous a le plus marqué, voire impressionné dans ces échanges ?

Nathalie : « Leur histoire, qui est toujours la même : personne ne peut se décréter chaman, et là-bas personne n’aspire à l’être parce que ce n’est vraiment pas une vie facile. Mais tous ont dû finalement accepter le mandat, pour enrayer la spirale de malheurs qui s’abattait sur eux. C’est une vraie leçon vis-à-vis des auto-proclamés néo chamanes occidentaux. Et puis certains de leurs propos sont « bluffants », alors qu’ils ne connaissent rien de notre histoire ».

Christine D : « J'ai été impressionnée et questionnée par la chamane qui incorpore ses papys blanc et noir. Impressionnée par l’atmosphère qui se dégageait. Lorsqu’elle a incorporé son papy blanc (un de ses esprits dont elle est la messagère), elle s’est transformée. Nous étions en cercle autour d’elle, elle nous a interpellé directement sans que nous le demandions en partageant ce qu’elle percevait de nous. Elle ne l’a pas fait avec tous. Elle m’a appelée. Le travail a été puissant. J’étais partie prenante sans bien comprendre les tenants et les aboutissants… ».

Christine A : « J’ai été sensible à leurs failles. Ce qui fait d’eux des humains comme nous autres ».

© pierre ramaut
© Pierre Ramaut


Votre Synthèse

Quels sont les moments et/ou rencontres que vous retiendrez plus particulièrement de votre voyage ?

Nathalie M : « La rencontre avec Naraa et le chaman d’Oulan Bator »

Carole B : « Les 4 jours de randonnées à travers le parc du Khövgöl avec toutes ses fantastiques couleurs d’automne, les soirées au coin du feu et les bons repas. Les marches en conscience, organisées par Pierre avec les synchronicités extraordinaires et les debreifing en groupe. Les rencontres avec les chamanes, surtout Enkhetuya en ce qui me concerne. Ma deuxième nuit dans le train, où je me suis retrouvée dans une cabine avec de jeunes mongols très branchés qui allaient à Oulan-Bator, un moment de partage de vie ».

Christine D : « Les moments de marche. L'attention de l'équipe qui nous accompagnait. J'aurais aimé partager plus la vie des Mongols ».

Christine A : « La perte de repère dans l’espace et le temps qui soutient la sensibilité de ce peuple aux liens entre le monde des vivants et des morts ».
 

Une anecdote à partager ? 

Carole B : « Il reste gravé dans ma mémoire le visage rayonnant de cette femme mongole, si heureuse de nous recevoir dans sa yourte au milieu de la steppe aride, et qui nous servait de grandes louchées de yaourt et des tartines de pain frais avec une grosse couche de crème ».

Christine A : « le plaisir et la joie du bain dans le lac Khövsgöl en fin de journée de trek. Les sensations du train de nuit propice à la stimulation de l’imaginaire et au réveil de nos inconscients collectifs ».

© pierre ramaut
© Pierre Ramaut

Un conseil à donner à de futurs voyageurs ? 

Nathalie M : « Découvrir la Mongolie à pied. Et partir à la même période que nous, pour bénéficier des couleurs de l’automne ».

Carole B : « Si vous partez en septembre, prendre de très bons duvets et des vêtements très chauds. Mais ne pas oublier les chemises légères, les lunettes de soleil et la crème solaire ».

Christine A : « Lire sur la région et le sujet et se préparer physiquement à la marche. Ne pas avoir d’attentes démesurées en termes de solutions personnelles lors des rencontres avec les chamanes. Rester dans la curiosité saine de la découverte de ce peuple ».
 

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Nathalie M : « Mention spéciale à l’équipe choisie par Naraa, chauffeurs, cuisiniers… qui étaient vraiment aux petits soins et qui nous ont facilité la vie au maximum. Et garder l’option du train de nuit dans le voyage ».

Carole B : « C’est un voyage au rythme très soutenu. Le groupe était vraiment formidable et très solidaire. Un très grand merci à Pierre pour l’initiative de ce voyage, à Naraa notre guide et à l’équipe de Tamera pour l’organisation ».

Christine A : « Besoin de laisser le temps d’infuser. Vraisemblablement, il me restera l’idée de quelque chose autour de prendre soin de clore nos vies de façon ritualisée ».


© Pierre Ramaut

 

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